DES MOEURS DES HABTTAIVS
Je ne saurais rien fixer sur ce point, parce que mes états sQut de pièces rapportées; tout ce que je puis dire d'assez certain, c'est qu'en général tous mes sujets sont braves et durs, peu friands mais ivrognes ; tyrans dans leurs terres et esclaves à mon service ; amans" insipides et maris bourrus; d'un grand sang froid que je tiens au lond pour de la bêtise ; savans dans le droit, peu philosophes, moins poètes, et encore moins orateurs; afiectantune grandesimplicitédanslaparure.maissctcnanlpour bien mis avec une netite bourse aux cheveux et un grand chapeau, des manchettes d'une aulne, des bottes jusqu'à la ceinture, nue petite canne, un habit très court et une veste très longue. Pour les temmes, elles sont toujours grosses ou nourrices; elles sont d'une grande douceur, aimant leurs ménages et assez fidèles à leurs maris. Quant aux
filles, elles jouissent du privilège à la mode; j'en suis s' peu fâché , que j'ai cherché à excuser leurs faiblesses dans mes Mémoires. Il faut bien mettre ces pauvres créaturcs à leur aise, pour éviter qu'elles n'apprennent cette pratique infâme qui causerait un grand préjudice à l'étal; et même, pour les encourager, j'ai soin de donner dans mes regimens la préférence aux fruits de leurs amours, et s'ils doivent le jour à des officiers, je les fais porte-enseignes ou officiers avant leur tour.