PHILOMÈLE
TRAGÉDIE
ftEPRESENTEE POUR LA PREMIÈRE FOIS LE M.-iRDI 20 OCTOBRE 1705.
LE POËHE DE H. BOT. LA UUSIQUC DE m. Li COTTE.
Ce serait être peu équitable de dire que c'est ici la meilleure pièce del'auteurdcs paroles; la tragédie de Cdlirhoé et le ballet des jE/^mcjis l'emportent sans contrcditsurPAi- /omc/e, quoique celle-ci aitde grandes beautés, et peut-être même plus de feu que celles qui l'ont suivie, qui, en récompense, ont plus de raison et de conduite, comme ayant été composées dans un âge plus mûr. La vue d'un tableau de feu M. Coypcl frappa beaucoup l'auteur de cette tragédie et lui en lit naître l'idée; il faut convenir qu'il en était bien rempli lorsqu'il composa son premier acte, l'un dos plus beaux du théâtre lyrique. La scène de Philomcle et de Térée est un morceau achevé; l'auteur y trouve le secret d'intéresser le spectateur pour un homme aussi coupable que Tcréc. Si les actes suivans avaient répondu à la beauté de ce premier, le poète n'aurait pas eu bcs-oin de l'indulgence qu'il im[)lorc dans son avertissement. La fèlc infernale du quatrième, quoicjue superflue, est des plus effrayantes et des plus belles qu'on puisse voir. Kn général, les auteurs de cet ouvrage ont trouvé beaucoup d'approbateurs, mais le musicien en a réuni un plus grand nombre en sa faveur. On fait un cas iulini de son récitatif, qui pourrait servir de modèle à. ses plus fiers rivaux Le poète écrit avec élégance et avec feu ; mais la variété qu'il a mise dans son poème a paru dégénérer en confusion.
PIERUF-CnARLES (1) ROY.
De Paris , ci-devant conseiller au Châtelet, aujourd hui vivant conseiller-secrétaire du roi et conseiller-payeur des gages et auf;mentalions de gages de la chancellerie établie près lacour des aides de Clermont-Ferrand, honoré, depuis le 7 février 1741, du litre de chevalier de Saint-Michel, a composé les paroles des opéras suivans : Philomèlc, tragédie, 1703; la Princesse a'Elide , opéra en cinq actes, avec un prologue, mis en musique par M. Lavergne, pour être représenté par l'Académie royale de Musique (cet opéra n a jamais été représenté), 1700; Bradumante, tragédie, 1712; Callirlwé, tragédie, de la méaie année. Ariadne, tragédie, en partie avec Lagrange, 1717; Sémiramis, tragédie, 1718; ks Elémens, ballet, 1721, représenté sur le théâtre de l'Opéra en 172j; les Slratagèmcs de l'Amour, ballet, 172G; ks Sens, ballet, 1732; les Grâces, ballet héroïque, 1735; le ballet de la Paix, 1739. Les tragédies de Philomcle et de Cdlirhoé et les ballets des Elémens et des Sens ont été remis au théâtre.
(I) C'est ainsi qu'il est nommé d;ins les lettres que le roi lui a accordées le 14 mars. Il est certain que l'auteur des Bechervlies du Théâtre qui, tome 2, page .'308, in-8, de cet ouvrage, le nomme Jean, iguorait son vé.'ilable nom.