IS
De plus méchans que ceux qu'on appelle poètes.
Le ciel donna sa tâche à chacune des bétes.
Point d'inutilités 9 toutes ont leur labeur :
L'âne porte le bât, le bœuf est laboureur^
De voisins malfaisans le chat nous débarrasse ; ^
Le chien garde le seuil , il sait combattre , il chasse. ^
Mais 9 je vous le demande, à quoi bon ici-bas
Un méchant barbouilleur qui, faisant grand fracas ^
D'un violon félë qu'il appelle sa Ijre ,
Croit qu'il est un oracle, et que le ciel l'inspire;
Qu'on lui doit des autels, un temple à chapiteaux^
Parce qu'en certain ordre il enfile les mots?
Ou bien , brûlant à froid pour sa dame inconnue , 7
Épris d'une beauté qu'il n'aura jamais vue.
Tourtereau de grenier, il chantera les bois
A l'ombre des ormeaux du quartier Quincampoix*
• Oui , vous avez raison , me dît-on , point de grâce \ Attaquez sans pitië ces frelons du Parnasse Qui , vains imitateurs des eufans d'Apollon , Déshonorent le Pinde et le sacré vallon. »
Qu'ui-je entendu? grands dieux ! à la phrase hypocrite ^ Je reconnais un fils de la race maudite ; Un poète est ici !... Mes amis^ garde à vous! Je vois quelque malheur prêt à fondre sur nous ; Pent-étre un impromptu que le traître prépare. Lâissez-moi repousser cet oiseau du Ténare ; Helas ! j'en ai tant vus ! je sais à mes dépens Comme on peut quelquefois se garer de leurs dents.
Hhbien ! monsieur l'auteur ; car^ jele vois^ vous Fêtes } Vous m'abandonnez donc tous les mauvais poètes? £t moi je vous dirai : Je n'en vois pas de bon^ Je bais également et Corneille et Pradon : ^ Si même entre les deux il est un choix à faire ^ C'est ^ je vous le dis net^ Pradon que je préfère. — Il ne vaut rien. — Tant mieux ^ aucun ne le lira^ Et c'est au moins du temps que l'on y gagnera. Qu'est-ce cpie l'art des vers? une vaine manie ^ L'art de tout embrouiller, de gâter le génie, De mettre en quatre mots ce qu'on peut dire en un. Dans un torrent de sons noyer le sens commun ,
140 GONTRi: LES VERS.
Faire prendre au lecteur , en torturant la prose , L'esprit pour la raison et l'ombfe pour la chose. « Phébe, reine des nuits ^ sortant du seîu des mers^ De son disque argentin éclairait l'univers ! » Voilà de leur jargon une phrase commune ; Dites-moi , comité Agnès ^ qu'il faisait clair de lune : Si cela n'est pas beau, du moios cela s'entend : Quand on parle , je crois, c'est le point important.
Mais rien n'est bon che» eux, lorsque la chose est claire :
Habilea à gâcher, agiles à mal iaire ,
Ils sont au vigneron qui presse le raisin
Ce qu'aux bords de la Seine est le marchand de vin.
Frelatant le bon sens, délayant la morale.
Tout va changer de nom dans leur langue Ëntale ;
Un mensonge pour eux est une fiction ; 9
C'est l'art d'imaginer, c'est de l'invention.
Grand dieu ! faire d'un faux un trait de rhétorique !
Et moi j'adopterais une telle logique?
Non , jamais un menteur ne doit avoir raison , ^^
Et ce qui n'est pas vrai ne saurait être bon.
Ne Êiut-il pas ceat ibis être inspire du di|d)le
Pour Caire un demi-dieu de quelque misérable ?
Appeler im héros Tefirojable ëgorgeur * '
Qoi traîne sur ses pas le crime et le malheur ;
Le yanter, l'applaudir^ prôner son caractère
£n raison du dëgât qu'il a fait sur la terre?
Ah! combien ce bandit a frappe d'innocens^
A brûle de maisons, a ravage de cbamps,
Pour que son nom , suivi d'une rime plus riche ,
Figurât noblement au bout d'un hémistiche !
Et qu'un de ces brouillons, cële'brant ses combats,
Comptât ce qu'il coupa de jambes et de bras !
Le guerrier n'est vaiUant qu'au son de la trompette ;
Où naquit un he'ros il était un poète.
Homère chante Achille ; Alexandre paraît :
Le barde du désert enfante Mahomet.
Et ce fabricateur de pcrûde louange D'un démon incarne qui va créer un ange , Qui célébrant Laïs et ses nombreux écarts , Peuplera par ses vers la ville de bâtards ;
Corrupteur inspiré^ détestable empirique ^ N'est-il pas un malheur ^ une peste publique?
En tous pays, dit-on , Ton fait cas des auteurs ! Hé ! le diable lui-même eut ses adorateurs* Op, je veux qu'ils soient tous ennemis du scandale^ Vertueux, excellens, sublimes en morale, Qu'ils aient par leur savoir réformé l'univers , N'est-il donc pas au monde, helas! assez de vers? Quand je vivrais cent ans, je ne pourrais les lire ;, £t si l'on a tout dit que reste-t-il à dire?
Mais, docteur romantique et profès en argot, '* Je commente le welche et je traduis le goth ^ J'exhume Tabarin et fais la trilogie.
— Soit I que donneras-tu? consulte ton génie» Les poèmes chez nous toujours ont paru froids : On lit, classique ou non, le Cuisinier bourgeois; C'est un livre du moins qui nous dit quelque chose.
Comédie? à la queue à regret je m'expose.
Sans biUet à la porte on reçoit chez Mignot ; Il est fort amusant depuis qu'il est dévot ; Puis je connais Corinne à Tœil mélancolique : Ses larmes , ses soupirs sont d'un fort bon comique. Ponrqaoi payer l'esprit de quelqu'auteur timbré '^ Quand j'ai pour rien Bobèdie avec GaHmafire?
Tragédie? ab ! déjà ta pièce m'est connue ! Il s'agit de tuer , tûra-t-on? et l'on tue !
Mélodrame? un tyran, une belle , un niais , '^ Suivis d'un échafaud, entouré de ballets. Hélas! si je veux voir un bourgeois qu'on achève, '^ JTaime autant m'établir sur la place de Grève ; C'est tout aussi moral et plus édifiant ; Ici l'homme de bien n'est pas le patient.
Ballade? c'est bien vieux; «^idylle? c'est bien fade; '7 J'y rencontre toujours quelque berger malade. '®
Ëglogne? les troupeaux ont un langage obscur. '9 J'aime peu le mouton , surtout quand il est dur. ^°
Fable? d'un moucheron que m'importe l'histoire ? La chanson? passe encor^ puisque cela &ît boire. ^'
Ëpigramme? moyen autrefois assez bon '*
Pour mourir en hëros sons les coups de bâfdn ;
Mais^ aujourd'hui le cœur est moins tendre aux injures;
A peine la satire y fait quelques piqûres ;
Et Despreaux lui-même y y perdant son latin ,
RoUet lui crîraît bis et lui tendrait la main. '^
Je suppose avec toi qu'en chaque genre habile Tu sois un Dëmocrite, un Sophocle, un Virgile? A quoi te servira cet esprit radieux?
Seras-tu plus content? eu dormiras-tu mieux? Te voilà possesseur d'une muse nouvelle ; ^ Te souvient-il du mot de de'funt Fontenelle '^ Qui disait y de l'hymen redoutant le danger : « Je suis assez de moi pour me faire enrager. » Une muse n'est pas si facile à conduire ^ Et ce n'est point gratis ^ mon ami, qu'eUe inspire. La dresse est coquette et d'esprit conquérant;
Si tu yeux du léger^ elle t'offre du grand. Préteods-tu fredonner quelque couplet bachique ? D'un long alexandrin , d'une scène tragique , Elle va mechammeut entourer ton cerveau ; Pour ti'ouver tes huit pieds tu te mets tout en eau , C'est en vain , la cruelle à son but te ramène ; Tu veux chanter Grégoire et tu chantes Ghimène. Dieu sait ce qu'il advient du malheureux conflit I Auteur, muse, héros , nul ne sait ce qu'il dit : Grégoire, un glaive en main> massacre l'auditoire ; *^ Chimène entre deux vins pense comme Grégoire.
Enfin à la raison mettant la déite,
Tes couplets sont finis. L'esprit et la gaîte
En ont tracé les vers, dignes de prendre place
Dans FAlmanach de Liège ou TËcho du Parnasse.
Tu £ûs une supplique au savant éditeur,
Et le tout doit paraître avec le nom d'auteur.
Le grand jour arrivé, tu vas chercher l'ouvrage;
A la table déjà tu demandes la page ;
Dun doigt impatient la séparant d'un trait, >,
Ta trouves ton dief-d'oeuTre au verso àa feuillet.
Quel honneur! le plabir brille sur ton visage ;
Tu lis j mais quoi, tes yeux se couvrent d'un nuage !
Qu'as-tu vu? juste ciel ! un imprimeur maudit
A-t-il omis le nom de l'auteur inédit?
Ou ce prote sans goût , trop prompt à la besogne ,
A-t-il ^rit Sarenne où tu mettais Bourgogne ?
C'est bien pis ! l'ëditeur, poète à sa façon ,
A la taille du livre a tailla la chanson.
Et rëglant sagement le sujet sur la marge ,
A tranche deux couplets pour laisser l'autre au large;
Est-ce là tout? voiJà bien des cris superflus !
Pour deux couplets de moins il t'en rend trois de plus ;
Vois cet autre chef-d'œuvre^ et jouis de ta gloire.
il a tout corrige^ c'est un morceau d'histoire;
Tu te croyais ultra , te voilà libéral ,
Et tu vas dès demain figurer au journal.
Déjà maître Rapin vient d'affiler sa plume :
Tu seras, grâce à lui, le plaisant du volume ;
Son éloge ironique et ses gros quolibets
Vont mettre l'écrivain et ta gloire au rabais.
Ta muse c^ependant , qu'un peu d'orgueil transporte ,
D'un the'âtre rojal voudrait franchir la porte ;
Il lui faut une pièce , il la fisiut à tout prix.
Méditant^ ruminant k l'aide des amisi
Quel sera ton sujet et le lieu de la scène ?
£st-ce Lacedemone? est-ce Argos? est-ce Athène?
Oreste, une autre fois reprenant sa fureur^
Va-t-il frapper Ëgiste et retrourer sa sœur?
Rendant à Menélas son antique conquête ^
De quelqu'autre fleuron orneras-tu sa tête?
Non y tu feras le choix de rôles plus nouveaux ^
Et dans sir Walter Scott tu trouves tes héros.
Les Grecs et les Romains n'ont plus cours sur la place.
C'est dans le Kirkudbright qu'est le nouveau Parnasse.
Pendant six mois entiers^ au Gervante écossais Te voilà jour et nuit demandant des succès ; £nfin f après ce temps ta muse romantique Accouche d'un poupon au front académique. Heureux père ! aux Français va vite le porter.
Mais dès le premier pas y qui vient donc t'arréter ?
Le portier du tripot ^ un fidèle AUobroge^
A senti le cordon frissonner dans sa loge ,
Et soupçonnant soudain Tapproche d'un auteur.
Il crie : « Où va monsieur? » Au mot inquisiteur.
Avec un air riant, tu lui montres l'ouvrage.
Le fait a confirma son funeste présage ,
C'est Tennemi. « Monsieur î » Tu fais un second pas.
• Monsieur ! - Je suis auteur. - Auteur! on n'entre pas . • '
Pars donc, cours invoquer quelque puissant confrère
Qui veuille dire un mot au royal commissaire.
Après ui> an d'espoir, de démarches , enfin
Victoire! c'en est fait, on te lira demain.
Exacts au rendezr-vous, tes juges ont pris place ; Ton manuscrit est lourd, plus d'un font la grimace ! Que leur mauvaise humeur ne t'épouvante pas , Un jurj littéraire a les nerfs délicats. Autour du tapis vert s'étend l'aréopage , Ici le verre d'eau , le sucrier d'usage. Déjà sur le papier que chiffonne sa main Chacun vient d'apprêter le fiital bulletin..
Avant de commencer^ réclamant Tindulgen ce ,
Au noble comité tu fiiis la révérence.
Par un petit discours préparant les esprits ^
A tes maîtres tu viens demander des avis.
Ils sont accoutumés à cette politique ,
Tu pouvais t'épargner tes frais de rhétorique.
Va, lis comme il te plaît^ sans gène, sans effort,
Nul ne t'interrompra; Fun bâille, l'autre dort. **
Un troisième , peut-être occupé d'une affaire ,
Fait, tout en t'écoutant, son courrier ordinaire ;
Un autre, en cent façons retournant le tapis.
En fait, défait, refait les coins et les repHs.
Celui-là, s'agitant sur sa chaise curule ,
A chaque demi-quart invoque la pendule.
Au dénoûment enfin te voilà parvenu.
Tu sors. Deux jours après ton destin t'est connu.
Une lettre t'apprend que l'intrigue est savante.
Que le style est parfait, que la pièce est charmante ;
Mais que le comité n'a pu la recevoir.
Ne t'abandonne pas, mon cher, au désespoir ;
Va trouver de Fejdeau quelqu'auteur harmonique , Et mets ta tragédie en opéra-comique :
Qu'au profit du caissier le produit soit perçu.
Grâce à Texpédieuty ton ouvrage est reçu ; Bientôt ton tour arrive y et déjà la censure DeMeux actes sur trois a fiût une coupure. Les rôles sont donnés ^ un illustre chanteur D'accepter le premier t'a fait l'insigne honneur. Il est vrai qu'à sa guise il a refiût la pièce ;
Il est un certain mot qui le choque et le blesse , Et partout où paraît le mot malencontreux , ^ Ordre d'y suppléer par quelque tour heureux.
Tu ne peux obtenir l'actrice principale ^
Hélas! elle a trouvé ton intrigue immorale ;
Un tel sujet la trouble et blesse sa vertu ,
Du parterre elle craint quelque sot impromptu.
Mais sa doublure est bonne et veut braver l'oracle.
Bref; on va te jouer , tu peux crier : miracle !
Il a fallu trois ans courir et t'essoufiBer
Pour obtenir le droit de te faire siffler.
Aussi dû prîyilege il faut que tu jouisses ;
Va y gentil troubadour, à l'ombre des coulisses |
Recréer ton oreille au bruit de certain son
Qui iait cabrer Pégase et gémir Apollon.
Mais redoute surtout la fureur chromaticpie ''
Du savant professeury Amphion narcoti({uey /
Qui pleurant ses bémols que gâtent les sifflets , '*
Do sforzendo maudit accuse tes couplets.
Hâte-toi, mon ami, d'échapper à l'orage \
Hélas ! s'il te mordait dans son accès de rage ,
Du germe musical dès lors empoisonné,
Mieux eût valu pour toi de ne pas être né.
Car devenant soudain doublement frénétique,
Il £iudrait t'enfermer pour sûreté piddique.
Ton ouvrage est mauvais, supposons qu'il soit bon: Lorsque tu seras mort à quoi te sert un nom? Penses-tu que Racine aujourd'hui s'embarrasse Du Théâtre-Français et de ce qui s'j passe? Dans l'autre monde, en paix, le bon homme, je crois,
15k2 contre les VERS.
Ne songe guère à George ou bien à Duchenois f Le feiiiltetou du jour assez peu l'intéresse ; On pent l'estropier sans que cela le blesse. Pourquoi donc à rimer maigrissait-il , bêlas? N'aurait-il pas mieux fait de mourir gros et gras ?
)ib ! que ne pouvons-nous revenir au vieil âge !
Dans ces jours fortunes le monde était plus sage ;
On ne savait pas lire, et Ton mangeait des glands ,
Tout était bien alors. Ah! c'était le bon tems!
Si Dieu nous envojadt un homme de génie.
En vains gazouillemens dépensait-il sa vie?
Il se rendait utile et célèbre au hameau,
Il inventait la pelle et trouvait le râteau. ^^
Je vous demanderai y bonnes gens que vous êtes,.
Si le ciel ici-bas n'eût fait que des poètes ,
Hél mes pauvres amis, où donc en seriez-vous?
Ce globe semblerait le royaume des fous ;
Oui, vous seriez cent pieds au dessous de la brute! ^
L'homme n'aurait pas même un asile, une hutte,
Et moins que l'animal qui se creuse un terrier.
Dans la première mare il irait se nojer. Victor, ce fier rimeur dont tout Paris rafFole,^ Ne sait pas distin^er ud ecu d'une ebole ; Alicourt^ jour et nuit ne faisant que songer, Oublîra femme ^ enfans, le boire ^ le manger. Quelques uns sont mechans. Un homme que j'estime ,, Subitement û-appé d'une fièvre de rime, Un matin fit des vers et m'en fit confident ; C'était une satii^e: il veut, auteur prudent, Obtenir mon avis ; et moi^ juge équitable , Je convins franchement que c'était détestable. Voyez quel fat le prix de tant de bonne foi? 11 dirigea soudain sa pièce contre moi , Et nouvel ornement de son œuvre sublime ,
Mon nom vint remplacer le héros anonyme.
Je ne me fâchai pas , je l'avais mérite ,
Régenter un malade est une cruauté.
Comme j'avais péché, j'en dus porter la peine ,^
Et pour sa guérison je fis une neuvaine.
Si j'hérite jamais de quelque capital,
Je veux pour les auteurs fonder un hôpital : Je veux sur Charentou en prendre le modèle. Quiconque aura prouve son défaut de cervelle ^ Bref, aura fait des vers, quel qu'en soit le sujet. Sera par ordonnance admis sous le guichet. Là, malgré les verrous, si sa muse se glisse , Qu'on prëpare une douche et qu'on la rafraîchisse. Le mal empire-t-il? le remède est-il vain? Qu'on saigne le malade une fois par dizain. En dépit de Broussais, s'il j revient encore. Qu'on lui donnç aussitôt quatre grains d'ellébore , Et qu'un bon sinapisme , applique sur la peau, Des miasmes sanguins dégage son cerveau. Malgré tant de secours et de soins charitables , Ah ! je crains bien encor qu'il n'en soit d'incurables.
Pour éviter le mal ne lis jamais de vers.
Quant à moi, si jamais je gagne ce travers.
Je consens qu'à l'épaule à l'instant tu m'appliques
La marque de l'ouvrage en lettres italiques ,
Et qu'en place de Grève , entre deux publicains ,
On m'expose en piein jour avec mes vers en maiiu Au cas de récidive, en quelque académie'^ Qa'on m'enchatne siégeant le reste de ma rie ; Enfin sur mon tombeau , pour exciter l'horreur, Que l'on Ànive en bronze : Ici gît un riroeur.
OKDs^vska iLas ^a^S;^
oU$.
1 page i37 > vers 6.
C'est-à-dire en français : place , place à l'auteur l Mon Dieu, que j'ai d'esprit !
Un poêle associé écrivait à son collaborateur « J*ai autant de talent que vous, mais je suis beaucoup plus modeste. »
■ page i37 , vert 9.
11 est dans l'oniTers de trîttes animaux.
LB COHSBIL DBS SIHGBB.
Je ne garantis pas Phistoire Que je vais ici tous conter ; Et s'il est honnête d'y croire , Il est très permis d'en douter.
On nous assure qu'à Lutèce, Un jour Jacot, singe savant, Ayant rassemblé son espèce.
Prononça le discours suivant :
« Assez long-temps, singes mes frères, On a vu d'injustes rivaux.
Sans considérer nos manières, Nous mettre au rang des animaui.
Examinez votre visage, Voyez comme je suis bâti :
Jupin fit Fhomme à son image.
Sans doute il nous y fit aussi.
15a NOTES.
Je puis prouver ce que j ^avance.
Je puis le prouver par témoins :
Croyez-en mon expérience.
Vous êtes hommes pour le moins.
Vous êtes tous dispos, ingambes, Vous avez deux pieds et deux mains, Et vous marchez sur vos deux jambes Tout aussi bien que les humains.
Ordre à tous nos compatriotes D'être en habit bien ajusté; Nous ne mettrons pas de culottes Pour plus grande commodité.
Les gens d'esprit ont le teint blême , Et le front chauve et dépouillé ; Et nous, ce qui revient au même, Avo|)9 U diirriér^ pelé.
Pour ne point trotter sur la terre Comme les chiens et les chevaux.
Nous forcerons quelque confrère A nous voiturer sur son dos»
Au lieu de manger la grenaille, On se nourrira de fi*ieot :
Nous engrawserons la veluUe Et puis Bou» la mettrona au pot.
Nous aurons dtès singes de lettres Dont l'esprit nous endormira; Nous en aurons de géomètres y De chimistes, et cœtera...
Nous aurons des singes oomicpies Pour faire rire et digérer; Nous aurons des singes tragiques Payés pour nous faire pleurer.
Nous aurons une ocur 4'asaîse8y La cbamiftre haute et la (larquet ; Nous aurons des singes d'églises»
Des singes portant le mousquet:
Arec nos humaîna oamarades Comme il finit de l'égalité.
Pour avoir avaai nos malades Nous aurons une Faculté.
Je fais défense qu'on a'agrtfRs : Au lieu d'aller, dans nos détmts, A coups de dents, k coups de griffe
Nous étrangler comme des cbats y Sans pfais tarder, il (aut qu'on fesse De bons outils à un tranchant.
Pour nous égorger avec grâce Et nous découper proprement.
Quand un beau jour vous voudrez faire
Un hérider de la maison.
Vous vous rendrez chez le notaire
Pour lui conter votre raison ;
Et de différer cette affaire '
N'allez pas courir les hasards.
Car, je vous le déclare en frère,
Vous fericB des singes bâtards.
Ici, dans tAua tant que nous sommes Je ne vois point de roturiers ; Vous me semblés tous geatilsbommes.
Car vous avez quatre quartiers.
De vos façons peu délicates Sachez partant vpiif corriger ; N'allez ja^uiis à quatre pâtes»
Et jous peine de dérogç^*. %
NOTES. lat
Jacot 86 tut) et l*audience Approuva fort ce beau projet; On résolut, en conséquence, De fidre ainsi qu'il le disait :
Mais de notre humaine existence Apres Tessai d*un jour ou deux.
Ils Tirent par expérience Que yiyre en singe valait mieux !
3 pags i37 , v€ri lo.
Mais je n'en connais pat de plat Ttint , de plot toi», De pins méchant.
Quelqu'un a dit : On a remarqué, à la honte de l'humanité, que, lorsque le muletier avait dispute avec son mulet, c'était toujours le muletier qui avait tort.
4 page i38 , vo'S 5.
De voisina malfaisant le chat noua dëbarratte.
Mahomet avait uike considération' particulière pour
son chat ; on lit dans VAleoran qu'un jour il coupa la
manche de son cafetan, pour ne pas troubler la mcdUtation de ce fidèle crnupagnon. M. de Gh..., r-envoyé du ministère, disait à son angora : « Alkuis, Affinety nous mangerons des souris. »
^ page i38 , vers 6.
Le chien garde le seuil , il sait combattre , il chasse.
Frédéric-Le-6rand croyait que les chiens avaient. une faculté merveilleuse de discerner les caractères. d'homme, et il avait de Taversion pour ceux contre lesquels ils aboyaient obstinément.
* page t3t, tett S.
Un méchant barbouillenr qui faisant grand fracas. D'un violon féltf qu'il appdle sa Ijre.
Imitez ma douce folie, Mes bons amis, soyez joyeux.
Saches galoMBiit passer la vie El profiter des joors heureux.