‹ SatanstoéChapitre 180 sur 194 · ALCYONE · texte numérisé non relu

ALCYONE

TRACED! F,

RErRiîSENTÉE POUR L.\ PRE.MIÈRE FOIS LE JEL'DI 18 FÉVRIER 1706.

LE POËHE DE M. DE LA lUOTTB. LA UUSIQVB DE U. UABAIS.

Lorsque cet opéra parut, il fut très applaudi; le poète et le muscien eurent part à ces suffrages, et si les critiques se sont élevés contre le poème, l'auteur y a donné lieu pour s'être un peu trop scrupuleusement attaché à la manière dont Ovide a traite ce sujet. En effet, il n'a jamais tant signalé son respect pour les anciens que dans cette tragédie; il est vrai qu'il n'a pas mis Pelée en état de briller; mais, par malheur, ce vertueux époux de Thetis se trouvait alors h la cour de Ccyx , et La Motte n'a pas cru devoir lui chercher ailleurs un rival. S'il ne donne jias de la vertu à ce prince, au moins le rend-il sensible

aux remords II ne lui aurait pas élédiflicile, dit-on, de rejeter tout l'odieux surPliorbas , personnage épisodiquc; ce prince , animé par ses droiîs an trône et par l'amour qu'on aurait pu y ajouter pour Alcyone, aurait agi d'une manière moins indécise, et on aurait vu en lui plus de crimes que de remords. En général, le public trouve le poème très bien écrit, rempli d'esprit et de senlimcnsqui en font presque oublier leAlefauts (1). A l'égard du musicien, on convient qu'il amis de très beaux morceaux et

(I) C'est pour indiiiuer le défaut d'action de cet opéra.

BIBLIOTHÈQUE CHOISIE

surtout cette fameuse tempête du quatrième acte, si connue cl si admirée (1).

qu'un bel esprit fit le couplet suivant sur l'air de Jocondc :

D' Alcyone et de son amant ,

La noce était certaine :

Qu'arriva t-il? Conscquemment

On voit de scène on scène, Un sommeil, un prêtre, un devin,

Un tonnerre, un orage ; Après cette tempêle, enfin,

L"opcra fait naufrage.

(1) • On ne peut s'empêcher de dire ici un mot de la tem-

Boutelon, fils de celui dont nous avons parlé et qui n'avait rempli que de petits rôles, fit à la première représentation de cette tragédie celui de Ceyx; Mlle Desmâtins, Alcyone; Thévenard, Pélce; et Dun père, Phorbas.

pête de cet opéra, tant vantée par tous les connaisseurs, et qui fait un effet si prodigieux. Marais imagina de faire exécuter la basse de la tempôie, non- seulement sur les bassons el les basses de violon à l'ordinaire, mais encore sur des tambours ptu tendus, qni.roulantcontinuellement, forment un bruit sourd el lugubre, lequel joint à des tons aigres et perçans, pris sur le haut de la chanterelle des violons et sur les hautbois , font sentir ensemble toute la fureur et toute 1 horreur d une mer agitée, el du vent furieux qui gronde el qui siffle. »

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