LES
DEUX JEUl^ES FILLES
ROMAN CUINOIS,
TBADDiT PAR STANISLAS JULIEN, de l'institdt,
PBOFESSEIR DE LANCCE CIllXOlSE AD COllECE DE FRANCI.
PREFACE
En traduisant le Roman des Deux Jeunes Filles lettrées, je me suis proposé un double but, savoir : de faire connaître, pour la première fois en Europe, un ouvrage qui offre une peinture fidèle, animée et souvent piquante, des mœurs de la société chinoise, et de donner, aux étudians qui voudront lire l'ouvrage dans la langue originale, l'intelligence du style moderne, le plus relevé, le plus brillant et aussi le plus difficile, et qu'Userait presque impossible de pénétrer h l'aide des dictionnaires et des ouvrages philologiques publiés jusqu'à ce jour.
Les Chinois, on le sait, ont devancé les Européens dans plusieurs inventions qui ont changé la face du inonde. Sans parler de la boussole qu'ils possèdent et emploient aux mêmes usages que nous depuis trente siècles, de la poudre de guerre que les Arabes leur ont empruntée et qu'ils nous ont transmise, je dirai, pour la première fois, que dès l'an 593 de notre ère, ils ont commencé à répandre par la gravure sur bois, les chefs-d'œuvre de la peinture, du dessin et des belles-lettres (invention que jusqu'ici l'on n'avait reconnue en Chine que cinq cents ans plus tard). De là une diffusion rapide et immense des connaissances littéraires dans cet empire du milieu , où
elles sont un moyen infaillible d'arriver à la fortune, à la renommée et aux plus hautes charges de l'état.
Là, dans les classes les plus modestes comme les plus élevées, tout le monde n'a d'autre souci que d'étudier la langue savante dans les écrivains classiques, d'autre occupation que les exercices littéraires, d'autre ambition quo l'avancement qui suit le succès dans les concours. Ce zèle infatigable des Chinois pour la culture du goût et l'imilalion des bons auteurs, est le trait distinclit de leur carac tère, et il a été l'un des élémens les plus puissans de leur civilisation. Mais, pour le bien comprendre et l'apprécier, il faut le voir se développer sur une scène vivante et animée, où chaque acteur, je veux dire chaque lettré, paraisse avec ses qualités et ses travers, son savoir ou son ignorance, son intelligence éclairée ou ses prétentions pédantcsques. Voilà un spectacle fait pour piquer vivement notre curiosité, et cpie nous ne saurions trouver ni dans les histoires ni dans les relations de voyages qui se rapportent à la Chine. Ce n'est pas tout que de voir agir les Chinois dans le cercle de leurs relations sociales, nous sommes avides de connaître leurs productions, de nous faire une juste idée des sujets qu'ils aiment à y traiter, du genre
PRÉFACE
d'esprit qui les anime et de l'imagination qui y brille. D'autres traits non moins remarquables méritent encore de nous intéresser. Les missionnaires, sans lesquels la connaissance de la langue chinoise aurait été retardée en Europe, de plusd'un siècle, nous ont révélé l'histoire et la géographie, les sciences, les arts et l'industrie de ce peuple actil et intelligent, dont les ports s'ouvrent depuis peu, avec moins de restrictions et d'entraves, aux entreprises commerciales des étrangers. Mais ils n'ont jamais pénétré dans le sein d,e la société chinoise, ils n'ont pu nous introduire dans l'intérieur des familles, nous faire assister aux occupations gracieuses, aux entretiens tendres ou piquans des femmes distinguées, que des rites inflexibles enferment dans une sorte de gynécée inviolable, où elles sont inaccessibles, non seulement a, notre avidité indiscrète, mais encore aux regards des Chinois euxmêmes, il l'exception de leurs proches parens. Où trouver ces détails de mœurs si précieux pour nous, si non dans les romans où les Chinois se sont peints eux-mêmes, sans songer que les barbares de l'extrême Occident, si sévèrement exclus de leur société, liraient un jour sans faire un pas hors de leur pays, ces scènes intimes, ces révélations de la vie de famille, cesexercices, ces confidences littéraires qu'ils croyaient n'avoir écrits que pour l'instruction ou l'agrément de leurs concitoyens?
Les Chinois possèdent un nombre infini de romans, dont les uns ont pour objet de répandre et de populariser l'histoire nationale; les autres de peindre les mœurs publiques et privées, d'exalter les vertus des héros et de flétrir les vices des mcchans, ou de faire la satire designoransou des sots.
Parmi ces romans, ils en ont remarqué dix dont ils ont qualifié les auteurs du litre ^'écrivains de génie [ Thsaïtseu), de sorte que, pour désigner tel ou tel ouvrage de cette série d'élite, ils disent communément le livre du premier, du deuxième, du troisième Thsaï-tscu (écrivain de génie). Cette distinction ne pouvait échapper aux Européens. Aussi les a-t-cUe guidés dans le choix des romans chinois dont ils ont voulu donner la traduction. Sur dix, il n'en reste plus que deux à faire passer dans notre langue.
Le 1"ou le Sân-koué-tcJii {l'Histoire des trois royaumes), traduit par M. Théodore Pavie, est maintenant sous presse.
Le 2° ou le Hao-hhicou-tchouen a été traduit par M. Francis Davis (aujourd'hui gouverneurde Hong-Kong), sous le titre de the Forttmate Union. M. Guillard d'Arcy l'a donné en français sous le litre plus exact de la Femme accomplie.
Le 3% le Yu-kiao-li, ou les Deux cousinis , est bien connu en France par la traduction de M. Abel Rémusat.
Le 5' est le Chouï-hou-tchouen ou l'Histoire des Pirates. M. Bazin, professeur de chinois moderne près la Bibliothèque royale, en a déjà traduit quatre livres.
Le 6' est le Si-siang-ki ou l'Histoire du Pavillon d'Occident, comédie célèbre en verset en prose. J'en ai traduit sept actes.
Le 7% le Pi-pa-ki, ou l'Histoire du Luth, autre comédie remarquable en vers et prose, a été traduit et publié par M. Bazin aîné.
Le 8% le Hoa-tsiên-ki ou l'Histoire de la feuille de papier ornée de fleurs, a été donné en chinois et en anglais par M. PerrinThom.
Le 4° est le Ping-chân-ling-yên ou les Deux jeunes filles lettrées, que j'ai l'honneur de présenter aujourd hui au public, et dont le litre désigne, par autant de monosyllabes, les noms abrégés des quatre principaux personnages, savoir : Chan-taï et Ling-kiang-sioué, deux jeunes filles poètes, ainsi que Ping-jou-heng etYên-pé-hân, jeunes lettrés qui leur inspirent une de ces passions qu'on ne voit qu'à la Chine, un amour fondé sur l'admiration de leurs talens littéraires, plutôt que sur leurs agrémens extérieurs.
Ce roman est, en Chine, dans les mains de toutes les personnes instruites, et cependant nul n'en saurait dire l'auteur; il en est de même de la plupart des autres ouvragos du même genre. C'est qu'à la Chine les écrivains qui publient de telles compositions, même les plus irréprochables et les plus propres à donner de la réputation, se cachent sous le voile de l'anonyme aussi naturellement que chez nous on recherche le grand jour et la publicité. Ajoutons qu'en Chine, où l'on écrit sur tout, où l'on possède des bibliographies fidèles et détaillées de tous les bons ouvrages, il serait impossible d'y trouver une ligne sur les romans qui sont la lecture favorite de toutes les classes de la société. Le même silence, ou plutôt le même oubli calculé pèse sur les compositions théâtrales, comédies, drames, opéras, dont il existe d'immenses collections, et auxquels on assiste avec une avidité égale à la nôtre. Nous avons à Paris, en 120 vol. in-8, le catalogue descriptif et raisonné de la bibliothèque de l'empereur Khien-long, qui régna de 1736 à 1796. Toutes les branches de la littérature et des sciences y sont représentées dans ce qu'elles ont de plus remarquable, les livres classiques et canoniques, l'histoire, la biographie, la chronologie, la géographie, l'administration, la politique, etc., etc.; mais on y chercherait envain un seul volume de romans, de contes, de nouvelles, de pièces de théâtre, ou de notices sur les auteurs qui les ont composés. Cette lacune n'est point l'effet du hsgard; elle tient, sans aucun doute, aux rites chinois dont les textes révérés ne semblent pas admettre qu'un homme puisse s'occuper d'autre chose que de l'élude des chefs-d'œuvre lillé-
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raires, légués par l'antiquité, des fonctions officielles qu'il remplit ou veut obtenir, et de la pratique des vertus sociales.
En traduisant les romans intitulés : Y Histoire des trois royaumes, la Femme accomplie, les Deux Cousines, etc. , les sinologues que je viens de citer et dont deux sont mes élèves (M. Bazin et M. Théod. Pavie), ont eu pour but de faire connaître l'histoire «t les mœurs des Chinois. Tout en m'associant à leurs intentions, j'ai cru que l'enseignement dont j'ai l'honneur d'être chargé depuis treize ans, ne devait pas se renfermer dans l'enceinte du Collège de France, et que je devais faire tous mes efforts pour étendre bien au-delà, si cela est possible, les résultats de mes études, et rendre plus accessible aux Français comme aux étrangers, une langue vaste et compliquée qu'un travail opiniâtre m'a rendue familière, et dont les étudians s'effrayent plutôt par l'effet des préjugés reçus qji'à cause de ses difficultés réelles. Aussi ai-je choisi de préférence, parmi les deux mille volumes de romans que possède la Bibliothèque royale de Paris, celui qui m'a paru réunir, au plus haut degré, l'intérêt qui naît de la peinture naïve et fidèle des mœurs, et celui que peut nous offrir la culture assidue des lettres chinoises dans ce qu'elles ont de plus délicat, de plus recherché et de plus difficile pour les étudians européens.
Les Chinois ont, comme on le sait, deux langues, l'une qu'on pourrait appeler la langue des livres sérieux , l'autre celle de la conversation et des productions légères. Sans parler de la traduction latine que j'ai donnée en 1826 du philosophe Meng-lseu (2 vol. in-S" en chinois et en latin, avec un commentaire perpétuel), on possède aujourd'hui des secours suflisans pour entendre les ouvrages d'histoire, de haute littérature, de science ou d'érudition, écrits dans le style appelé Kou-tcén ou style antique. Il n'en est pas de même pour la langue commune ou Kouânhoa, dont les Européens vont avoir besoin plus que jamais en Chine, non seulement pour entretenir des relations orales ou écrites, mais encore pour lire les compositions modernes , si utiles à qui veut apprendre à connaître les mœurs et le caractère du peuple avec lequel on devra désormais vivre et commercer, compositions qu'ils sentiront la nécessité de se rendre familières.
Les personnes qui ont étudié les langues étrangères, savent qu'il suffit en général de comprendre un texte de quelques centaines de pages, pour lire ensuite couramment toutes les productions du même genre et du même style. Cette observation peut parfaitement s'appliquer au chinois moderne, et quiconque possède, par exemple, l'intelligence du deuxième roman cité plus haut, la Femme accomplie, comprendra, sans efforts, tous les romans qui ne renferment que des récits simples et naturels, et où ne fi-
gurent ni des lettrés, ni des poètes. Mais qu'il n'aille pas aborder les romans où des personnes instruites font assaut d'esprit et de savoir, et composent à l'envi en prose ou en vers. Alors le style vulgaire s'élève à la hauteur du style antique ; des métaphores hardies , des expressions poétiques, des anecdotes indiquées par un seul mot, des expressions susceptibles d'une double acception , viennent l'arrêter au milieu d'une lecture qui le charme , et s'il n'est pas aidé par un docteur indigène, ou s'il n'est pas pourvu d'une érudition h toute épreuve, les plus élégantes compositions, telles que celles qui font l'ornement des Deux Cousines, et surtout des Deux Jeunes Filles lettrées, seront pour lui lettre close, ou lui sembleront pleines d'énigmes.
S'il est vrai, comme je l'ai dit plus haut, qu'une bonne traduction d'un ouvrage chinois peut donner la clé des compositions du même genre, et que, d'un autre côté, le roman des Deux Cousines présente, dans les ariettes , les romances, les chansons et les discussions littéraires qu'il renferme, les principales difficultés du style et de la poésie, les personnes qui cultivent la langue chinoise penseront naturellement qu'il suffirait d'en étudier le texte original, à l'aide de la traduction française qui existe , pour aborder ensuite, sans peine , les autres productions analogues, qui se distinguent de même par la multiplicité des faits anecdotiques , la recherche 'ambitieuse des expressions, l'éclat des métaphores, la hardiesse des figures et la finesse des allusions. Malheureusement, le traducteur ne leur a point laissé cette précieuse ressource. M. Abcl Rémusat, plus porté par son goût particulier et par la tournure de son esprit, à composer des Mémoires qu'à approfondir les difficultés de la langue, dont la connaissance intime est la base nécessaire des études chinoises , avoue franchement qu'il n'a point compris les compositions détachées qui font le charme des Deux Cousines. J'ajouterai que les parties du récit ou du dialogue en prose dans lesquelles l'auteur emploie à dessein un style où brillent l'esprit et l'érudition, ont eu, sous la plume du traducteur, le même sort que les poésies proprement dites.
« La langue poétique des Chinois, dit M. Rémusat dans » sa préface (page 63 et suiv.) est véritablement l'nfra- » duisibk; on pourrait peut-être ajouter qu'elle est sou- » \enl inintelligible. Les métaphores les plus incohéren- » tes, les figures les plus hardies y sont prodiguées avec » une incroyable profusion. Et comme nous sommes pri- » vés en Europe des secours qui seraient nécessaires pour » déchiffrer ces compositions énigmatiques , nous nous » trouvons réduitsà umopératioiiconjecturale dontlesuc- » ces n'est jamais bien démontré. — Qu'on ajoute aux diffi- » cultes qui résultent de la bizarrerie des métonymies , » celles qui naissent des allusions à des anecdotes que
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» nous ne connaissons pas, ou à des personjiages qui ne » sont pas nommés; qu'on songe aux sens détournés aux- » quels les mots les plus simples se trouvent plies , aux » rapports presque toujours inattendus , et quelquefois » inintelligibles, qu'une imagination vagabonde sait éta- » lilir entre les objets les plus disparates, on conviendra » que rien n'est plus aisé que de voir dans cet ingénieux » gnlimathias toute autre chose que ce que le poèteapré- » tendu y mettre. — 11 a fallu se borner à remplacer ces !> vers par des lignes de prose où l'on trouvera souvent » que le vide de la pensée n'est nullement racheté par le » mérite de l'expression. Je suis même bien loin daffir- » mer que le sens y soit toujours rendu.
» Nous avons conservé, dit-il ailleurs (tome 2, page » 136), l'ordre des couplets, leurs titres cnigmatiques et » la coupe des vers ; mais nous ne nous flattons mdkment » d'en avoir rendu le sens; et, à l'exception de quelques » phrases qui ne paraissent pas susceptibles de deux in- » terprctations, tVsepourraû bien que la chanson qu'on va » lii'e n'eût presque rien de commun avec l'original. — « Pour le moment (tome 1 , préface, page 67), il me suffit » d'avoir averti les lecteurs qui voudraient s'aider de no- » tre traduction pour apprendre la langue chinoise. »
Il résulte des déclarations qui précèdent, et qui font honneur à la franchise de M. Abel Rémusat, que le roman des Deux Cousines, qui a cliarmé des milliers de lecteurs, malgré la liberté d'interprétation qui s'y montre à chaque page, aurait besoin d'être retraduit et publié en entier d'une manière exacte.
Dans le roman chinois dont nous publions ici la traduction, on remarquera sans doute des expressions hardies ou singulièrement poétiques, et des allusions qu'on ne saurait saisir sans les courtes notes que j'ai ajoutées de temps en temps. Mais on n'y trouvera pas, j'espère, CCS énigmes et ce galimatkias que M. Rémusat a cru voir dans les passages des Deux Cousines, dont le sens lui échappait. Qu'on veuille bien remarquer qu'un Chinois ou un Indien, étranger à nos études classiques, n'aurait pas plus de droit de faire les mêmes reproches à nos auteurs, si, sur le seuil de la langue française, ils y rencontraient, pour la première fois, des noms et des faits empruntés h. la fable et k la mythologie, ou des citations, par exemple, d'Horace, tels que Non missura cutem. — Ecce ilerum Crispinus. — Desinit in pisccm, tic, que nous appliquons, sûrs d'être compris de tous les gens instruits, à un poète insipide qui nous assomme de ses vers, sans nous faire grâce d'un seul, — à l'apparition nouvelle d'un personnage ridicule, — îi une œuvre de la peinture ou de la poésie dont les beautés sont défigurées par de gi-aves défauts.
3'ajouterai, toutefois, pour la justification des personnes
qui ont pu se tromper dans l'interprétation de passages i analogues à ceux qu'a signalés M. Abel Rémusat, que les difficultés qui l'ont arrêté étaient d'autant plus réelles qu'il n'existe jusqu'à ce jour aucun dictionnaire propre à en donner la solution. Cela est si vrai, que les sinologues européens qui résident en Chine, ceux qui parlent le chinois comme leur propre langue, sont obligés, dans le même cas, de consulter un ou plusieurs docteurs indigènes, qui leur expliquent ces difficultés dans une paraphrase vulgaire. C'est ce qui résulte du témoignage de l'habile sinologue, M. Robert Thora, précédemment interprète du gouvernement anglais, à Canton, et aujourd'hui consul-général à Ning-po. « Sans l'assistance de » mon Sicn-sing (mon maître de chinois), ces pages, » dit-il (Préface de la Nouvelle intitulée Wang-hiao- » louûn, qu'il a traduite en anglais) n'auraient jamais » été écrites. » Le P. Premarc lui-même, auteur de la meilleure grammaire chinoise, qui traduisit à»Peking, après un séjour de 30 ans, la prose du drame célèbre de l'Orphelin de la Chine, s'excuse ainsi dans sa préface d'avoir passé toute la partie lyrique de la pièce : » Ces » vers, dit-il, sont remplis d'allusions à des faits qui » nous sont inconnus, et de figures de langage dont nous » avons de la peine à nous apercevoir. »
Cependant, ce même drame chinois fut traduit m entier et publié à Paris, en 1835, par la personne qui écrit ces lignes, et qui, sans avoir jamais mis le pied en Chine où elle aurait pu profiter de l'assistance des maîtres indigènes, n'a dû qu'à une lecture assidue des auteurs et à une infatigable persévérance, l'intelligence de difHcultés réputées jusque-là insurmontables pour des Européens. Son exemple n'a pas été sans fruits, car, peu de temps après, M. Bazin, l'un de ses élèves, aujourd'hui professeur de chinois vulgaire, a pu traduire, sans passer un seul vers, le premier volume du théâtre chinois et la comédie intitulée : l'Histoire du Luth. Je m'estimerais heureux si ma nouvelle traduction avait encore de semblables résultats.
11 me reste à dire quelques mots du genre de publication que j'ai adopté. Suivant le cours ordinaire des choses, ce roman aurait été tiré à 500 exemplaires, et si ce nombre eût suffi grandement aux étudians et aux sinologues, il eût été presque inutile pour donner à la majeure partie du public, sur les ma-urs cl le goût littéraire des Chinois, des idées plus justes que celles qui sont généralement reçues. J'ai cru en conscijuence que le seul moyen d'atteindre ce but, était de recourir à la publicité que peut procurer journal estimé cl très répandu.
Paris, le 24 mai 1845.
STAXISLAS JLXIEN.
BIBLTOTIIEQUE CHOISIE.
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PIiaG CHAN UNG
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LES DEUX JEUMES FÏIXES LETTRÉES,
ROMAN cnnvois.
TBADCiT PAR STANISLAS JULIEN
DE l'institut,
PIU)FE6SEl'l\ DE LANGUE CHINOISE AU COLLËGi
DB rRANCE.
mimm partie.