MACHINES DE SIÈGE
Il y avait deux moyens d'attaquer les places, par l'escalade et par la brèche.
Adeapiendos ^uros sccUœ f>el machinas plurimum valent, ai ea i^wignitudine compactœ fuerint^ ut aUitudinem esffsuperef^t civitaiis» {f^égèce , liv iv.)
Pour Tescalade , la première mesure à prendre était de s^assurer de la hauteur des murs , afin d*y proportionner les échelles ou autres machines qui doivent servir .de conducteur.
Pour obtenir cette mesure exacte , on lançait au plus haut du mur une flèche qui emportait avec elle un long fil , et rélévation de la murs^ille était estimée sur la longueur connue du fil.
Linum tenue et expeditum uno eapiie nectitur in sagitta quœ quum ad mûri fastigium directapervenerit , es meneura Uni murorum altitudo deprehendatur,
(yégècey liv. iv.)
Les échelles étaient de plusieurs espèces : les unes d*une seule pièce ; les autre brisées. Appien appelle ces échelles plicatîles. Elles sont composées de plusieurs morceaux qui peuvent se ployer et se déployer : Quœ piuribuapartibuê constant y et pUcari, rursumque explicari poaaint j aut ipai gradua removeri , et recondi queui in vaginam atipite coeunte, {JuaL Lipa.y Poliorc)
Il y avait aussi des échelles formées avec de fortes courroies de cuir tordu, frottées de graisse aux jointures (Plut, y in Arato), Il y en a en étoupes et en cordes : E aiupeia funihua , instar retia , contexta.
On se servait aussi pour escalader de la tortue-bouclière, de la terrasse , des tours et de la bascule.
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La tortue-bouclière se forme de plusieurs étages de boucliers : Densatis super capiia scufis^primi instabant armaii; alii post hos, ( Amm, MarceU. , liy. xxYi. ) Les étages se succédaient ainsi jusqu^à ce qu^ls fussent parvenus auxpapapets. Jules César employa une tortue à trois étages en Belgique : Nam testitudine parti murorum admota^ quum armati superstantes subissent, propugnat or ihus muro fastigio altitudine œquabantur, ( Cœs. , in Belgic, ) Les tortues pouvaient supporter des chevaux et des chars : Quorum scuta in caput sublatavel currus sustineani, atque etiam equiiibus sint vehendis. ( PoL , p, 51. ) Adeo enim valide firmant, ut super eum homtnes aliquot ingredipossinty itno etiam equi et currus agi. {Dion,)
Appien , en parlant du cheval de guerre , parle de sa tranquillité à se tenir sur la plate-forme d'une tortue. Quietus quando dxpcutn super caput latutn transversum sustentât.
Je suppose que ceci exduse suffisamment le combat d'Euric et d'Armand.
La terrasse est Vagger ou Vaggestus des Latins : Agger autem ex terra lignisgue extoUitur cofitra murum de quo tela jaceret, ( ^égèce , liv. iv , chap. II. ) Ces terrasses avaient quelquefois trente, quarante ou cinquante pieds : Interdum tricenos pedes per quadrum, interdum quadragenos vel quinquagenos. ( F'égèce, liv. rv. )
Les plus redoutables instruments d'escalade étaient les tours ou mobiles.
Ces tours étaient de grands bâtiments assemblés avec des poutres et des madriers , et revêtus de peaux crues
et de couvertures de laine pour les mettre à Tabri du feu de rennemi. Leur bai:' jur devait dépasser les tours les plus élevées des remparts.
Il y avait de ces tours établies sur des terrasses à pied fixe , et dont la fabrication se faisait sous les yeux mêmes des assiégés.
Au siège de Massade , en Judée , Sylla fit élever une terrasse de cinquantes coudées , sur laquelle il plaça une tour de soixante coudées (Joseph, y de Bell. Judate, ) ; Constantin en fit autant au siège de Byzance : Incumbens oppugnationt urbtSf Consiantintu, aggerem œquali aUitudine cum mûris excitansy iurres in eo constitua Ugneasy altiores ipsis mûris.
( Zosim. y lib. II. )
Il y en avait d'autres qui étaient mobiles, et qui approchaient des murs à Taide de roues ou de rouleaux. Elles s'appelaient turres rotatœ, Diodore de Sicile en attribue rinvention à Denys l'ancien : His plures rotcBy arte mecanicay subduntur, quorum lapsu volubili magnitudo tam ampla moveatur, ( f^égèce, liv. iv. )
On avait même imaginé des tours portatives : turres portatilesy ou plicatiles.
Aussitôt que la tour ambulatoire était proche des remparts , on voyait s'avancer de son second étage un pont à coulisses formé de deux membrures , dont l'espace intermédiaire était rempli par des planches ; les deux côtés garnis de clayonnage en forme de parapet. Ce pont s'abaissait ( circa mediam vero partem accipit y pontem factum de duobus trabibusy septum de