TES. 16S
Tout à Bacchttfty à ma mailreBse, Le cœur pakiblo et Mtisfait ,
Je ris, je chante^ et bois «aas ceiae
Quelque those, sll tous ^blt.
Le plaisir est na seule af&ire^ Ma gloire est d^étre un bon vivant.
Êpicure est mon secrétaire, Et Cornus est mon intendant.
Gai cliansonnier, convive aimable.
Je sais mettre le monde en train, Et je passe ma vie à table.
Mon Dieu ! mon Dieu] que j'ai faim î
Quand, hnssant 1» fyre «mottransey Je veux ooBqùérir des lauriers ; Quand, dans mon ardeur bellûfoeusey Je suis le plus grand des guermers.
Je brave t«us les preux ensenhle^ Kien ne peut me cawer d^e&ei : A mon aspect toM Imt, louttïtinble* Ab ! prenez pitié de
Si, dédaignant Téclat des artlies, Par un senUer plus abrité.
Loin du fraca», loin des alarmes.
Je marche k l'îiitmortalîté.
Comme ceux de Tacadémie Pbébus me nourrit en cbemîn Et de nectar et d'ambroisie :
Que n'est-ce un morceau de pain!
7 page 139, vers iZ.
Ou bien brûlant à froid pour sa dame inconnue , Épris d'une beauté qu'il n'aura jamais vue.
LA aéciMAKATtom.
c'en est fait, ahnable inconnue.
Oui, je TOUS aime à la fiireur, £fc c'est en traversant la rue ..
Que TOUS aines ooacpii^ mon cœur.
Voi|s ne m'éooutei pas^ cruelle.
Et vous riez de mon tourment; Régardez:doac, mademoiselle^ .
Je suis un jeune boinme charmimt.
Que cette froideur tous honore Et prouve bien votre vertu !
Il n'est pas juste qu'on 9<lore Celui que l'on n'a jamais vu.
Mais c'est assez, pour votre gloire.
Lutter contre le sentiment ; Maintenant, tous pouvez m*en croire, Je suis un jeime liomme charmant.
Je sais fort bien que sur la mine Il ne faut pas toujours juger ;.
Aussi je Yeux qu'on m'examine, Et vous devez m'interroger.
J'ai de l'esprit, et je me pique D'être discret, tendre et constant; Bref, au moral conuixe sajn physique Je suis un jeune homme charmant.
Mais, ingrate, rien ne vous touche ; Vainement j^e vous peins m^s feux :
Hélas! vous n'ouvrez pa4 la bouche.
Et vous ne levez pas les yeux !
Songez quhin si brûlant délire Peut me causer quelqu'accident ; Et demain, peut-être, on va dire :
C'était un jeune homme charmapt..
* pngt i39 , ver$ la.
Je hais également et Corneille et Pradon.
Pradon , né à Rouen y mort à Paris en 1 698, fîit plus connu par les satires de Boileau^ ^[ue par sept tragédies dont il est auteur. En yoici la liste : Phèdre et HippolyU, Scipion^ SUUira, la Troade, Pértane el Tkisbe, Heguhis, Tamerian, C'était un bon homme sans malice. Un jour, dit-on, critiquant dans un café une de ses pièces, il Ait battu par un officier qui prenait le parti de Fauteur qu'il ne connaissait pas.
9 pëgè t4o« iwrv <S.
Un mensonge pour eux eit une fietion.
Fiction, comparaison ^ ou similitude. Mentir, dit le poète, c'est l'art d'embellir la vérité. Virgile, à l'exemple d'Homèi^ > et le Tasse et rArioste à l'imitation de Virgile, ont &it un fréquent usage de la comparaison. On a blâmé Homère d'avoir comparé Ulysse s'agitant dans son lit, à un boudin qui racornit sur le gril; et Virgile, d'avoir dit que la reine Amate, courant la ville, ressemblait à une toupie ; mais rien de plus gracieux que cette comparaison de l'Arioste :
La verginella è sinile alla rou, Ch* in bel giardSii au la nativa spÎDa Mentrc sola, e sicura ai reposa Né gregge, ne paièor se le arriciBa* L'aura scave, e Talba ru^iadosay L'acqua et la terra al suo favor s'indttaa; Giovani vagb^ et donne ewiaiMirate Âmano aTeme e seni e tempie omate.
Ma, etc.
En poésie comme en prose, lorsquWe comparaison est inexacte ou mal amenée , elle dcTient grotesque.
b'un bon ffioutgcri^ bc ^am.
Sitôt que le froid commence.
Sans aToir peur d'étouffer, A la petite ProTenoe Je m'en vais nw réchauffer.
C'est ainsi que l'hirondelle.
Fuyant les sombres frimas, Jusqu'à la saîaon nouvelle Va chercher d'autres climats.
168 irOTES.
Quelquefms sur la fougère.
Loin du bruit, crainte d'aflîront.
Je donne à ma ménagère Un petit baiser au front : C'est ainsi que la colombe Clierohe les.arbres épais; Si la bergère suecombe, C'est à l'ombre des forets.
Afin de m'omer la tête De faits gentils et nouveaux, Dés que ma perruque est prête.
Je vais lire les journaux.
Je choisis quelque merveille, Pour en Dure les honneurs- :
C'est ainsi qu'on voit l'abeille Pomper le parfum des fleurs.
Sur le quai du voisinage Le soir je, vais m'égayer, Et souvent j'ai l'avantage De voir un chat se noyer.
Je me dis quand il §;ambade Et disparait dans les flots *
C'est ainsi qu'une naïade Se joue au. milieu des eaus-.
Parfois léger comme biche^ Je cours à Ménilmontant ; J'y promène mon caniche Pour qu'il mange du cKiendent i C'est ainsi qu'en Ârcadîe On Toit Damon et Tircis Dans la campagne fleurie Mener paître leurs brebis.
Quelquefois de sa berline Je vois sortir sa Grandeur ; Je m'approche et j'examine La mine de monseigneur.
De ce cordon que j'admire Le prince l'a revêtu : C'est ainsi qu'un cachemire Est le prix de la Ter tu.
«> pagt i4o , vers 19.
Mon , jamais un nMntear ne doit avoir raiaon , Et ce qui n*e»t pas vrai ne saurait être bon.
La diiférence du bon au mauTais, du beau au laid, ■est celle du vrai au faux. Tout ce qui s'éloigne de la Terité est plus ou moins en contradiction avec la raison et la nature, et par conséquent avec ce qui est bien.
II page i4i , vers 3.
Appeler un hëros reflroyable ëgorgeur
Qui traîne sur ses pas le crime et le malheur.
« Les citoyens de Rome sont innombrables, disait un des députés envoyés à Âlaric qui assiégeait la ville l'an 430. — Plus le foin est serré, plus la faux y
mord, » répondit le roi goth.
Comme il proposait des conditions insupportables : « Que Youlez-vous donc nous laisser? lui dit le député. — La vie. »
La guerre, hors le cas de légitime défense, n'est autre chose que le brigandage organisé. E^tterminer les hommes pour conquérir la terre, est un vol à main armée. Tuer les hommes pour mériter la louange des hommes, prouve la foliç des hommes qui admirent ceux qui les tuent.
Les eatégoriefiy ou la division de l'humanité en na-
tionsy est nuisible à tous. Chaque chef de peuple se croit en droit d^en détruire un autre pour Tavantage du sien. Cela n'est pas plus juste que si un p^re de famille égorgeait son yaisin pour enrichir ses enfans.
>' page i43 , vers ii.
Mais, docteur romantique et profés en argot.
Cette question du romantique et du classique semble oiseuse, c'est une querelle de mots ; il n'y a de maurais que ce qui est ennuyeux et immoral; ce qui est bon et utile est toujours classique. Le maarais goût et la sottise ne sont d'aucune école. .
*' jMfi i43, vtrs 5.
Pourquoi payer l'esprit de quelqu' auteur timbre , Quand j'ai pour rien Bobèche avec Galimafrë.
Bouffons qui ont fait long-temps la joie du boulerard du Temple.
i4 fog» i43, ven 9.
Mâôdrame ? un tyran, etc.
Le t jrau dit à la princesse : Madame, j'ai tué mon^ sieur Totre père, madame rotre mère et messieurs ▼os frères; si vous n*étes pas sensible à mon amour, je tuerai monsieur votre fils; si ce moyen ne réussit pas, j*e TOUS mettrai dans un cachot au pain et à l'eau, et si TOUS persévérez dans votre insensibilité, je vous laisserai mourir de faim , car il faut absolument que
vous m'aimiez.
( Extrait titun journal. J
>^ ptigt 1 43 , vers 1 1 .
Hâas ! si je veux voir an bourgeois qu'on achève , J'aime autant m'ëtablir sur la place de Grève.
Ces spectacles sanglans, ces horreurs en prose et en vers, en tableaux et en actes, contribuent encore à démoraliser les classes ignorantes; et Schiller, avec ses brigands vertueux, a fait dévaliser autant de diligences que les Mémoires de Fidocq feront forcer de serrures.
^^ page i43, vert i5.
Ballade ? c'est bien yieux.
La ballade vient du nord. Voyez dans le Ficatre de
Wackfieîây de Gosdmith , la ballade du Nain et du Géant, c'est un modèle du genre | Toyez aussi celles de M. Casimir Delavigne, chefs-d'œuvre de grâce et de goût.
La ballade est ordinairement un court narré de £iils des temps anciens, ou le récit na!f des accidens du hameau.
LA «VIV D»ALAAHBS.
« Ma mère, dormez-vous P l'on frappe : Ma mère, on frappe, entendez-vous P Écoutez Fidèle qui jappe, Âb I ma mère, c'est (kit de nous!
Qui peut frapper à pareille heure P Non, ce n*est pas Jean, mon époux ; Ma mère, il faudra que je meure Si Dieu n'a pas pitié de nous*
J'ai vu tout près du cimetière Hier un visage étranger :
G^est lui qui vient, c'est lui, ma mère, Lui qui vient pour nous égorger*
Les coups cessent! il a peut-être Brisé la porte en ce moment.
Ab ! ma mère, par la fenêtre Jetez-lui vite Totre argent.
Si je Toyais briller l'aurore!
Mais il est à peine minuit.
Ciel ! écoutez, l*on frappe encore :
On parle, entendez-yousP quel bruit t
A la voix, même à la figure.
On dirait : C'est Jean ; msàs bêlas!
C'est son ame, soyez-en sûre.
Ma bonne mère, n'ouvrez pas.
Donnez, donnez-moi Feau bénite ; Nous saurons bien s^il est maudit;, Ab 1 ma mère, il a pris la fuite :
Vous voyez, c^était un esprit. »
Jean s'en fut, et sa ménagère La même nuit reprit du cœur ; Et l'on dit que l'esprit de Pierre Revint et ne lui fit pas peur.
iiA voraB nmm bom.
c Qu'attendez-Tous, gentille bergerette.
Seule k minuit au pied de ce coteau?
Quoi ! TOUS pouvez rester ainsi seulette A pareille heure et si loin du hameau ! >
Ainsi parlait) regagnant sa chaumière, Le jeune Urbain à la nonne des bois ; 11 ignorait que près du monastèire La nonne» hélas! revenait tous les mois.
Ah ! s'il eût su ce qu'était la fillette» Qu'aYCc horreur il eût fîii ce danger!
Mais ne voyait que simple hachelett6 Qu'au rendez-vous délaissait son berger*^'
Sans nul émoi, voilà qu'il va près d'elle, * Et doucement lui veut prendre la main : Sitôt il sent brûlure si cruelle Qu'il lui fiiUut la rétirer soudain.
Sans plus tarder, il court à la rivière, Et jusqu'au col il s'y plonge trois fois ;
Trois fois, c'était beaucoup en telle affiûrey Une eût suffi, et même moins, je crois.
Le feu. cessa, mais il arriva pire.
Et grand miracle,<icoutez bien ceci :
Cette eau soudain apaisa son martyre, Mais le pauvret fut à jamais transi.
Point ne dirai la fin de l'aventure, Car une belle aussi me fidt soufirir ; Elle m'a fait une grande brûlure , Et sans espoir que je puisse guérir.
Or, si jamais fillette vous enflamme, Dudit ruisseau jamais, jamais n'usez :
Vaut mieux brûler un peu trop pour sa dame^ Si* m'en croyez, que ne brûler assez.
Ces ébauches, comme toutes celles qui précédent ou qui suivent, ne sont données ni pour exemple, ni pour modèle ; l'auteur n'ignore pas qu'elles sont très faibles : il ne les a placées ici que parce qu'il n'a pas voulu grossir son livre avec Tesprit des autres ;. et il demande indulgence au lecteur.
«7 pag9 i43 , ver$ i6.
....... Idylle , c'«st bi«D fade.
L'idylle, que madame Deshouliére mit en yogue, est tiMnbée dans un tel discrédit , qu'une seule suffirait aujourd'hui pour ruiner la réputation du poète le plus à la mode. L'idylle est un petit tableau pastoral 4ont le fonds est toujours l'amour avec ses ailes.
Quel est ce petit personnage Qui Toltige sous cet ormeau?
Quel air malin ! quel beau plumage I Est-ce un génie, est-ce un oiseau?
Comme une petite fiiurette Il a deux Jiiles, et pourtant A sa mine douce et jeunette On le prendrait pour un enfiint.
Est-ce l'Amout? C'est lui, je gage.
Ecoutez, petit dieu volage.
Écoutez, venez, n'ayez peur :
Pour être aimé de ma bergère.
Pour toujours conserver son cœur.
Dites-moi donc, que faut-il faire?
L'enfant alors d'un air moqueur :
Il &ut hii plaire.
178 NOTB6.
oiiictea.
D'où lient cet oiseau, Glicèrey Dont TOUS parlez chaque jour, À Faile Tive et légère, £t que TOUS nommez amour l* Se tient-il dans le bocage ?
Est-il gris, ou blanc, ou noir?
Enfin, quel est son plumage , Et ne peut-on pas le yoir ?
Vous dites qu'une bergère N*a pas d'ennemi plus grand.
Qu'il est totïjours prêt à faire Quelque cbose de méchant ; Que le craindre est nécessaire.
Que le fVdr est un devoir ; Ah ! je TOUS en crois, Glicére, Mais ne peut-on pas le toirP
Vous prétendez qull s'échappe Lorsque l'on veut le tromper ; Que c'est lui qui vous attrape.
Lorsque l'on croit l'attraper :
Mais, sans chercher à le prendre.
Puisqu'il a tant de pouvoir.
Ne pourrait-on pas l'entendre ?
Et ne peut-on pas le voir?
Je TOUS cliaBUiis, heureux bocage, Téknôm de son premier soupir ; Je célébrais votre feuillage Qu' embellissait le souvenir.
Pourquoi donc, bocage infidèle^ Quand je vous consacrais mes chants, Prêter votre ombre à la cruelle Qui prononçait d'autres sermens?
Et toi, zéphir, à qui ma lyre Si souvent prodigua ses sons.
Toi, méchant, tu viens me redire Ses parjures, ses trahisons?
Pourquoi, d'une haleine indiscrète Interrogeais-tu les bosquets?
A cette fatale retraite Que ne laissiûs-tu ses secrets?
Vous, colombe trop indulgente.
Vous, si fidèle dans vos feux , Vous vous taisiez quand Finoonstante S'engageait dans de nouTeaux nœuds.
Quoi ! ne saTiez-Tous pas lui dire r Ne partagez pas votre cœur ; Ah ! le plaisir est un délire , Mais la constance est le bonheur.
Un jour, en sentinelle.
Sire Ogier à sa belle Disait en grand secret :
A ce soir, au bosquet !
Et là, sur la fougère, Nous serons deux, ma chère.
Aussit6t une voix Dit : Nous y serons trois.
Le guerrier prend sa lance.
Et, malgré sa vaUlance, Son grand cœur a frémi.
Quel est cet ennemi P Le châtelain peut-être !
Qu'il ose ici paraître !
A ce soir, dit la Toiz ; Ogier, nous serons trois. ,
O funeste inystére I Un crêpe funéraire Couvre déjà les champs; C'est rheure des amans.
Le preux court au bocage. Et de loin, sous ron]d>rage.
Il entendit la toîx Dire : Nous serons trois.
Bientôt parait la dame.
Dans TardeUr qui l'enflamme.
Oubliant les jaloux, Il tombe à ses genoux ; Quand d'une aile légère, Sortant de la fougère, L'Amour lui dit : Tu vois, Ogier, nous sommes trois.
Le rhythme suivant est dû , dit- on , à Henri IV.
Viens, bergère,
Viens, ma chère,
A l'ombre de ces ormeaux.
L'onde pure Qui murmure Invite ici tes agneaux.
Sous Fombrage
Du feuillage Phébus éteint ses rayons.
La fauvette
Y répète Ses amours et ses chansons.
L'hirondelle»
Moins fidèle.
Voltige près di^ ruisseau.
Fugitive
Elle arrive Avec le printems nouveau.
Vois l'abeille
Qui s'éveille, Et cherche le sein des fleurs ;
Vois la rose.
Fraîche éclose, Lui prodiguer ses faveurs.
Pkilomèle
Nous appelé.
N'entends-tu pas ses soupirs ?
La follette,
L'indiscrète Nous révèle ses plaisira.
Tendre amante,
Elle cbante :
Il est doux, bien doux d* aimer!
La cruelle
Ne peut-elle Dire comme on peut charmer?
Le madrigal est tout aussi suranné; c'est une espèce d'idylle de boudoir, de compliment doucereux qu'on adressait directement ou indirectement à la beauté, soit en quatrains, soit en couplets. Au xv^ siècle, quand DeksAus, Marenzio, Palestrini étaient les compositeurs à la mode, le madrigal s^ chantait. Du reste, l'histoire ne cite point de grande passion allumée par le madrigal : c'est la plus innocente .de toutes les poésies..
Sans le respect que j'ai pour vous, On me verrait, je vous le jure.
Cédant au tourment que j'endure»
Mériter tout Totre courrons.
Je ne tous ferais plus mystère D*un feu si charmant et si doux.
Et je deviendrais téméraire Sans le respect que j'ai pour rousi.
Sans le respect que j'ai pour tous, Ouiy je chanterais cette bouche»
Cette Toiz qui plaît et qui touche»
Cet esprit qui nous charme tofis.
J'iraisi dans mon délire extrême»
Enflammé par tos yeux si doux»
Jusqu^à TOUS dire : Je tous aime, Sans le respect que j'ai pour tous.
Etc., etc.
De ces jeunes mondains redoutez la douceur :
Le ciel est dans leurs yeux, mais leur cœur est profime»
Cécile; ils ont la Toix des élus du Seigneur,
On les écoute et l'on se damne.
Qu'il est étroit le chemin du salut!
Qu'une fille jolie, aTcc peine y Toyage !
Pour l'empêcher d'aller au but»
Voyez combien de gens font rage.
Ah I qu'il faut vous chérir pour oser tous prêcher ! Cécile, par reconnaissance, Si parfois yous rouliez pécher.
Accordez-moi la préférence.
Pourquoi se donner tant de peines Pour TOUS faire un couplet bien doux?
Il en est déjà par centaines Où l'on ne parle que de tous.
Dans l'un, c'est une bergerette Qu'un yœu d'amour met en courroux :
N'est-ce pas une chansonnette Faite Tout exprés pour rousP
Dans l'autre un auteur s'extasie Sur l'aimable objet de ses feux :
C'est Vénus, Pallas ou Cinlhie , C'est Flore ou la reine des dieux.
Aussi jolie et moins coquette, Si vous n'avez pitié de nous, N'esl-ce pas, etc.
Ici d'une bouche jolie
On vaute les tendres accens ;
C'est une aimable mélodie
Qui surprend, qui ravit les sens.
Gorydon avec sa musette
Ne produit pas de sons plus doux.
N'est-ce pas, etc.
Tantôt, nouvelle Terpsychore, Plus légère que le zépbyr.
C'est Tbéone qui s'évapore Et ne laisse que le désir.
Les bergères, sous la coudretle, La regardent d'un œil jaloux.
N'est-ce, pas, etc.
Tout soucieux, fatigué de la vie.
L'autre matin, mourir me semblait doux ; Mais aujourd'hui, guéri de ma folie.
Charmante Inès, je veux vivre pour vous.
A deux beaux yeux je dois mon existence ; Grand bien me prit de m'en laisser charmer
Aussi je yeuxy dans ma recounaissance, Charmante Inès, vivre )K>ur tous aimer.
De bien des maux le trépas nous délivre, C'est vérité ; mais, adieu les amours ! Aimer est doux, et je fais tœu de vivre, Cbarmante Inès, pour vous aimer toujours.
*• page i43, vers i6.
J'y rencontre toujours quelque berger milade.
Il fut un temps en Franee où la manie des soupirs avait gagné tout le monde; c'était l'époque de la^ poésie lamentable^ on n'entendait chanter que des bergers mourans.
Où trouver sur la terre Un cœur tendre et constant?
Hélas I si ma bergère A trahi son serment ,
IW' . NOTES.
Adieu, douce souffi-ance.
Adieu, songe trompeur ; En perdant l'espérance.
J'ai perdu le bonheur.
Etc., etc.
Je TOUS aimais, lorsqu'amante fidèle.
Brûlant des feux dont j'étais enflammé, A mes yeux seuls tous vouliez être belle î Comme j'aimais alors j'étais aimé.
Je vous aimais, quand une ardeur sincère Pour vous, hélas ! ne fiit plus le bonheur ; Je TOUS aimais, quand le désir de plaire Vint avec moi partager votre cœur.
Je TOUS aimais, insensible, inhumaine.
Je TOUS aimais rêvant d*autres amours ; Je vous aimais en détestant ma chaîne.
Je vous aimais et vous aime toujours.
VOUS MB rAITBS MOVRIK.
Hélas ! depuis que Rose M'a donné ce baiser.
Je sens là quei<]ue chose Et ne puis reposer.
Rien ne peut me distraire.
Je ne fais que gémir.
Rose, Rose^ ma clière.
Vous me faites mourir !
Quand je la yois paraître, C'est un feu dévorant Qui brûle, qui pénétre.
Et je suis tout tremblant.
Je Tai dit à mon père.
Il ne peut me guérir.
Rose, Rose, ma chère.
Vous me faites mourir !
La nuit quand je sommeille,.
C'est elle que je vois ; Et quand je me réveille J'entends encor sa voix.
Je reste solitaire Et je ne puis la fui^; Rose, Rose, ma chère.
Vous me faites mourir !
jB va vauz piiVS aimba , os hoh i
Je ne veux plus aimer, oh non !
Amour, de ton cruel poison J'ai trop bien connu la puissance.
Dans ma paisible indiflR&rence, Je yeux plaire, je Tenx oharmer ; Mais non, je ne veux plus aimer.
Je ne veux plus aimer, oh non !
Reviens, reviens, ô ma raison 1 Puisque l'ingrate est infidèle.
Soyons parjure, ingrat comme elle .
Cesse, amour, de me consumer :
Oh non ! je ne veux plus aimer !
Je ne veux plus aimer, oh non !
De sa voix j'oublîrai le son,
J'oublirai sa grâce touchante, Cette figure si charmante Que le plaisir sut animer :
Oh non ! je ne veux plus aimer.
Je ne veux plus aimer, oh non i Adieu plaisir, tendre abandon :
Baiser de feu, brûlante ivresse^ Doux souvenir de sa tendresse.
Cessez, cessez de m'enflamme r, Oh non ! je ne yeux plus aimer.
'*'» *9 pag9 i4a, vers 17.
Églogue? les troupeaux ont un lanfage obscur.
O mes chers pipeaux, qu'aycz-TOus?
Ce n'est pas là votre langage.
Je n'entends plus ces chants si doux Qui jadis charmaient le bocage, Et qui du rossignol jaloux Egalaient parfois le ramage.
Vos accords imitent les cris Du hibou, chantre funéraire,
Lonque dans le calme des nuits Sa Toix invoque le mystère.
Les fiiunes qui venaient naguère Folâtrer près de ces bosquets, A ce son plaintif et sévère Ga§;nent les antres des forêts.
Mes chèvres qui, pour vous entendre, Ne pouvaient assez s'approcher.
Vous les voyez, loin de descendre.
Cherchent la cime du rocher.
Vous ne rendez plus la verdure Au coteau brûlé par Phébus ; Ce petit ruisseau qui murmure. Pour écouter ne se tait plus.
Ainsi que Phorrible trompette^ Sombre instrument, triste interprète De la discorde et du malheur.
Vous portez au loin la terreur.
O Pan, si tu me vois fidèle A te consacrer «es chevreaux.
Rends à ma voix, à mes pipeaux La douceur qui charmait Estelle.
Mes cheveux sont blancs, je le voi ; Mais jadis l'époux de l'aurore.
Et Silène, plus vieux que moi,
Dans leur hiver chantaient encore.
Ah .' je sais trop que mes accens N'arrêteront plus la bergère.
La Tieillesse ne saurait plaire.
Pour elle il n'est plus de printemps.
Mais j'imiterai la fauvette; Seule et paisible en sa retraite, Elle chante pour ses petits :
Entre mon chien et ma houlette, Je chanterai pour mes brebis.
On ne fait plus d'églogues depuis Virgile : on voit d'ûlleurs encore beaucoup de bergeries, de mouton* neries; et sur vingt romances ou chansonnettes qui paraissent aujourd'hui, il y en a dix-neuf où l'on parie de chien et de houlette, de Colin et de Colette, de Léandre ou de Biaise.
Dans ce lieu solitaire, Au fond de ce vallon, QueUe est cette bergère ' Au minob si fripon?
Que faites>vouSy ma mie, Seulette au bord de l'eau?
Êles-youfi, je tous prie»
La nymphe du ruiaseau ?
Gentille bergerette^ Venes-¥oas du kamean?
Où donc est laliouleUe, Où donc eftt le troupeau?
Et votre cMen fidèle , Point je ne l'aperçois; Lorsque l'on est si belle, Doit-on aller au bois P
L'ombre couvre la roche, L'oiseaa prend son essor; Voyez, la nuit approche, Et vous restez encor I Â cette heure, ma chère, L'amour est tout-puissant.
Et près de la rivière Le chemin est glissant.
Je devine, fillette, Ce qu'attend votre ceeur i Et cette onde discrète Amène le pêoheur :
La nacelle est légère Et le vent parait frais.
Mais croyez-moi, bergère.
Redoutez les filets.
OVI, MOV0IBVE.
Monsieur, c'est la ferme à Biaise, Que l'on voit sur ce coteau, Et ce Biaise est à son aise :
C'est le fermier du château. Quant à moi, j'ai Tavanlage D'être sa fille, est-ce heureux !
Oui, monsieur, et du village On dit que je suis la mieux.
L'an passé je fus rosière, Oui, monsieur, et j'eus le prix ; C'était bien juste, j'espère, Personne n'en fut surpris.
Comme je suis la plus sage.
Les garçons me font des jeux....
Oui, monsieur, et du village On dit que je suis la mieux.
Ou croit qu'à Pâques, sans faule.
Mon père me marira ; Mais jusqu'à la Pentecôte Je veux songer à cela.
Je pourrais choisir, je gage, Car j'ai bien des amoureux ; Oui, monsieur, et du village On dit que je suis la mieux.
Lorsque je serai fermière.
Si vous passez par chez nous, Venez dans notre chaumière, Je yeux danser ayec vous.
Nous irons dans le bocage.
Nous causerons tous les deux ; Oui, monsieur, et du village On dit que je suis la mieux.
LA CUAUmU AUX OI0BAVJC.
Si vous m'appelez parjure Quand vous tendez les filets.
Les oiseaux, je vous assure, S'enfîiiront de ces bosquets.
Comment Toulez-Toufi les prendre En prononçant de tels roots?
Ne voyez-vous pas, Léandre, Qne ça fait peur aux oiseaux.
Laissez là votre délire , Laissez là cet importun ; Ah ! si vous le laissez dire.
Non, vous n'en prendrez pas un.
Je n'aime pas cet air tendre Quand je suis sous les ormeaux.
Ne vojez-vous pas, Léandre, Que ça fait peur aux oiseaux.
Il se peut bien qu'au village Je vous promis un baiser ; Mais lorsqu'on est à l'ouvrage, Il ne faut pas s'amuser.
Est-ce l'instant de le prendre Quand j'arrange mes pipeaux?
Ne voyez-vous pas, Léandre, Que ça fait peiu* aux oiseaux.
Grand Dieu ! quelle frénésie !
Quel désespoir I quel accès!
Vous ferez quelque foUe
Qui brisera les laccls ;
Quoi! vous parlez de vous pendre
A la cime des ormeaux !
Ne voyez-vous pas, Léandre,
Que ça fait peur aux oiseaux I
*o page i43 , vers i8.
J'aime peu le mouton , surtout quand il est dur.
LA TRAIB ROMAHCB-
Troubadours, chansonniers, suleurs.
Qui feites verser tant de pleurs»
Cessez de chanter, je vous prie, A lai façon de Jérémie.
On n'aime plus cefc chansons-là 5 Et ma romance, la voilà > .
Vive le vin et la tendresse ;
Buvons, aimons.
Rions, chantons, Et narguons la tristesse.
Petits pigeons, petits moineaux, Tourterelles el tourtereaux, Fauvettes, papillons volages, Restes en paix dans vos bocages.
On n'entend que ces oiseaux-là.
Ma romance à moi, la voilà :
Vive, etc.
Plus de rivières, de ruisseaux Dont Zépbir agite les eaux !
De fontaines dont Tonde pure Serpente et doucement murmure :
Je ne vois qu'eau dans tout cela.
Et fi de cette boisson-là ; Vive, etc.
Sans Apollon aux blonds cbevcux, Sans Zépbir toujours amoureux, Et sans l'aurore aux doigts de rose.
Bien des gens auraient bouehe close : Moi je cbante sans tout cela ; Car ma romance, la voilà :
Vive, etc.
Prêcheurs, sermoneurs, orateurs, Qui broyez d'horribles couleurs ; En montrant partout des fantômes Vous vous croyez des Cbrysostômes Mes amlsy ce n'est pas cela.
Le meilleur sermon le voila :
Vive le vin et la tendresse !
Buvons, aimons,
Rions, chantons, Et narguons la tristesse.
** page i44 , v«ri a.
L« chanson, ptsse encor, puisque cela fait boire.
Anacréon chez les Grecs, Horace chez les Romains, furent les pères de la chanson à boire, de la chanson d'amour : chez les Gaulois et les Francs, l'origine s'en perd dans la nuit des temps. Toute chanson doit être gaie, mais sans effaroucher la pudeur. Nous avons à cet égard plus de retenue que nos pères ; la morale et le goût y ont gagné.
STAVCBS BACmiQVBS.
Quel bruit a frappé mes oreilles?
Qui peut causer ces cris joyeux?
J'entends le fracas des bouteilles ; BaccbuSy on t'bonore en ces lieux.
Une douce ivresse me gagne ; Les cris ont cessé, le cbampagne Au loin a lancé son bouchon ; La liqueur coule , l'on s'empresse , On boit, on rit, et l'allégresse A déjà chassé la raison.
Mes amisy qu'on me verse à boire !
Un buveur vient se joindre à vous ; Fils de Baccbusy il met sa gloire A boire, à boire coups sur coups :
Loin de lui la mélancolie, Et l'orgueil et Fbypocrisie, Et le méchant et l'envieux.
Quand Prométhée a fait nos pères, Il s'écria : Buvez, mes frères !
Buvons, obéissons aux Dieux.
Buvons, que des flots de yîu couleut,
Doimont un jour à ia g«Ué;
Avec rapidité s'écoulent
Les heures de la volupté.
Buvons l buvons [ que le tonnerre
Gronde, éclate, frappe la terre,
Renverse et brûle nos maisons !
Pourvu qu'en sa fureur insigne
Jupiter respecte la vigne.
Que nous importe à nous? buvons l
En&ns de Mars et de la gloire.
Soldats, c'est à vous que je bois ; Et pendant cent ans je puis boire.
Si je bois à tous vos exploits.
Pour conquérir toute la terre.
Des buveurs invoquez le père :
Non moins que le fils de Junou, Baccbus est le dieu de la guerre.
César avait rempli son verre Quand il passa le Rubiçon.
ft'BUMBUA «OIAB.
Vainement Thumeur noire Voudrait nous emporter ; Ne puis-je donc plus boire , Ne pui&-je ph» chanter?
De la mélancolie Repoussons le poison; Dieu donna la folie Pour guérir la raison.
S'il est sous la coudrelte Ëncor quelque beauté Aimant la cbansotmetie, L'amour et la {paîté ; Si la yigne prospère Et promet de bons râa, Faut-il qu'on désespère Du salut des humains?
Que le mécbant gémisse, Il mérite son sort ; Quant au coeur sao» malice^ Il doit rire^ et bien fort :
La TÎe est un voyage, Songeons à l'embellir, Et le fou le plus sage C'est Fami du plaisir !
ii*iTaoan.
Sans la treille , La bouteille Et le jus De Bacebus, Ab! que faire Sur la terre?
Mais glou, glou, Glou, glou, glou, On s'en passe Et repasse Par le cou.
Pauvres bommes Que nous sommes !
Que de gens.
De mécbans Nous menacent
Et tracassent !
Mais glou» glou, Etc.
Que de peines Et de chaînes I Que de maux Et de sots !
De manies.
De folies !
Mais glou, glou, Etc.
Des ministres, Gens sinistres , Des traitans Insolens, Nous désolent Et nous Tolent.
Mais glou, glou.
Etc.
La gabelle Et la grêle.
Les soldats
30$ notî:3.
Elles rats»
La censure Qiû rature ; Mais glou> glou, Etc.
Une belle Infidèle, Un cadet Qui nous fait. . .
O calice!
O supplice!
Mais glouy glou, Etc.
Sans être ivre, 'Comment vivre ?
Sans le vin, Quel destin !
' Mais la tonne
Est si bonne ; Et glou, glou; Glou, glou, glou, On s'en passe Et repasse Par le cou.
Epigramme , moyeft auCrefoh Uies boDL
Frat»pé du ciséati d'Atropos, L*e gros Simon tombe sans vie. Soudain certain pédant s'écrie :
« C^e&iXe procumbUhunuhos. »
** jMgtt t44, iwrf 8.
RoUet lui crirait bis et lui tendrait la main.
II est aujourd^iiii tel individu qui pousse la fièvre de faire parler de lui, jusqu'à se dire des injures dans les journaux ; il aime mieux avoir une mauvaise réputation que de n'en «vôk* ftiiéHtte»
*4 jM^ i44 , ver* i3^ Te ToiU poMetaeiir d'une mtttt nouvelle.
Voici la traduction du nom des anciennes : Erato, l'aimable ; Uranie, la céleste ; Calliope, l'élégance du langage; Euterpe, celle qui plait; Thalie, la joie vive , la joie des ftstîtts ; Mèl^oiftiéûê , celle qui se
plait aux chansoiui Potjmme, la multiplieilé des cbanU ; Terpiichore , celle qui aime la daiis«; Clio, la gloire.
La dixième, ou la plu* moderne, est celle du
Te nuTiEnl-il du mot de dél\inl FontaneUe , Qui diHil, de l'hymen redouliol le diDger :
Depuis le premier mariage on a &it des cliansons sur les maris, ce qui n'empêche pas qu'on se marie
L'AMOUK ruttiTir.
La Teille de mon mariage Se préuiDle un jeune garçon.
Occupa du contrat d'uMge, Je lui dis : Allez, mon mignon ; J'ai le curé, j'ai le notaire.
Vous reviendrez un autre jour.
Il s'en alla tout en colère. Et je n'ai pas revu l'Amour.
Ma ménagère, plus prudente, Lui disait bien de revenir ; Et moi, désquej^eus ma patente, Je l'en fis soudain requérir.
Mais en vain ma Yoix suppliante Par huissier réclama son tour; £t depuis (piarante ans d'attente Je n'ai jamais reyu l'amour.
Je voudrais qu'en pareille affaire, Pour éviter toute raison.
Avant d'aller chez le notaire On allât devant Cupidon.
Puisqu'il ne peut vivre en ménage, On le verrait du moins un jour ; Car» pour avoir suivi l'usage, Je n'ai jamais revu l'amour.
*^ page i45, vers lo.
Grégoire , un gUWe en main , maittcre l'auditoire ; Chiméne , entre deux vins , pense comme Grégoire.
Grégoire est un personnage qui doit sa célébrité à la rjmèy Grégoire, boire : sans cet accord de son il ne serait pas devenu le Bacchus moderne.