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(2S) — ... D'une chanaon à laquelle chaque génération ajoutait un couplet.
( Voir la note 30. )
On a beaucoup disputé sur Torigine de Tarchitecture gothique. Ma£Feï, dans sa f^erana iUustratay Tattiibue à la corruption du goût italien. Nous n*aTons pas la prétention d*entrer dans une discussion que les uns basent sur rimitation de la nature , d*autres sur une pensée religieuse. Pour les uns Taspect des hautes forêts de sapins, dans le Nord, est le principe de Tarchitecture gothique , de ses piliers élancés ; pour d^autres , Tapparition de la religion chrétienne a révolutionné Tarchitecture. En citant un passage de Priscus à Tappui de notre phrase, nous ne prétendons pas avoir tranché cette grande question ; mais nous avons essayé d*émettre une hypothèse qui n*e8t pas impossible.
« Intra illa septa erant multa œdificia ; partim ex tabulis sculptis, partim ex trabibus opère puro eleganter compactis et in rectitudinem affabrè dolatis et politis ; et quœ erant interjecta, lignis ad tornura elaboratîs extructa et composita. Circuli autem a solo in allum assurgebant certa proportione et mensura. »
( Ex Prisci^ rhetoris Gothica historia, )
Du reste , nous avons un monument de Tarchitecture gothique qui date d* assez loin, pour restituer aux Goths la pensée de cette nouvelle architecture. G^est le modèle
du palais de Théodoric représenté sur une monnaie ancienne.
(30) — Falrik prépare les chants dont 11 doit égayer votre festin...
Jornandès , comme on a pu le voir dans les derniers mots de la note 27 , parle souvent des chansons des Yisigoths, et de Thabitude qu'ils avaient de faire chanter durant les festins. Les chansons étaient à la fois leur histoire et leur généalogie. Toutes les fois que les écrivains de ces époques ont à parler d'événements dont ils n'ontpas été témoins, ils renvoient aux chansons où ils sont relatés , et ils invoquent le témoignage des chansons pour affirmer Tillustration des grandes familles. Sidoine , lorsqu'il vante les habitudes modestes de Théodoric, remarque qu'il n'avait pas comme ses sujets de chanteurs , etc.
tt NuUus ibi lyristes, choraules , mesochorus, tympanistria, psaltria canit :
(31) — ... D*où les Vislgoths tiraient leur origine.
Ex hac igilur Scanzia insula , quasi officina gentium, aut certe velut vagina nationum, cum rege suo, nomine Berich, Gothi, quondam memorantur egressi : qui ut prlmum e navibus exeuntes, terras attigere, ilico loco nomen dederunt ; nam hodie illic, ut fertur, Gothiscanziavocatur. »
• ( JarnandèSy p. 83 ; — De Rébus Geticis, )
270 iroTBS.
(32) — ... Aux blanches Tolkiries qui enlevalealdu combat les guerriers morts avec courage.
La religion d*Odin était encore celle des Goths quand Ulphile vint prêcher et traduire récriture sainte ] car Fritigern , allié des Romains , devint le prosélyte d*Ulphile, tandis que le fougueux Athanaric rejetait Talliance de Tempire et le joug de Tévangile. Celui-ci fit promener sur un chariot Tirnage de Thor et de Woden ou Odin dans toutes les rues du camp, et on brûla dans leurs lentes , et avec toutes leurs familles, ceux qui refusèrent d'adorer le dieu de leurs ancêtres.
(33) — ...Décrétée par le troisième édil de l'euipereur Auguste.
Les punitions militaires étaient nombreuses ; celle de monter la garde extraordinairement ( stare per totum diem anteprœtorium) est citée par Suétone ; du reste, Yégèce en donne une liste exacte.
(34) — ... Eu Thonneur du mariage de l'empereur Valeiitlnlen m.
Vers fescennins ( féscennii versuê ). G*était une espèce de vers libres et grossiers qu'on chantait à Rome dans les fêtes et les divertissements, principalement dans les noces. Ce mot , selon Macrobe , est formé de fiucinum , charme. Le peuple croyait que ces vers étaient propres à écarter les maléfices.
Pour donner un exemple de ces poésies, noua citerons
quatre vers du poète Glaudien , dont nous aTons parlé dans le texte :
Dices, ô quoties! hoc miMdulcius Quàm flavos decies vincere Sarmatas.
Tum t/ftsfor madido prosUias toro Nœtumi réfèrent vulnera prœlti,
(Clâud., poés. fisc. 112-120.)
(35) — ... Ces caractères bizarres que Vlphile...
Per Ulphilam episcopum suum arianum (qui litteras Golhicos primus invenit, et scripturas in eorum linguas diyinas convertit ) hujus perfidiae culturam edocentes , omnem ubi(^ue linguœ hujus nationem ad culturam hujus sectse invitavere. »
( Jornandès y De Bebus GeticiSy p. 106. )
« Tune Gulfllas eorum episcospus gothicas litteras adinvenit , et scripturas sacras in eamdem linguam convertit. »
(Isidor. y Chronicon Gothor. , p. 167.)
Il est à remarquer que Jornandès et Isidore donnent tous deux un nom difiPérent à Tinventeur des lettres gothiques : Tun s*appelle Ulphile et Tautre Gulfile.
(36) — Je le reconnais au luxe de sa basterne fermée.
La basterne était une espèce de voiture dont les dames romaines se servaient autrefois. Saumaise , sur le livre de Tertullien De Palio , dit que la basterne avait suc-
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cédé à la litière , et qu*dle en différait peu : que la litière était portée sur les épaules des esclaves, au lieu que la basteroe Tétait par des bètes , tds que des mulets ou bidets , ou des mules.
Le dedans de cette voiture s^appelait cavea, c'est-à-dire cage. Elle était garnie de coussins fort mous qu'on appelait lectiy les lits de la basterne. Les deux côtés étaient ornés de glaces , qui se faisaient d'une espèce de pierre transparente , comme on l'apprend de Pline , liT. xxxY , cb. 22 ; et de Sénèque , dans son ép. xc , et dans son livre de la Providence.
Ce qu'on appelait carrucœ était un vrai carrosse ; nous en parlons dans le second v<dume.
(37) — ... Fit fmpnidemment mouvoir ses bras immeiuet.
« Aliquanti , in castellorumy aut urbium turribus, appendunt trabes quitus y aUquando erectis, aliguando depositis , indicant quœ gerantur,^ » (f^eg.y lib. 3 , n. 50.
a Per signa composita , quasi quibusdam Utteris , edocet intuentis aspectum , in illaque leguntur apices rerum , et non scribendo, facit quod scriptura declaravit. » {Cassiodore Varior. , p. 100.)
(38) — ... Qui tenait à la main son arc enfermé dans un éluî.
« Quem puérile computat gestare tbecatum. » {Sidaine, liv. I , ép. m.)
(39) — Alaric, cet illustre successeur de la maison des Baltes...
Le nom de Baltes vient de Bold (hardi). Jornandès donne la généalogie de cette famille en félicitant Alaric de lui appartenir.
Du reste, il résulte du système de Jornandès que les deux principales familles des Goths étaient celle des Amales et celle des Baltes. Tant que les Goths restèrent un peuple uni, les Amales régnèrent; mais lorsqu'ils se séparèrent en Ostrogoths et en Yisigoths , les Ostrogoths furent gouvernés par la famille des Amales , et les Yisigoths par la famille des Baltes.
Il est difficile de démêler le droit héréditaire que Jornandès semble établir en faveur des familles régnantes , du droit d'élection qu'avait gardé le peuple visigoth. Toutefois , ce droit héréditaire était si puissant qu'un certain Borismond , de la famille des Amales , s'étant enflii de chez les Ostrogoths , soumis alors à la domination des Huns , et étant venu demander asile à Théodoric I<^* , il crut devoir cacher son nom pour ne point alarmer le roi qui , le sachant d'une famille beaucoup plus ancienne et plus noble que la sienne , eût pu craindre de le voir préféré par le peuple. Il résulte de ceci que la naissance n'était pas un droit direct au trône , mais un droit assuré au choix du peuple.
Du reste, si nous avons établi cette rivalité en faveur d'un Balte , c'est que probablement cette famille n'avait pas été éteinte par le massacre d'Ataulphe et de ses six enfants , puisqu'on retrouve plus tard des Baltes dans l'histoire des Yisigoths , et que la famille des seigneurs