‹ Sathaniel (volume 2)Chapitre 14 sur 14 · RUT£S · texte numérisé non relu

RUT£S

vimine, qUem subito elttium inter turrim murufHqueconstiiuuni) {f^égèce y \ïy, iy. ) sur le sommet des remparts et en livrait Taccès à des fiots de soldats armés qui s'y précipitaient, et descendaient ensuite dans la place , à Paide d'échelles toutes préparées à cet efiPet ; leur descente était protégée par les soldats logés sur rétage supérieur de la tour , et qui accablaient les as- * sièges d'une nuée de traits^ et de pierres. Pendant cette agitation des deux premiers étages , une autre opération s'exécutait au rez-de-chaussée de la tour , rempli de sapeurs et de mineurs qui , hachant et perçant , démolissaient le pied des murs ; et l'on peut imaginer quel travail ce devait être pour des remparts d'avoir à se défendre contre cette triple attaque.

Les assiégés n'avaient d'autre moyen pour éviter cette espèce d'abordage, que d'élever leurs murailles au-dessus de la tour , de manière à faire disparaître le niveau , indispensable pour cette opération : Constat autem inefficax machinarum usus^ si inveniatur inferius. ( Fégèce, liv. iv. )

Il y a aussi une autre invention dont on se sert avec avantage , c'est celle de faire hisser sur le rempart des paniers remplis d'hommes armés, à l'aide d'une machine appelée tollenon y et qui peut se rendre en fk'ançais par le mot bascule. La construction en est fort simple. On implante en terre un poteau très-fort et de la plus haute élévation possible , qui porte une entaille à son extrémité supérieure : Una trabes in terrant prœalta deflgitur. Dans cette entaille , on place transversalement un long mât , qui n'est pas assis sur son milieu , mais de manière qu'il y ait un côté plus long

quf^facilite' le jeu dé la bascule : Cui in summo vertiee^ aliatranaversatrabes: longior dimensa medieiate connectitur; eo libramento, ut si uniua caput depresaeris y aliud erigatur. ( Fégèce, )

A la portion la plus courte , qui est dirigée vers rennemi, on ajuste un vaste panier ou corbeille qui contient un certain nombre d'hommes armés ( in uno oapite de cratibus sive tabulatis contexitur tnachina, in qua pauci collocantur armati) ,* ceux-ci se trouvent rapidement élevés jusque sur les remparts aussitôt que Tautre extrémité du levier a été abaissée à force de bras et de cordes : Nunc per funes uno attraeto, depressoque tUio, capite, elevati imponuntur in murum. On remplaçait , comme je Tai dit dans ce livre, les paniers par des crochets. {J^égèce, )

En outre de ces machinas , il y a encore la tortue, le bélier, Thélépole , la vigne , les mulots.

La tortue ( machine de siège qui ne doit pas être confondue avec celle dont nous a vous déjà parlé), ainsi nommée de ce que dans son ensemble et dans son jeu elle représente assez bien les mouvements de cet animal : Testudo auiem a similitudine verœ testudinis vocabulumsumpait : quia sicut illa modo reducù, modo proferi caput 'j ita machinamentum hoc interdum reducit trabem, interdum exaerity ut fortius cœdat. ( yégèce , liv. i. )

Elle est encore mieux connue sous le nom de bélier^ qui est celui de la principale pièce. C'est un châssis formé de membrures ou madriers, qui sont couverts de cuirs crus , de couvertures de poil ou de pièces de laine pour être à Tabri du feu. Cette construction renferme un grand fk'éne ou sapin revêtu de lames de

fer et dont une extrémité est garnie d*un fer long et crochu , qui sert à arracher les pierres de la muraille , et alors cette pièce prend le nom de fauw ou de iar- . rière ; mais le plus souvent cette poutre , au lieu d*un fer crochu ou pointu , est armée d'une tète de ter ou de fonte, et alors elle s^appelle bélier y ou poutre ariétaire : Et appellatur ariea^ velquod habetdurissiniam frontem qua subruat muros; velquod^ more arietum, retrocedit , ut , cum impetu y vehementius fenat. ( yégèce , liv. iv. )

Cette poutre tient au haut du châssis par une forte chaîne qui la suspend en forme de balance.

Voici comment on s'en sert ; on la retire en arrière autant que possible , à force de bras , et , parvenue à son plus grand éloignement , on la lâche rapidement sur^la muraille , puis on la reprend pour la renvoyer encore. Quand cette machine est vigoureusement manœuvrée, elle est d'un succès infaUlible : ses coups redoublés entr'ouvrent les édifices les plus solides et les murailles les mieux conditionnées : Qua crebritœ te ( velut reciprocifulminis impetu ) œdificiis scissis m rimas , concidunt structuras laxatœ murorum, (Amm, Marcellin.) Et si ce que Ton débite sur les ravages de cet instrument est exact , c'est avec raison qu'on lui donne le nom d'exterminateur: Exterminatorio instrumento ( quod arietem vocant ) facto. (PaulDiac)

Il y a une autre espèce de tortue qu'on appelé helipôle y et dont on faisait grand cas. L'extérieur de la cage est le mê^le que celui de la tortue ariétaire \ mais au lieu de renfermer un arbre mobiie^ celte machine

porte un front armé de pointes en forme de trident Sous cette machine sont renfermés beaucoup de soldats qui la font marcher, avec des roues et des cordes , contre la partie la plus faible de la muraille , où elle ne tarde pas à faire une grande brèche : Collisis parieiibuaadiiua paie facii ingénies. (Amm. Marcellin.)

On se sert aussi d*une machine d'abord appelée vignCy et que le soldat a surnommée ensuite la chatte. C'est une galerie de sept pieds de haut sur huit de largeur et seize de longueur , formée d'une charpente légère avec un double toit de planches et de claies. Les côtés sont défendus par un tissu d'osier impénétrable aux coups de pierres et aux traits , et le tout est revêtu en dehors de cuirs frais et de couvertures de laines. On pose de front plusieurs de ces galeries, sous lesquelles les assiégeants s'avancent à couvert jusqu'au pied des remparts, pour les saper et en préparer la chute.

On se sert aussi de mulots , qui sont de petites machines couvertes sous lesquelles les assiégeants comblent les fossés et aplanissent le terrain au pied des murailles pour faciliter l'approche des tours mobiles et des tortues. Elles sont encore employées à démolir le bas des remparts.

Outre ces machines , qui attaquent le matériel de la place assiégée, il y en a d'autres qui sont dirigées contre ceux qui sont dedans , et surtout contre ceux qui la' défendent : telles sont la catapulte, le baliste, l'onagre, le scorpion, le mantelet , etc.

La catapulte : chacun la décrit à sa manière , et tout ce que nous avons pu comprendre, c'est que c'était une machine à traite dont l'usage s'est insensiblement

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perdu , parce qu^oji a trouvé le moyen de tirer le même parti de la halistej qui a fini par remplacer la catopWto et la faire abandonner.

Le baliste est une machine redoutable qui projettedes pierres énormes , et qui fait aussi l'office de catapulte, en lançant des traits du plus fort calibre , tels que de douze coudées à la distance de vingt-cinq ateules. Elle se compose d'un châssis solide , aux deux côtés duquel sont deux bras solidement arrêtés : Ferrum ifUeroxiculos duosfirmum comptiginaittr, etvastum in modum regulœ majoria extenditur. {Amm. Marcellin , liv. xxii). Entre ces deux bras on s^uste transversalement une large règle de fer bien poli. Du milieu de cette règle sort et se projette en avant un style ou timon de fer carré , et portant dans toute sa longueur une rainure qui est destinée à servir de gîte à un trait : Quadratus eminet sty-lus, extensius recto canalis angusti meatu cavatus. (Ibid,) Enfin , à chaque côté de rinsfrument , il y a une noix ou poulie qui tient une corde de nerfs bien tendue et d'une extrême force. Deux hommes robustes , exercés à cet emploi , relèvent la corde à Taide d'un moulinet , jusqu'à ce qu'elle soit arrivée à son dernier degré de tension sur une entaille fabriquée à cet effet. Alors , avec un ressort de détente, la corde se précipite sur la tête du trait de soixante livres de poids et de douze coudées de long (hctstam duodeetm cubitorum. (Athen,^ in Fita Hieronis), et le chassant à la portée de trois stades , le met en état d'outrepercer tout ce qu'il atteint.

L'effet est si violent que le trait, en s'échappant du canal y fait féu, et qu'il donne la mort avant d'avoir été

aperçu : Ex oculis evolat interdum es nimio ardore scintiUanSy et evenit acepius ut antequam telutn cematuTy dolor lethale vulnus agnoscat. (Végèce,)

A regard de la baliste pierrièrey elle produit encore de plus grands ravages. On en distingue deux espèces, la petite et la grande.

La baliste de petite espèce ne lance que des poids de cent livres. Il en est autrement de la grande baliste , qui projette à la distance de mille pas des meules de moulins , des quartiers de rochers , des pierres de taille du poids de douze cents livres.

Stace dit :

Librati taliunt portarum in ekautra molaret.

On a même trouvé le moyen de lancer à la baliste des boulets , des cadavres d'hommes et de chevaux : Equorum haminumque cadatfera. {Poliarcet., p. 131.) Catapulttê ad viginH eimvl plumbeos gravée globes emisit. A part le bruit que fait de plus une batterie d*artillerie.

Il existe une autre espèce de baliste qui est , dans son genre , aussi redoutable que la grande baliste : c^est celle qu*on appelle scorpUmj mais plus souvent omi^fie ou âne sauvage, parce qu'elle frappe par les œuvres placées en arrière, à la manière de ces animaux. Ea re quod asiniferi , cùm à venantibus agttantur, ita eminus lapides post terga calcinando, ut emittanty ut perforent pectora sequentium, awt perfractie ossibus capita illorum displodant. (Amm. MarcelL Ros.y p. 985.)

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Son effet est d^assaillir rennemi d'une nuée de cailloux , qui , lancés avec la violence de la foudre , distribuent les plus profondes blessures et balayent les remparts avec rapidité, plutôt par la force du jet que par le poids de la pierre : Conouasione violenta^ non pondère, {Amm, MarcelL)

Après ces grandes macbines viennent celles d'un ordre inférieur , telles que le mantelet , Tarc-baliste devenu Tarbalète, la fronde, le scorpion, etc.

Mais nous ne croyons pas nécessaire de pousser plus loin cette description»

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