LE CARNAVAL
BlASCAnADE
EN KEUF ENTRÉES , REPRÉSENTÉE PENDANT LE CARNAVAL DE iC75.
tSS PAROLES DE DirPtncnS AOTEOaS. LA BUSIQDE DE M. UIX4.T.
Pendant qu'on représentait Thésée à la cour, Lully, pour tenir le public en haleine, en allendant que celte tra^ gcdie parût sur son théâtre, s'avisa de rassembler plusieurs divertissemens de ballets, qu'il avait composes, et d'en former un tout, dans le goûl d'une mascarade. C'est ce qui forme les neuf entrées, dont nous allons rendre compte; mais seulement pour dire d'où elles sont tirées : sans nous arrêter plus long-temps sur son ouvrage, qui ne fut présenté au public, que pour l'amuser durant les derniers jours qui précèdeot le carême.
La 1 " entrée : Les Espagnols, du 3* acte du Bourgeois Gentilhomme.
2' Entrée : Barhacola, paroles de Lully.
3° Entrée : Pourcemgnac, même auteur que la précédente.
4'^ Entrée : Les Italiens, 2* divertissement du Malade Imaginaire.
5' Entrée : Réception, du Bourgeois Gentilhomme.
6* Entrée : Sérénade pour des nouveaux mariés, tirée du ballet de Flore, représenté au mois de février 1 669.
1' Entrée : les Egyptiens, ballet du 3" acte de Ponrceaugnac.
8' Entrée : Maximes de galanterie.
9' Entrée : le Carnaval M).
On ignore les auteurs oe ces deux dernières entrées. (Benserade.)
(1) C'est de cette mascarade que l'Opéra a pris des entrées qui jointes à d'autres divertissemens, ont amusé le public pendant plusieurs carnavals.
ATYS
TRAGÉDIE
REPRÉSENTÉE POUR LA PREMIÈRE POIS A SAINT-GERMAIN-EN-LAYE , DEVANT LE BOl ,
LE 10 JAINVIER 1676.
LD POtKE DB n. QClII4DVr. ta BUMQDS DB V. LS&tV.
Voici un Opéra digne de Oui*ault et de son célèbre musicien. La versilication plus soutenue que celle du poème de Thésée. La musique peut être mise au rang de ce que Lully a fait de plus beau; aussi, malgré la cabale formée contre Quinault (1), toute la cour fut charmée de celte tragédie lyrique. La scène d'Âtys et de Sangaride, dans le premier acte, passa pour un chef-d'œuvre; elle est encore aujourd'hui admirée des connaisseurs. M. de Preneuse dit : « Le premier acte àLÂtys fut trouvé sans doute le plus beau; on doit convenir même qu'il est trop beau par rapport aux autres. La scène d'Âtys et de Sangaride inspire aux spectateurs des senlimens qui s'affaiblissent nécessairement ensuite. L'attention est refroidie
j1) Parmi le riombre de couplets qu'on fit contre Quinault, en voici un qui m'a paru le moins mauvais. C'est une parodie de l'air : D'une conslance extrême.
« D'une constance extrême, Quinault suivant le cours, Va s'embrouillant lui-même Dans le jargon d'amours.
Ne faut-il pas qu'on l'aime, Pour le suivre toujours? »
parce qu'on retournerait volontiers à cette scène. » L'abbé Levilliers n'a pas pensé si juste lorsqu'il a dit :
Slais on rit à coup sûr, quand on le voit soudain Changer leur triste scène en spectacle badin, Et finir le récit de leurs peines secrètes Par les gaillards refrains de fades chansonnettes.
Ce poète, emporté par un prétendu bon mot, n'a pas fait attention que ce sont deux amans malheureux, quoique aimés, qui ont leur raison pour feindre et changer de langage, de crainte que leur secret ne se découvTC. Il y a de la témérité, dit M. Lebrun, h vouloir attaauer des endroits dont les beautés sont presque inimitanles. M. de Saint-Evremont, dit en parlant d'^l^us, la descente de Cibèle a toujours passé pour un chef-d'œuvre. Le sommeil y règne avec tous les charmes d'un enchanteur, le récitatif est parfaitement beau, et plusieurs scènes sont dune musique fort galante et fort agréable. A tout prendre, Àtys a été trouvé le plus beau ; mais c'estlà qu'on a commencé àconnaître l'ennuiquenous donne un chant continué trop long-temps (1)
(1) Saint-Evremont qui avait une idée très fausse sur la mu-
BIBLIOTHEQUE CHOISIE
Dans les endroits qu'on a critiqués de cette pièce, je n'ai point remarqué qu'on ait parlé de la scène du fleuve Sangar, et d'une autre entre Sangaride et Atys.
ATYS
Beauté trop cruelle, c'est vousl