L'ABBÉ PIC
Précepteur de M. l'abbé de Vaubrun, ci depuis du feu duc d'Estrées, s'attacha, sans aucune vocation, au théâtre
de l'Opéra, où il donna trois poèmes très faibles Le seul ballet des Saisons (1), aide des airs de Luliy, que Colasse Y avait placés, lui donna quelque espèce de réputation. L'abbé l'ic était libertin, sans bien, et ses talens extrêmement fiiii)lcs. Ainsi, il passa une partie de sa vie dans la misère. M. l'abbé de Vaubrun lui donna une retraite dans une de ses terres, oii il mourut assez peu regretié du Parnasse et des libraires, h oui il avait vendu quelques brochures de sa façon, sous le nom de Saint-Evrcmont.
TIIEVEXARD (Gabriel -Vincent), basse-taille.
Né à Paris, le 10 août 1669, entra à l'Opéra vers l'année 1690 11 débuta par les conlidens. Ensuite, il doubla quelquefois Dun père. M. Destouches, qui lui reconnut aes talens pour le théâtre, s'attacha à lui montrer l'art de chanter avec amc et noblesse ses rôles. Thévenard profita des leçons de M. Destouches, et devint en peu de temps, l'acteur le plus parfait qui ait paru sur le théâtre de l'Opéra; les rôles d'Araadis de Grèce, d'Hylas de Issé, etc., furent faits exprès pour lui, et il leur prêta de nouvelles beautés par la noblesse de son jeu et l'art de son chant. Enfin, en 1730, il quitta l'Opéra et obtint en sortant une pension de mille livres. Actuellement vivant.
ELISABETH DIJ^OKT
Excellente danseuse, surtout pour la danse d'Arlefiuine(2), était fille de Dufort, décorateur et concierge de la Comédie-Française. Mlle Dufort entra à l'Opéra vers l'année 1695, et mourut au commencement de ce siècle.
Mlle Dufort, qu'on appelait Babet Dufort, était passablement jolie, elle avait 1 air fier et hardi au théâtre.
(1) Pour donner un étal du théâtre, en 1695, nous joignons ici les noms des acieurs qui ont paru dans la première représentation de celle pièce el dans le ballet.
Nota. C'est la représentation de 1700 et non celle de 1695.
rnoLOGUE.
Melpomene. Mlle du Lac. Le Permesse, Dun. Clio, Mlle Heusé. Apollon, Thévenard.
1 " entrée : l'amoctv COQUET.
Le Printemps, Piton. Flore, Mlle Moreau. Zéphir, Chopelet. Chloris, Mlles Heusé et Dulac alternativement.
2' entrée : l'amour constant et fidèle.
L'Eté, Boute'on. Vertumne, Thévenard. Pomone, Mlle Moreau. Gérés, MlleMaupin.
3' entrée : l'amour paisible ou l'amour dans le mariage.
L'Automne, Guyard. Céphise, Mlle Provost. Ariadne, Mlle lieuse. Bacchus, Uardouin.
4' entrée : l' AMOUR BRUTAL.
L'hiver, Desvois. Borée, Dun. Aquilon, Poussin. Orithye, Mlle Desmâtins. Apollon, L'Abbé. Momus, Guyard.
• BALLET
Mlles Subligny, Dangerville, Desplaces, Provost, Desmâtins, Lemaire, Freville, Clément, Dufort, Ruel, Chapelle; MM. Ba-
lon, Lestang, Pécourt, Blondy, Barazé, Dumoulin l'aîné, Dumoulin cadet, Dangerville, Germain, Bouleville, de Roulian. Du Mirail, Férand, Fauveau, Dumay, Renoult , Clausse, Durucl.
choeurs.
Mlles Cenet; Desmâtins cadette, Provost, Heusé, Basset, Leroy, Loignon, Menmor, Martin, Cazal. Chérardy ; MM. Jolain, Godechaut, Prunier, Frère, Desvois, Leroy, Bussol, Renard, Lacoste, Cadol, Brunei, Mantienne, Fournier. Pouss^iii, Pilon, Labbé, Thomas, Jeanno, Lebrun, Paris, Lejeuno, Moreau, Sole, Deshayes, Davia.
(1) Les deux autres sont la Naissance de Vénus et Aride
(2) Rousseau fait parler Babet Dufort, dans le dialogue que nous avons cilé ci-devant contre Colasse et Pic.
« Je no suis point d'humeur chagrine,
B Et l'orgueil n'est point mon défaut,
o Mais on sait qu'avant l'Arlequine,
» L'auditeur bâillait assez haut.
» Cessez donc de crier merveille
» Sur votre opéra d'aujourdhui, » Si chacun en citait ce qui peut être à lui, » Vous montreriez, comme fil li corneille » Qui so parait du plumage d'autrui. »
— iyl —
BimJOTIlEOUE (^;|]<)1SIK.
DESCDARS.
Que nous ne connaissons que par le passage suivant, lirédesdVersi/escMneusesdel'abbcBordelon, t. 6, p. 106: « Le sieur Desciiars est le danseur de l'Opéra le plus réjouissant; il excelle dans le comique par-dessus tous les autres. Sa danse h deux visages dans le ballet dus Saisons a réjoui extrêmement tous ceux de la cour et de la ville qui l'ont vu. Sa femme excelle autant dans la danse sérieuse que lui dans le comique. Elle est d'une taille trèsavantageuse pour sa profcssioû, c'est-à-dire assez grande,
bien prise et d'un bon air. On assure qu'on ne l'a jamais vue nre.nieourire en dansant. « Rousseau a aussi célébré Desciiars qu'il fait apostropher ainsi Colasse et Pic, dans le dialogue dont nous avons parlé :
Arrêtez, petits myrmidons.
De votre vaniié, réglez mieux la mesure,
Et sachez que sans ma figure.
Votre maigre opéra, tout farci do lampons,
Eût eu le sort des réiartons.
Chacun dans mon double visage A cru voir de vos cœurs un symbole parfait :
Et le succès de voire ouvrage
N'est dd qu'à cet heureux portrait.
JASON ou LA TOISON D OR,
TRAGÉDIE