‹ SatanstoéChapitre 59 sur 194 · TROISIÈME ROUTE DES CARROSSES PUBLICS · texte numérisé non relu

TROISIÈME ROUTE DES CARROSSES PUBLICS

POUR L.l COMMODITÉ DES BOURGEOIS.

On fait à savoir que la troisième route des carrosses publics sera établie le lundi 22* jour de mai 1662, et qu'ils commenceront à partir à six heures et demie du matin, de la rue Montmartre au carrefour de la rue Neuve-Saint-Eustache, et passeront de demi-quart d'heure en demi-quart d'heure par la rue des Fossés-Montmartre, rue des 'Vieux-Augustins, rue Coquillière, rue Grenelle, devant l'hôtel de M. le chancelier, rue d'Orléans, devant celui de M. le procureur-général, rue Saint- Honoré, àlaCroix-du-Tiroir, rue del'Arbre-Sec, devant Saint- Germain-l'Auxerrois, sur le Pont-Neuf, au cheval de bronze, le long du quai des Orfèvres, vis-à-vis la porte de l'hôtel de M. le premier président, rue Neuve-Saint-Louis, sur le pont Saint- Michel, rue de la Harpe, rue des Cordeliers, à la porte Saint- Germain, rue de Condé, et rue de Tournon, jusqu'au bureau, ci-devant établi devant le Luxembourg : où étant arrivés, ils retourneront sans retardement, et par le même chemin à ladite rue Montmartre, et ne s'arrêteront que pour laisser monter ou descendre en tel lieu de la route que ion voudra, et où chacun ne paiera pour sa place que le prix ordinaire. Ainsi ceux qui auront affaire au Sceau, au Louvre, au grand conseil et au Palais pourront se servir des carrosses de cette route.

Pour la commodité du public, en attendant qu'on établisse toutes les autres routes, par le moyen desquelles de tout les quartiers de Paris on ira partout, on a pratiqué que celte troisième route se joigne avec les deux autres ci-devanl établies, savoir : avec la première qui va de Luxembourg à la rue Saint-Antoine, audit Luxembourg et au Cheval-de-Bronze, et avec la seconde qui va de SainlRoch à ladite rue Saint-Antoine, le long de la rue Saint-Honoré, depuis la Crois-du-Tiroir jusqu'au carrefour de la rue d'Orléans. Ainsi, ceux qui voudront aller (par exemple) depuis la rue Montmartre, et ses environs, jusqu'à la place Royale, pourront descendre à laCroLxdu-Tiroir, et prendre un des carrosses qui, de Sainl-Roch, vont à ladite place Royale, cl ainsi des autres. Par ce moyen, on pourra aller de chacun des quartiers de ces trois roules, à tous

ceux des deux autres : et encore, qu'en changeant de carrosse, on soit obligé de payer une seconde fois ; néanmoins le prii est si modique, et la commodité si grande, qu'il n'y a personne qui ne soit bien aise do se servir de cet avantage.

Le désir que l'on a de rendre le public satisfait de plus en plus, a obligé de faire de grandes dépenses pour avoir un équipage dont chacun aura sujet d'être content, seit pour la bonté des chevaux, soit pour la beauté des carrosses, soit pour la diligence avec laquelle ils feront leurs voyages.

On fait aussi savoir que pour empêcher les longueurs des changemens de monnaie qui consomment beaucoup de temps, on ne prendra point d'or.

Et pour éviter tous les inconvéniens qui pourraient donner de l'incommodité aux bourgeois qui se servent desdits carrosses : comme, par exemple, lorsque les cochers refusent de s'arrêter pour prendre sur la route ceux qui désirent entrer dans lesdits carrosses, quoiqu'il y ait des places vides, le public est averti que tous les carrosses tiendront dorénavant huit personnes à l'aise, et que la marque de chaque carrosse sera apposée aux quatre moutons, par un, deux, trois, etc., selon le nombre des carrosses de chaque route, et dans celle-ci les marques sont de fleur-de-lis d'or à fond d'azur. Ainsi on prie ceux qui pourraient avoir quelque sujet de se plaindre d'un desdits cochers de se souvenir de la marque du carrosse et d'en avertir un des commis qui seront aux bureaux aux deux bouts de la route, afin qu'on y apporte les ordres nécessaires.

Les carrosses seront toujours armoriés des armes et écussons de la ville, et les cochers et laquais vêtus d'une casaque bleue. Mais celles de cette troisième roule auront sur les coulures un galon aurore blanc et rouge.

On fait encore savoir que, par l'arrêt de vérification au parlement, défenses sont faites à tous soldats, pages, laquais, et tous autres gens de livrée, manœuvres et gens de bras, d'y entrer, pour la plus grande commodité et liberté des bourgeois.

DE PAR LE ROI

Page 1