BAUGÉ
Dans sa jeunesse, porta le petit collet, et, s'étant avisé de composer l'opéra dont nous parlons , il engagea Théobalde à le mettre en musique.
La chute précipitée de cet opéra, l'ayant débouté de la poésie, il prodta de la protection de M. Pronure, son parent, qui lui donna un emploi ; c'est à la Tavcur de cette protection, et par la manière dont il s'acquitta de cet emploi, que Baugé se poussa dans les sous-fermes. 11 est mort à Paris, en 1727.
J. TQÉOBALOO DE GATTI,
Né à Florence, en Italie, mort k Paris en 1727, dans un âge très avancé; inhumé àSaint-Eustache.
La placode symphoniste pour la basse de violon, qu'il a occupée pendant cinquanlc ans, dans l'orchestre de l'Opéra de Paris, doit le naturaliser .musicien français,
quand même il n'aurait pas obtenu dn roi des lettres de naturalilé. Théobalde fut si charmé de quelques morceaux de symphonie dps premiers opéras de Lully, qui étaient venus jusqu'il Florence, qu'il voulut absolument connaître l'auteur, et partit pour Paris, oii, étant arrivé, il courut chez Lully, son compatriote, et il lui marqua le sujet de son voyage, et l'empressement qu'il avait de le voir, Lully lui en sut très boa gré et le reçut avec beaucoup d'amitié; il le plaça dans l'orchestre de 1 Opéra, ayant connu sa capacité pour l'exécution do la musique sur la basse du violon.
Outre la manière savante dont Théobalde jouait de la basse du violon, il était aussi bon compositeur de musique ; et comme il avait continuellement les oreilles remplies des opéras de Lully et de ceux de quelques autres habiles musiciens , il se forma un grand goût pour la composition de ces ouvrai^es, et il en a donné des marques par deux opéras qui ont été joués sur notre théâtre; le premier intitulé : Coronis, pastorale en trois actes, représentée en 1(591 : et le second qui a pour titre Scijlla. Ce dernier a été représenté h trois différentes reprises, en 1701 pour la première fois, ensuite en 1720 et 1732. La musique en a plu si fort aux personnes de premier goût, et le plus en état déjuger, qu'on a cru pouvoir le mettre en comparaison avec quelques opéras de LtlUy, dont il se faisait honneur d'etre disciple.
ASTREEç