‹ SatanstoéChapitre 129 sur 194 · TRAGÉDIE EN TROIS ACTES · texte numérisé non relu

TRAGÉDIE EN TROIS ACTES

UEI'BiiSENTÉE POUR U, PREMIÈRB FOIS AO COMMENCEiUENT DE NOVEMBRE 1691 (1).

LE PO£>E DE H. DE LA FOIlTâlIIE. LA aniSIQin: DE H. C0LAS8B.

Ce ballet que tout le monde attendait comme un chefd'œuvre, tant de la part du poète que du musicien, fut néanmoins peu applaudi ; sans entrer dans un plus long

(1) C'est à l'auteur du Mercure gnlant que nous sommes redevablo de coite date. « L'Acailémie de Musique, dii-ii, doit commencer par un opéra sous le nom d'Asirée; il est de M. de LaFontaine, de l'Académie française, dont les fables lui ont acquis une si grande réputation pour ce gpnre décrire. M. Colasse a fait la musique [Mercure galant, octobre 1091, p. 294).

détail, nous nous contenterons de rapporter la chanson du fameux Linière.

Palaprat n'a pas oublié Astrie dans sa parodie de Phaélon, qui fut representee par les Italiens en 1092. — Vraiment, dit Piiaéion, quelque peu de temps qu^ait duré Astrée, j'en ai reienu l'air et les paroles. Une première ardeur n'est bientôt plus qu'un songe.

La vérité devient mensonge, Et le mensonge, vérité.

BIBLIOTHÈQUE CHOISIE

'lUÙ.

Sur l'air du Cap de Bonne-Espérance.

Ah ! gue j'aime La Fontaine, D'avoir fait un opéra.

Je verrai finir ma peine, -. Aussitôt qu'on le verra.

Par l'avis d'un fin critique, Je m'en vais louer boutique, Pour y vendre des sifflets.

Je serais riche à jamais.

On peut deviner sans peine, A voir parler Céladon, Qu'il nous vient de La Fontaine, Mais non celle d'Hélicon.

C'est de l'égout du Parnasse, Et l'on a choisi Celasse, Pour y composer des airs.

Aussi méchans que les vers.

L'opéra de Céladon, dit Saint-Gilles, Muse mousquetaire, page 72, n'ayant pas réussi, je fis seulement ce couplet sur l'air de V Echelle du Temple.

Je laisse à son gré Céladon Se rafraîchir dans le Lignon :

J'avais résolu d'en médire.

Mes amis m'en avaient prié :

, Mais qu'est-il besoin de satire , Quand le sujet est décrié?

JEAi\ DE LA FONTAIIVE.

Né à Château-Thierry en Champagne, le 8 juillet 1621

et mort à Paris, le 13 mars 1695 , n'est à notre grand re-

§ret placé ici que comme un exemple fameux des bornes e l'esprit humain. Ce La Fontaine, si admirable dans ses autres poésies, devint médiocre lorsqu'il se mêla de poésie lyrique. Chacun sait qu'ayant fait la pastorale de Daphne, il la donna k Lully pour la mettre en musique. Lully lut ce poème, et reconnut sans doute, avec étonnement, que ce poète avait peu de talent pour son théâtre. Il s'en expliqua même assez net avec La Fontaine, en lui disant» qu'il n'était pas son homme. » La Fontaine, qui ne pouvait se persuader que ses vers fussent mauvais, sollicita tous ses amis , pour engager Lully à mettre son opéra en musifiue. Mme de Thianges en parla même au Roi ; mais Lully ne se (il pas une affaire de dire à ce monarque, que les vers de La Fontaine n'étaient pas assez IjTiques. Il n'en fallut pas davantage pour faire oublier la pastorale de Daphne, et La Fontaine eut le regret de voir représenter un opéra de Quinault à la place du sien:'cétait celai de Proserpine. Pi([\ié de cet affront, La Fontaine fit contre Lully la satire du Florentin; Lully ne s'en embarrassa guère, et le publicy gagna un joli morceau. Lully étant mort, La Fontaine reprit de nouvelles espérances, l'I composa la pastorale d'Astrée que Colasse mit en musique. Alors, les plus zélés partisans de La Fontaine furent obligés de souscrire au jugement de Lully. La Fontaine en convint machinalement; il sortit à la fin du premier acte de son opéra, en disant: « Ma foi, voilà un opéra bien ennuyeux. » En effet, ce roman de l'Aslrée, qui lui avait tant plu, et dont il était pétri, devint aride dans ses mains; il fut obligé d'y joindre une épisode italienne pour terminer son troisième acte.

BALLET

EN TROIS E!VTIVÈES,

DANSÉ DEVANT MONSEIGNEUR LE D.4UPHIN , A VILLENECJVE-SAINT-CEORGES , LE DIMANCHE 1" SEPTEMBRE 1692.

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