EPRÉSENTÉE POUR U PREMIÈRE FOIS AU MOIS DE JANVIER
te POÈraC DE B. ROUSSEAU. L» UUSIQUE DE B. COLASSE.
Cet opéra parut lorsque l'Académie royale de musique eut cessé 'les représentations du ballet des Saisons. « M. de Francinc, ditGacon, excita Rousseau à travailler pour son théâtre, en lui faisant entendre que pour peu qu'il rimât lyriqucment, il en serait bien récompensé. Ces offres avantageuses piquèrent de telle sorte ce poète, qu'il résolut de donner Jason (1). »
Comme le succès de cet opéra ne fut pas heureux,
(I) C'est sur cet opéra que Gacon fit l'épigramme suivante ; Sur un mauvais opéra, dont l'auteur est fils d'un cordonnier.
Crispin, le fils d'un cordonnier,
Poussé d'une vaine manie Pour faire un opéra se croyant du génie, Prit la lyro à la main et quitta son métier. Mais quand par l'auditeur il vit siffler sa rimo,
11 reconnut bien à son dam.
Que véritable est la maxime,
JYe ttUor vUrà crepidam.
Rousseau, imputant celte disgrâce au musicien, composa contre lui et 1 abbé Pic , le dialogue que nous avons cité à l'article des Saisons : et n'étant pas assez satisfait de cette vengeance, il voulut encore les envelopper dans une courte épigramme adressée à Longcpierre, qui, à la vérité, avait eu la faiblesse de louer des vers de Pic.
Epigramme contre Longepierre.
Toi qui places impudemment Le froid Pic au liaut du Parnasse, Puisses-tu, pour ton châtiment, Admirer les airs de Celasse.