‹ SarazinChapitre 6 sur 18 · A EE · texte numérisé non relu

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viable? Quelles sont les règles à suivre pour déterminer la. viabilité d’un enfant mort?; en Obstétricie: quel est le mécanisme de l’expulsion du fœtus dans les présentations des épaules?; en Histoire naturelle médicale: du safran et de ses falsifications; en Chimie: de la fermentation alcoolique et de

ses produits; en Pathologie et clinique externes: quelles sont

les diverses espèces d’ankylose?; en Pathologie et clinique internes: de la nature et des causes de la rougeole; en Médecine opératoire: de l’œsophagotomie; en Matière Médicale et Pharmacie: quelle classification peut-on appliquer à l’étude des substances ou des composés anthelmintiques ?

. L'année suivante (le 8 janvier 1858) Sarazin fit son stage au Val-de-Grâce. «La promotion de 1858, écrit Symon de Villeneuve, promotion Sarazin, du nom du lauréat, «le plus beau des enfants des hommes» (aussi bien doué au moral qu’au physique, et avec cela le meilleur camarade qui fût), comprenait 60 stagiaires: 40 médecins, tous docteurs en médecine, les uns militaires, venant de Strasbourg, les autres civils, venant des autres Facultés, admis, ceux-ci, seulement après un concours spécial, dont nous, militaires, étions exempts… Aussitôt la promotion complétée’ par les derniers arrivants, à la fin de janvier, nous dûmes subir devant le jury de professeurs constitué à cet effet, l'examen préalable de classement dont l'importance était grande.

Tombant sur des questions qui m'’étaient familières, posées par Legouest en chirurgie, par Laveran en médecine, j'eus la chance insigne d’être classé le > au tableau, Sarazin 1+, bien entendu.»

A la fin de son stage, le 21 novembre 1858, il obtient son premier galon et devient de ce fait médecin aide-major de 2 classe: il passe quelques mois dans un corps de troupe pour rentrer lé 3 novembre 1859 dans le corps du personnel enseignant de l'Ecole Impériale du Service de Santé, école qu’il avait quittée deux ans plus tôt comme élève. Il y revenait avec le titre de Surveillant de clinique et de pathologie chirur-

gicales, dont le rôle consistait d’une part à répéter avec les | B. 2

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élèves les manipulations pratiques et les leçons cliniques, d'autre part à veiller au maïntien de l’ordre parmi tous ces sous-aides. Il conserva ce poste jusqu’au 6 mai 1862 pour devenir ensuite Répétiteur de Clinique chirurgicale. Le 21 novembre 1860 il fut promu au grade supérieur, devenant ainsi aide-major de 1* classe, grade qu’il conserva jusqu’à la guerre. C’est à cette époque environ que se place sa nomination de chevalier de l'Ordre de Saint-Grégoire-le-Grand.

Cerveau puissamment organisé; parole facile, claire, persuasive; figure distinguée avec ses moustaches et son impériale qui accentuaient sa ressemblance avec l’empereur Napoléon II!; sa correction, son polyglotisme (il parlait couramment anglais et allemand, et connaissait l’italien), ses hardiesses et ses succès opératoires (dûs peut-être surtout à sa propreté méticuleuse et à celle qu’il demandait à ses aides, car il avait bien remarqué l'influence prépondérante de cette qualité sur la mortalité des opérés), son dévouement et sa bonté inépuisable en faisaient un être d'élection.

Le 30 mars 1863 il fut reçu Professeur agrégé de chirurgie à la Faculté de Médecine du Bas-Rhin; furent reçus agrégés avec lui au même concours: Dumont, P. Aronssohn, Monoyer et son grand ami Beaunis. Il avait 30 ans.

Sa thèse de concours a pour titre: «Appréciation de la valeur des résections osseuses dans les maladies chirurgicales et de leurs indications.»

Les différents chapitres de ce travail sont les suivants: 1° Définition de la résection osseuse, et classification des différentes espèces de résections; 2° Appréciation de la valeur des résections envisagées au point de vue de leur valeur absolue («enlever tout le mal et n’enlever que les parties malades»; «les résections sont d’une exécution difficile, souvent longue et laborieuse»; les résections entraîneraient souvent une suppuration prolongée, épuisant les malades et facilitant chez eux le développement de la phtisie [ici l’auteur remarque que de nombreux malades ont été reconnus phtisiques avant l'opération, et que la phtisie est fréquente

chez les malades atteint de carie des os], de leur valeur comparative (conservation, amputation); 3° Indications qui commandent ou font rejeter les résections.

D'une façon générale, dans ce travail, l’auteur met en lumière l'importance grandissante des résections, «ces opérations, dit-il, sont peut-être la gloire la plus pure de cette chirurgie contemporaine, dite conservatrice. ce mot à fait une prompte fortune; il a été souvent prononcé depuis quelques années. Ce mot représente un fait, il est la formule d’un progrès. Devant cette chirurgie reculent de plus en plus l’'amputation et les grandes mutilations. Le chirurgien devient économe des parties saines; il établit comme une équation entre l'étendue de la lésion morbide et ce que ses instruments doivent retrancher de l’organisme... La chirurgie conservatrice lui défend de faire un invalide de plus, lorsqu'il peut rendre le blessé à la vie commune, à l'atelier et peut-être même à larmée active. La chirurgie contemporaine, héritière du. travail du passé, a pu étendre son action au delà du salut des: opérés... Elle ne se contente plus de guérir, d'assurer le salut; elle cherche encore à ajouter un second bienfait à un premier, et à ne pas désespérer l’existence qu’elle vient de conserver; la chirurgie contemporaine, en un mof, s'efforce de laisser à l’opéré l’exercice plus ou moins complet de la vie sociale.»

Et il ajoute dans les dernières pages: «l’histoire dira que c’est la chirurgie du XIX* siècle qui.a inauguré l’anesthésie chirurgicale; elle dira les modifications que cette grande découverte a apportées dans les préoccupations de l’opérateur. La chirurgie conservatrice a trouvé son auxiliaire le plus sûr dans l’anesthésie.»

Comme agrégé Sarazin concourait avec ses collègues civils de la Faculté à donner l’enseignement aux élèves; ses leçons cliniques étaient très suivies; il se mettait sans cesse au niveau de ses élèves, embarrassés dans leur inexpérience; sa bonté était proverbiale.

I1 publie en 1864 un opuscule: «Note pour servir à l'étude dés tumeurs» où il cherche à marquer la limite qui sépare

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les tumeurs bénignes des tumeurs malignes, en signalant les caractères qui permettent de les reconnaître sans difficulté. L’année suivante il publie des «Remarques au sujet des régénérations osseuses».

Médecin major, il s'occupe activement des questions ayant trait à la chirurgie d'armée, et en 1867 étudie les effets produits par le projectile du fusil Chassepot sur le cadavre: la même année il décrit un appareil nouveau pour la compression alternante et élastique des artères. Une très instructive étude sur la campagne d’Allemagne et l’organisation du Service de santé allemand est également due « à sa plume élégante et facile» (1868) (d’après Jules Bæœckel).

Il conclut à la fin de cette étude par la nécessité pour les médecins militaires en campagne à choisir seuls l’emplacement des ambulances et des hôpitaux temporaires; que seuls ils décident le nombre de malades et de blessés que doivent contenir les bâtiments qu’ils occupent; qu’ils aient le droit d'éviter l'encombrement dont ils peuvent seuls juger les effets; qu’ils puissent élever des tentes et des baraques en nombre suffisant; qu’ils aient sous la main tous les moyens de transport nécessaires pour assurer le service si important des évacuations, et qu’ils aient sous leurs ordres tout le personnel et tout le matériel de l’ambulance pour faire exécuter les mesures dont eux seuls peuvent reconnaître la nécessité. Il ajoute: «Nous sommes les chefs naturels du service médicochirurgical; seuls nous devons y commander.»

Comme nous le verrons il défendra tout au long de sa carrière militaire cette indépendance nécessaire du corps de santé, et il arrivera à Bourges, après 1870, à faire triompher ses vues,

Ajoutons que les trois articles ci-dessus ont paru dans la Gazette Médicale de Strasbourg dont il fut un des brillants collaborateurs pendant les années «hélas! trop courtes» (J. Bœckel) qu’il a passées à Strasbourg.

En 1869 il devient Membre correspondant de la Société de Chirurgie.

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Au début de l’année 1870 paraît sa «Clinique chirurgicale de l'Hôpital Militaire de Strasbourg» tableau de tous les cas chirurgicaux qui se sont présentés à l’hôpital militaire pendant les années 1867-1868-1869, et qui renferme des observations précieuses et des préceptes d’un haut intérêt pratique. Voici par exemple parmi les opérations graves de ces trois années «celles qui ont nécessité l'emploi de l’anesthésie et qui ont été faites à la salle d'opération»: amputation de l’avant-bras, du testicule, du sein, résection de la hanche, de l'épaule, évidement de la malléole externe, du grand trochanter, du maxillaire inférieur, uranoplastie, ligature artérielle, uréthrotomie interne, ablation de tumeurs ganglionnaires, fistule anale, hydrocèle etc... Au sujet de ces opérations Sarazin dit: « Sur ces 45 opérations, parmi lesquelles figurent les plus graves que l’on puisse faire .en chirurgie, je n’ai pas eu à déplorer un seul cas de mort.» Pour lui la cause principale de ces succès opératoires réside dans l’application d’une hygiène chirurgicale ou mieux des lois de l'hygiène à la chirurgie: propreté des salles, des malades et de leurs vêtements, de leurs pansements et de leurs plaies.

Les dernières pages consacrées aux rapports du soldat et du médecin sont un très beau guide de psychologie médicomilitaire; <dans les hôpitaux militaires, écrit-il, les conditions changent; le soldat y est envoyé par ordre, et ne peut s’y soustraire. Le médecin qui le soigne lui est imposé, et il ne peut ni le changer ni lui échapper. Bien plus, ce médecin est un officier qui a sur lui les droits du commandement militaire. Il pourra user de son autorité pour lui imposer des moyens de traitement contre lesquels toute révolte sera impossible. Sans la permission de cet homme, dont la puissance devient vraiment effrayante pour un malade, il ne pourra plus quitter Phôpital transformé en prison. D’un autre côté, le soldat a tout quitté pour servir son pays; il a contracté la maladie dont il est atteint au service et souvent par le fait même du service; les soins qu’on lui donne il y a droit...

Insistons sur cette opposition qu’il y a entre les droits

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incontestables du soldat malade et la position inévitable qui lui est faite dans les hôpitaux militaires. Si le soldat n’aime pas son médecin, s’il n’a pas confiance en lui, s’il ne subit ses moyens de traitement que parce qu’il. ne peut pas s’y soustraire, l’hospitalisation devient un abominable abus de la force publique contre l'individu, et cela quand bien même la médecine militaire ne compterait que des Andral et des Dupuytren.. Nous sommes donc forcés de nous faire accepter par les hommes auxquels on nous impose...»

Et Sarazin montre une fois de plus cette bonté, cette humanité qui est tout à sa gloire: «La science ici et même la réputation la mieux établie ne suffisent pas; il faut montrer aux hommes du dévouement et de l'intérêt; il faut être bon avec eux, leur montrer de la patience et même une certaine condescendance, les écouter et ne jamais leur imposer les moyens qu’on veut leur faire accepter. les soldats sont des enfants; ils sont faciles à mener et à persuader. On leur inspire facilement de l’attachement lorsqu'on veut s’en donner la peine. On a alors sur eux une influence morale énorme... quand on est arrivé à leur faire comprendre qu’on ne recherche que leur intérêt, on leur fait faire tout ce qu'on veut.»

Aussi quoi d'étonnant quand Sarazin nous dit en parlant de ses malades: «j'en fait ce que je veux, et des 375 malades que j’ai eu à soigner pendant le semestre d'hiver, pas un n'aurait quitté mes salles, alors même qu'ils auraient été libres de choisir leur médecin.»

Il publia au cours de ces mêmes années 1867, 1868 et 1869 différents articles figurant au Nouveau Dictionnaire de Médecine et de Chirurgie pratiques: articles de chirurgie sur les maladies osseuses, différents types de fractures des membres, un article concernant le mot «hôpital» etc...

I ne comptait à Strasbourg tant dans les milieux médicaux que dans les milieux militaires, que des amis, mais il fut surtout lié avec trois personnalités de la ville, pour des raisons différentes: son supérieur, le général Ducrot, à ce moment

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