‹ Satires, contes et chansonnettesChapitre 2 sur 28 · IM · texte numérisé non relu

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C^n^eiU.

Ut0 Ql.ùn^Hl0.

SATIRE PREHIERE

Mon frère , au oom de Dieu^ veuillez bien mVcouter. Comme je suis l'aîne, j'ai droit de re'genter. Le ciel à tous les deux, faute d'autre héritage. Nous a du sens commun accordé l'avantage ; J'en ai su profiter, et je puis aujourd'hui Vivre, et vivre assez bien sans le secours d'autrui. Quand vous êtes pourvu de la même ressource. Pourquoi ne pouvez-vous arrondir votre bourse? Pourquoi, depuis vingt ans, travaillant jour et nuit, Êtes-vous aussi gueux que le bon Dieu vous fit?

— Helas ! je n'en sais rien ; je suis honnête et sage ; L'ordre et Tëconomie habitent mon ménage;

Je n'ai jamais d'un sou fait tort à mon prochain : Je ne suis point joueur^ je n'aime pas le vin.

— Ëh ! je sais tout cela ; pourtant je dois vous dire Que vous n'entendez rien^ mon frère, à vous conduire^ Et que vous finirez, après maint embarras,

Par venir un matin me tomber sur les bras.

— Ah ! pour vous préserver d'une telle disgrâce, Mon frère, dite&-moi ce qu'il faut que je fasse !

— Oui, je vous le dirai : défaites-vous d'abord De cet. esprit trop franc; qui pfirtOut vous fait toirt, J'aime la vérité : j'ed î^i^ cas, je l'admire; Quand j'y yois.dM profit, toujours elle mlnaplre^ Mais c'est aussi, messieurs, éfcre trop obligeans Que d'aller la jeter à la tête des gens.

Si chacun se piquait d'éjtre aussi .charitable, La ville, de no9 jours, ne serait pas tenable; . J'aimerais mieux cent fois vivre au milieu des loups, Messieurs les gens de bien, que de vivre avec vous. Apprenez à mentir'. — Quoi! vous voulez, mon frère,.

LES GOKSEILS.

Que j'appelle Midafi.un Gorneille, un Molière ; Luc UD homme de hieUf Roc un homme poli, Marphore un Mal^sherbe^ et Pasquin un Sully ! ^ — Ouï, certes, je le veux, pretendes-vpus en f$ce Chapitrer mon5eigneur?Tant ^'un homme est eo place , C'est toujours un grand boiiime;^ on lui doit du reapeet : Quiconcpie en parle mal à mes jeux est suspeet. Quand l'idole est tombée^ alors plus d'iudulgeuce! Fenne! alleZ| Tenges^vous de votre complaisance , Dites que c'est un fo^rbe^ un être sans pudeur : Je vous applaudirai, mon. firôre, de grand cœur. Mais, avant ce momesiti gardez^ vous de médire, Et montrez-TOus l'ami de celui qui peut nuire : Vous saurez, quelque jour, si ce conseil est bon. — - Voici, ne vous déplaise, une ëtrdage leçon. Si je vois du mérite à démasquer un trahre, C'est avant que ofaÎKmn ait pu- le reconnaître ; C'est lorsqu'à )*attaque^ il eist. quelque danger. "-^ £t vous serez le Ibu qui voudra s'en charger î acquérir sans përil le prix de la victoire, l^elle est, monsieur, tdi^ e§t la véritable gloire.

Laissez qnelqu'îiiseiifié frapper les premiers coups : S'il réussit, alors vous direz que c'est vous.

— On ne le croira point. — Il faudra le redire.

— Mais on se moquera. — Permis aux gens de rire. Vous le répéterez et vous crîrez plus fort :

Quand on a la voix bonne, on a rarement tort. Sur l'art de s'illustrer nous reviendrons ensuite. Examinons d'abord quelle est votre conduite. Et ce que vous devez à vos rares vertus. Vous aviez une place, et vous ne l'avez plus. ^

— Je fus destitué, j'en conviens : mais, mon frère. Est-ce un reproche encor que vous voulez me faire? Davis est accusé par un homme puissant ;

Les faits sont controuvés, Davis est innocent ; De l'esprit de parti l'on reconnaît l'ouvrage. Et pour perdre Davis on veut mon témoignage. Devais-je le donner? — Eh! monsieur, pourquoi non? Quand un homme est ministre, il a toujours raison ; Il faut croire en aveugle à tout ce qu'il atteste, Aimer ceux qu'il chérit, haïr ceux qu'il déteste. Il vous sied bien, vraiment, pauvre petit commis,

De TOUS croire meilleur que le fils de Thémis, De vouloir contre lui défendre Finnoceneei Et prétendre juger mieux que sa conscience! Qd demande un témoin et non pas un avis, Vous deviez témoigner contre votre Davis. — Il était mon ami. — C'est en quoi je vous blâme; Sachez donc une fois commander à votre ame : U nous &ut des amis qui nous fassent du bien ; Comment aimer les gens de qui Ton n'attend rien? Aimez moi Duvaudor ; riche grâce au Cent-Treize, Il n'a point d'héritier, sa poitrine est mauvaise. Il doit, dit le docteur, mourir incessamment : U pourra vous donner place en son testament. Aimez encore Orgon^ il peut rendre service : U est duc, il est pair. Je sais que certain vice Fait que son amitié n'est pas en grand honneur; Mais on ne doit pas croire à cet excès d'horreur. Haine à la pauvreté! Retenez la maxime, Il faut que l'amitié se fonde sur l'estime; Et peut-on estimer, quand on calcule un peu, L'homme qui veut jouer, et ne met pas au jeu?

Oreste financier, avait un camarade ;

Mais pour les pauvres gens il n'est pas de Pilade.

— Eh bien! mon frère, eh bien! j'adopte vos raisons :

Ne plaçons, notre coeur qu'en de bonnes maisons;

Mais plaire aux rois du jonr n'est pas chose facile.

— r C'est aussi dans cet art qu'il faut vous rendre habile,

Cessez donc de pâlir sur vos livre!) savans.

Et pre'ferez aux morts l'étude des vivans;

Laissez là Xénopbon^ Aristote, Tacite ;

Homère fera-t-il bouillir votre marmite?

En serez-vous plus gras d'ouïr les gens crier

Que vous'Savez le grec ainsi que feu Dacier?

Si vous ne voulez point être maître d'école, ®

C'est prendre bien du mal pour de la gloriole.

Le premier des beaux arts est l'art de s'enrichir. î j Or donc, près du pouvoir voulez-vous réussir?

j Muni ssei^vous d'abord d'un esprit pacifique.

j De faire le héros est bien fou qui se pique;

j Chassez la vanité, mettez l'orgueil à bas ;

Soyez aussi rampant qu'Oronte ou Barabas ;

En toute occasion^ applaudissez au mliître ;

Toujours à son caprice habile à vous soumettre,

Accordez bien vos uevb à son diapasoD.

Ne dites jamais oui, quand il aura dit non ;

Trouvez à ce qu'il fait tine grâce parfaite j

S'il croit dire un bon mot, soUld^a qu'on la r^èle,

Et, s'il est quelcpte trait qu'il se plaise à eiteF|

Deux cents fois, s'il le faut, &itefr*lfr^lui ceater.

A-t-il du bel es{^i{ là secrète manie?

A travailler pour lui forcez vôtre g^nie^

Et rendez grâce à Dieu d'un utile travers.

Mais il ne sufEt pas de composer ses vers.

Il faut) c'est le grand poiut^ que vous lui fissiez croire

Qu'il en est seul l'auteur et qu'il eé a la gloire.

Est-il époux? sachez de sa tendre moitié

Avec le plus grand soin ménager l'amitié.

Mais surtout point d'amoi^r, et là dame fôt-elle

Douce comme Laïs^ plus aimable et plus belle ^

Gardez-vous l^ien d'aller exposer votre cœur :

L'amour est en affaire un mauva» ditrecteut;

Toujours à l'eiiuemi le perfide nous Uvre.

Que la Bible vous o0re un .bel exemple à suivre !

Si Joseph eût aimé la dame Putiphar^

S'il avait du plaisir savoure le nectar.

Eût-il été ministre, et, pendant la famine,

Avec si beau profit revendu la farine?

Tout hébreu qu'il était, il se conduisit bien ;

Il n'aurait pas mieux &it s'il eût été chrétien.

Imitez ses vertus, le ciel en récompense

Un jour vous donnera quelqu'emploi de finance.

Vous pourrez comme lui devenir fournisseur ;

Ah! que la fourniture a chez nous de douceur!

Qu'on j vit grassement! mais gardez-vous de faire

Comme certains voleurs d'orgueilleux caractère,

Qu'on voit sur leur butin monter et se hausser :

L'homme sage et prudent sait prendre et se baisser.

Nous n'en sommes point là; quand de son excellence

Vous aurez par vos soins gagné la confiance,

N'allez pas pesamment lui dire ; Donnez-moi.

Demander nuit toujours; chargez de cet emploi

Un voisin obligeant, qui, moyennant salaire.

Car on n'a rien pour rien, songez-y bien mon frère S

Ira près du patron célel>rer vos vertus,

Et répéter les mots entre vous convenus.

Il se plaindra dn sort qui repousse du faîte

Un citojen si bon, une si forte téte^

Qaand l'Europe est en feu, quand l'Etat chancelant

Réclame les conseils et Fappui du talent.

n dira qu'il est juste et même politique

D'accorder quelque chose à l'estime publique.

Pois y si le yent est bon et l'instant opportun ,

U peut lui proposer de déplacer quelqu'un 7 :

Les emplois sont pour tous, mon frère , et le scrupule

En cette occasion serait fort ridicule.

Grâce à cet heureux plan, sans bruit et sans éclat.

Vous voilà directeur et conseiller d'Etat.

Alors, sans plus tarder, que la moisson commence :

 votre bénéfice exploitez la dépense ;

Qu'un utile zéro, savamment ajusté.

Ramène l'abondance et la prospérité.

Point d'écrit superflu,^ point de vaine parole*,

Un peu d'encre su£Bt pour enfler le Pactole.

Que de nobles palais, de monumens pompeux

Doivent leur origine à ce liquide heureux !

Des rois mémeS| des rois c'est la vaste ressource ; Et Tencrei du pouvoir est aujourd'hui la source. Mais c'est un e'iemeat où l'on peut se nojrer, . Une mer ou parfois il vous faut loiivt>jer;i" « ' La rage d'imprimer bien souvent peut nous nuire : Mefiezr-vous surtout du godt de lie satire. Libre, je vous dirais : AusC dépens des petits < Riez si vous voulez ^ moquez- vous de Fortis ; Criez contre Philas; d'une pareille engeance , On peut, sans s'expeser, défier la vengeance; Et vous leur rompriez les jambes et'les<bras, Que l'avocat du rov ne «s'en fiicberail pas. Directeur, soyez bon, ^du moins dans ies gnzettes : Faites publiquement tout le bien' cpie tous faites ; Promettez, donnez peu, ne protégez jamais - > Que les gens en état de payer vos bteiiÊiits. > Quel que soit votre cult^ ou votre oonscîence, Ne parlez pas. du prince aTé^c imév'érenee; Songez que. le ministre a 'des bontés pour 4ui. 9 Cependant du d^fimt ménagez^ousi l'appui.

Mais adieu, car J'^entend» i'fatture mnnicîpale ;

Four première leçon, c'est a«sei de morale. Sur tant àe vérités, pensex et méditez : Je TOtis en dirai plus si vous eo profitez.

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oUs U r^^uUnr.

« page 5.

Si cette pièce et les suivantes sont désignées sous le titre de satires , c'est que l'auteur n'a pu leur en trouver un autre. La satire doit avoir une vigueur de coloris , une énergie de pensée qu'on ne rencontrera pas ici ; mais la dénomination d'épîtres ne convenait pas y et celle de boutades eût été trop vague.

Les sujets pourront peut-être aussi paraître bien vieux , bien usés ; cependant ils datent à peine de deux ans. Aujourd'hui les événemens se succèdent si rapidement, les heures marchent si vite, que le livre qui arrive un jour trop tard semble être de l'autre siècle.

* page 6 , v«r« • i .

Apprenez à mentir, etc.

Un jour Simon vint se plaindre en justice Que son voisin l'avait nommé fripon ; 11 déclara qu'il en aurait raison ,

Car il l'avait fait par malice.

Le juge manda le voisin ,

Et lui dit : c Est-il vrai y compère ,

Que» dans un accès de colère. Vous vous êtes servi d'un terme. . . . » — C'est certain ,

Vous ne pouvez nier l'affaire ,

S'écria Simon ; elle est claire :

Avouez donc. » Le bon homme avoua ,

Et le juge le condamna.

Simon , touché de ce service ,

Applaudissait à l'équité.

« Je n'ai fait là que mon office y

Lui dit le juge avec bonté ;

Le voisin aimant à médire ,

Ce châtiment pourra l'instruire ;

Il saura que la vérité

N'est pas tous les jours bonne à dire. »

Un proverbe arabe dit : Apprenez à votre langue à

dire Je ne saù jhu , si tous ne voulez être bientôt convaincu de mensonge.

Marphore un M aleslierbe , et Pasqninao Sallj. ^

Marphore et Pasquin n'ont pas perdu leur ancienne réputation. Le pape, à son retour de Rome , se plaignait des Romains qui avaient suivi le parti de Bonaparte. A ce sujet, Marphore disait :

Papa santo in che abbiam peccato ?

Yoi Pavete unto , e noi l'abbiam leccato.

En quoi, Saint-Pére, avons-nous donc pécké? Vous l'avez oint, et nous l'avons léché.

Voici une autre épigracmme moins connue , qui parut a l'occasion de la déroute des Napolitains :

Pulcinella mal contento , Desertor del reggimento, Scrive a mamma, a Benevento, Délia patria , il trist evento :

« Movimentiy parlamenti, o Grand fermenti, poco argentin

m Armamento , e nel oimeVito « Tra spaveiito e tradiatento « Mène pento ! ntene penio !

« Siam fuggiti conié il ^ehto.

« Maimna cara , mamma bella , « Prega Dio per Pulciiielta. »

Ce qui peul être traduit ainsi :

Polichinelle mécontent»

Déserteur de non régiment f - Écrit deux mots vite en couraiit

A sa maman*, & BéfaéveAl : ^ ^'

« Grand mouvement , grand parlement , « Grande faim , grand besoin d^argcnt , « Grand armement , grand dévoûmeat !

« Nous avons fui comme le vent.

« Maman, j'en suis encor tremblant f « Je me repens sincèrement, ft Belle maman y bonne maman, « Priez Dieu pour votre Fanfan. »

* P^ 7 » '»*''' ^' Oui , certes , je le veux t prëtendet-¥Out en face Chapitrer monaeignear? Tant qu'Hun homma e»t en place. C'est toujours un grand homme.

IiB TAMBOUa.

Je connais un petit homme Qui y partout tambourinant, A tous les gens que Ton nomme Va faire son compliment :

Rantamplan, rantamplan, Rantamplan, tamplan, tamplan.

Robin est nommé ministre , C'est un grand eTénement ; Voyez comme il administre !

Pour monsieur Robin-le-Grand Rantamplan, etc.

Il est tombé , c'est encore Un bonheur plus étonnant.

Et c'est rhomme qu'on adore Qui goufeme maintenant.

Rantamplan, etc.

NOTES. îl

Les ennemis sont en France , C'est heureux assurément ; YWent notre déliTrance Et le Russe et rAllemandl Rantamplan , etc.

Pour ne point payer la dime Qui nous causait détriment , Nous patrons tous le décime , Âh ! quel heureux changement !

Rantamplan , etc.

Les rentiers font une affaire

Dont le bénéfice est grand ,

Au lieu de la somme entière

Ce n'est qu'un tiers qu'on leur prend.

Rantamplan, rantamplan, Rantamplan, tamplan, tamplan.

' p€igt.%, vers lo.

Vous a-viei une place , et Yons ne l'aves plus.

J'occupais un mince emploi , Emploi de province ;

J'y vivais moins bien qu'un roi Et même qu'un prince ;

Apres vingt ans un matin On fait maison nette.

AhJ me voilà libre enfin:

Ma fortune est faite.

Sans qu'un inspecteur maudit

Me lance anatbéme, Je puis déjeuner au lit

Et diner de même.

Je pourrai chanter l'amour

Et la chansonnette, Ou bien dormir tout le jour

Ma fortune est faite.

Je n'entendrai plus la voix

D^un préfet sinistre y Me crier : A bas les lois \

Vive le ministre!

Je puis aimer mon pays

Sans que l'on me fouette , Et rire avec mes amis :

Ma fortune est faite.

Je ne suis plus obligé

A maintes grimaees; Avant que d'aroir mangé

De dire mes grâces.

Lors de -la fête du lieu,

Sans mettre ma brette , Je puis prier le bon Dieu :

Ma fortune est faite.

Au lieu de tenir bureau

La journée entière »

De lire un sot bordereau

Et la circulaire* t Les deux pieds sur les cbenets ,

Dans ma maisonnette , Je rimerai des couplets :

Ma fortune est faite.

Si TOUS ne Tonlez point être maître d'école.

« O TOUS qui élevez la jeunesse , pédagogues de la Hollande, de la France et de l'Angleterre , s'écriait lord Byron, je vous recommande de donner souvent les étriviéres à vos écoliers. »

7 pagt 1 3 , vert 8 «( 9.

Puît , si le yent est bon et l'iastant opportun , 11 peut loi proposer de déplacer quelqu'un.

Il fut un temps où les poules battaient les coqs , alors les ânesses voulurent les places d'étalons.

* page i3 , Vert 18.

Point d^^rit superflu , point de veine parole.

LB SBcaav.

Chut! écoutez... faites silence!

Écoulez bien... parlons tout bas:

C'est un secret, de la prudence!

Paix ! doucement, n'en parlez pas.

Pour mériter ma confiance , Bouche close , close à jamais ; Craignez d'en faire confidence , Ne dites rien , silence! paix !

Dans tous les temps il est facile De dire ce qu'on n'a pas dit;

Maïs du secret qui court la Wlle

Bien adroit qui se ressaisit.

Ah ! que d'un peu de défiance

Ici-bas Ton se trouve bien !'

Ne parlez pas , chut ! paix ! silence !

Silence donc! ne dites rien.

En tout lieu personne discrète

Est sûre de plaire à chacun ;

On cherche , on aime , on rante , on fête

Ce qui partout n'est pas commun.

Vous plairez si tous savez taire

Un secret, secret s'il en fut:

Paix donc ! discrétion , mystère :

Paix 1 taisez-vous ! taisez-vous ; chut !

L'Haumiuz CBOiz.

Je ne suis point de ces gens peu galans , D'autres diraient de ces méchantes gens ,

Criant partout : La femme est bavarde et coquette !

Fi donc ! loin d'attaquer un sexe si charmant ! A le louer ma voix est toujours prèle.

Respect aux dames! Hautement

Je soutien3 qu*il en est sur ceiitj En comptant bien , .une discrète ; Quelquefois deux , rarement il Qst vrai ; Mais enfin la chose se trouve , Et si mon histoire le prouvç Je crois qu'aussi je le croirai.

Certain sultan avait vingt femmes ;

Vingt, c'est bien peu pour un sultan.

Il était vieux , les pauvres dames

Ne veillaient pas deux fois par an.

Aussi vint-il dans la tête au bon homme Que ces beautés demandaient trop de soins , Qu'il valait mieux les renvoyer ; en somme, N'en garder qu'une , et promettre la pomm*

A celle qui parlait le moins.

A dure épreuve on met les demoiselles.

Las ! pendant douze heures mortelles

Il faut se taire. On en rira;

Imposer silence à vingt belles , C'était folie, et pourtant Zémira

Ne parla point. Il l'épousa,

Il le devait. La noce faite ,

Je ne sais trop ce qu'il advint.

Mais il araif femme discrète :

£n Toilà donc une sur vingt

Il est vrai qu'elle était muette.

9 page i4, vers 18 el 19.

Ne parles pas du prince avec irréyérence ; Songes qae le minitlre a des bonlët pour lui.

Dans une monarchie bien organisée, le roi n*a autre chose à faire que prier Dieu pour le succès des entreprises de ses ministres.

Chez un peuple où les lois seraient toujours bonnes et jamais contestées, il n'y aurait pas besoin de rois, ni même de ministres ; les juges de paix suffiraient pour l'application de la fégle.

Dans un gouvernement représentatif, c'est une centaine d'élus ou d'éligibles qui font la loi et exploitent la nation à lear profit. Dans un goavememe#t absolu, ce sont deux, trois, quatre , cinq ou six privilégiés, plus ou moins, que la foule nomme courtisans, favoris, maîtresse ou confesseur. En résumé, à fort peu d'exceptions prés I les rois ne commandent nulle part , pas même à leurs valets ; mais si lesdits valets font une sottise, on coupe la tête au roi, ou on le chasse , et l'histoire dit que c'est un tyran ou un imbécile.

Aujourd'hui les sceptres et les trônes sont à la baisse ; on ne se bat plus pour en avoir, et même on en refuse souyent. Dans cinquante ans , et bien plus tôt peut-être , il n'y en aura plus en Europe, et pro« bablement les rois y auront renoncé ayant les peuples.

Si j'étais le roi d'Angleterre , J'aurais de bons rasoirs anglais , Et, n'ayant rien de mieux a faire, Toutle jour je me raserais.

Si j'étais le czar de Russie , J'aurais un lit bien rembourré , Une robe chaude et garnie.

Avec un bon bonnet fourré.

Si j'étais le roi de Hollande ,

Je ferais mes quatre i*epa8

Avec de la crème flamande *

Ou bien du bon fromage gras.

Je me décrotterais les bottes^ Si du Piémont j'étais roi.

Et je montrerais des marmottes Qui ne sauteraient que pour moi.

Lorsque le roi de Naples appela les Anglais à son «ecours , parurent les couplets suirans :

IiB DÉCROTTBVA A««IiAI«.

Frottez , bon courage , Brossez, mes enfans, Au royal cirage On Tiendra long-temps.

Pour graisser l'empeigne Il n*est plus que moi ; Voici mon enseigne :

Décrotteur du roi.

Quand le roi se crotte 11 me dit : Garçon , Tire-moi ma botte , Et frotte , luron.

Je lui réponds : Sire , Tendez les jarrets, Et je vous le cire Au cirage anglais.

Avant qu'on revienne

Du pays lointain,

Je cirais à Yieiiiie Lb frère Germaiù; Mais la marchandise Ne prenait pas tant| Et l'œuf à sa guise Étaitplu&liiisaAt.

Parmi ses confrét'es Gela lui fit tdrt.

Les potiles sont chères.

Les œufs sentaient fbrt.

L'un voulait la brosbe , L'autre le pihcëàii.

Et tout ce négoce Mit l'enseigne à l'eau.

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