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POUR DBUZ 80VS.
Ce n'est pas pour la cQuconheii' / ...t ,• , Que je rime y non vraim^nli;. . ... , 'r.*» • Je ne dispute à poNonne! >« .>.<> .. • < »i Le noble prix du talent. .. j.if »>-... ') Pauvre auteuc^ mince {mèlc); . ■'■ u -] y ^ Je suis le dernier de tous ; Chanson ; chant et chansonnette, ' •:^ i ''. On peut choisir pour deux sou6. •
Ce n'est pas, qtioiqa'oî^ t^ïi disl?,"'^^^'* ' • ^ L'esprit que je^frispttyéT; " '^' J En voyant la marchandite', ' ' ' ' * Bien des gens pourraient «^ièt;. ' '' " C'est le papier; t^efaiî ta {ilttitiey ^ ' ' - > ''^
49é CHAfi SONNETTES
C'est mon encre , vojrez-vous ;
On peut choisir pour deux sous.
Si vous craignez la romance y Si la chanson vous dëpl^tt.
D'un morceau de résistance Nous trouvères le sujet.
Conte I poème , él^es ; • Il en est pour tous les foâls $ Opéras et tragédies , On peut choisir p^mtfàtmi sons.
Au plus gros çiDW^4U9tt)>iep yi^i,
Celui-ci dit : C'est le jnoR;;
La pièce la plus petite
Pour l'autre çst p\vi je 4fiM>l|t
Moi f laissant dans vp^ bpuU<|ue
Pleine liberté pour Um^
Je répète à la pr;9^iqne :
On peut choisir pppT ipm^ spp^»
DU ViBfUX TOBiE.
^oubi-voQ» nnoîmear éatpiême D'aller au sacre vallon?
Pour deux sous est le poème , Pour trois on j met son nom.
Peut-être à Facademie Gela vous conduira tous.
A deux sous donc le ffenie,- On peut clioislr pour deux sous.
La nuit fiijaity déjà brillait Taurore, Dëjà Phebus éclairait rnnivecs ; .
Amant heureux^ Zéphyr éveillait Flore ^ Et les oiseaux commençaient leurs concerts. . La vielle au braà^ sur le dos son bagage , Lors cheminait un malheureux chanteur \ En soupirant il s'assit sous l'ombrage , Et par ces mots exprima sa douleur :
« Ces chevaliers qui jadis par la France Allaient chantant la gloire et les amours ; Aimés des rois et chers à la vaillance ^ Étaient de gais^ de gentils troubadours. Nous qui comme eux allons de ville en ville, Chantant comme eux^ mais vendant nos chansons^ Comme eux préchant l'agréable et l'utile. On nous appelle, hélas! des vagabonds.
« Dans les châteaux s'ils pinçaient de la lyre Pour égayer quelque noble baron,
• ■ • Il
DU VIEUX TOUIE. 49Î
NouS| dans la rap ou i^hactm nous adnire^ Jouons de l'orgue i»o bien: du itjmpaoon. Que savaient-ils? fredonner un canlique, dbanter encore ^ et puis recommencer; ^ousy variant de mode et de musique, N^ous nous taisôiis, ou nous faisons danser.
I ■ - • «il
« Ils se croyateat dei sa vana .pârsonnagcs ; - S ■ , -i £n traits nouv^ea^i^ ils joMintraient leur eaprit^i ' u Simples f dans oMs.y 'piaètes Jiîen pluis sagest , i . * . Nous ne disons que ce quer roo.a.4ilhi > !
C'étaient leurs vers qu'ils voulaient toujours dire , Pour l'auditeur voyez quel embarras î
Ils inventaient et ne savaient pas lire ; Nous savons lire et nous n inventons pas.
« Dans leur refirai n. qai partoq t ^ resflfembie , > * < A
Ils conac|iUai»ntfaux>geilsde^'a9Soniiiier. .; .> *
Nous les -pTtioss.die .vivret Jbàeb ^enfibinhle ^
En bons voiAinî«y'4eae-voir^- de a'atiiler-.v «. • . . . j
Aux frais du maître , ou baron ou baronne , |
Au lit À'bof^neW' cbaeuivd'eux-s^i nstallai t^ !
498 CHANSONimTTES
Nous préférons , pour ne gêner personne y A nos dépens coneher an eàbsret.
« Le troubadour ne fêtait que sa belle ; Nous célébrons mille et mille beautés.
Ils ne vantaient que sa vertu eruelle , Et nous disons leurs douces charités.
Le plus souvent inconnus sur la terre , Il falliiii bien en croire leurs rapport» ^ Point ne chantons sanls un or^re du maire > Et sans avoir éiontré nos passeports,
• On les voyait pour la moindre fadaise Battre le monde et la fiamberge au vent. Nous n'avons pas l'humeur aussi mauvaise, Et loin de battre , on nous bat très souvent. • Ainsi dbantait sa déplorable histoire Un pauvre artiste, honnête homme sans pain;- Plaignez son sort et donnez-lui ^onr boire. Si vous voulez qu'il ne meàre de fiiim.
DU VIEUX TOEIE. 499
Monsieur, laisiKei-ftioi , je Vcmftprië, Je sais bi^n tnalbeii^eu^è , b^laft I On vous dit cpie je suis }6Kéy Mais f Monsieur, ne \é cfojH pas.
Je ne suis qu'une pauvre fille Qui retourne an pays fiatàl; ' Non , non, je ne suis pas gentilfe, Ah I ne tné faites pas de mal.
Des beautés digneé die vous ]|)la(rè
Se disputeront votre cœiir ;
Ah ! veuillez nié rendre à ma mère ,
Et vous lui rendret le bonheur ;
En ce moment elle m'appelle ,
Ignorant qu'en ce lieu fatal...
Non , Monsieur, je ne suis pas belle ,
Ah ! ne nie faites pas de mal.
Si vous saviez par quelle ruse Us m'ont coofliitl ià| .les liiéchins ! IMas ! monsieur I on vous abuse Si l'on vous dit que j'y consens.
Ce n'est pas 4e l'or quç j'espère»
Non 9 non y ce cœur n'est pqft.V/énaU Oui y je préfère nia misera ; Al^ ! ne me faites pps de mal.
D'an mot vous sé^ietçz. mes larmes, DiteS| pour cs^Upiçr mon eifiro^, ,, Qu'à vos jeux je.n'ai.paa de c^^^n^es^ , Que vous ne voulez pas de moi.
Vous jurez quf^ je sujs cjbi^rip^nte , O Dieu ! c'est mon arr/St fatal !..
Laissez-roqi mourir innocente !
Ah ! ne me faites pas de mal.
, %$AHiX% ,
Ah 1 dites-moi., je V0UI9 çn prie |.
D'où venez-vous, pauvre Isabeau?. . , i Mon Dieu ! q^e vou^s êtes inaigrie l . . > • Qu'avcz-vous fait loin 4^ .hameau? . ', . t Helas ! et vous croyiez naguère Qu'à la ville on était si bien ; Serait-on mieux dans la chaumière?
Isabeau, vous ne dites rien .
Autrefois vous ^tiez contente , Et vous riiez de si bon cœur^ Aujourd'hui pensive et souffrante | Vos traits respirent la douleur.
Pour vous prier, sous la coudrette Venaient Léoui Paul^ Adrien.
A présent vous restez senlette ^ Isabeau, vous ne dites rien.
Pourquoi chacun duule village En Toui voyant parle-Uil bai?
Isabeau, n'étes-vous plus sage?
EIi quoil TOUS ne répondez pat!
D'où Tient qn'aojonrd'hui votre mère En pleuraAt refiue Julien?
Julieo , qui paraiuait vous plaire ; Isabeaa , vous ne dites rîen .
Xai vu nattre l'aurore A Tombre de ces bois ^ Je viens la voir encore Pour la dernière fois.
Chante y chante, ô fauvette , Sous ces arbres touEEus ; Redis ta chansonnette , Je ne l'entepdrai plus.
Fontaine qui murmure, Naïade de ce Ueu , Coteaux I rochers, verdure, Je vais partir, adieu !
Chaumière où je suis née.
Témoin de mes beauit^ours La pauvre abandonnée, Vous quitte pour toujours.
Adieu! douce Liroadelle, Tu fuU de oea climats , A la saison nouvelle Ven eux tu reviendras.
Comme toi, voyageuse Pour dea lieux inconnus, Je pars ; mais moins heureuse , Je ne reviendrai plus.
Vivent Saint-George et l'Angleterre !
Vive le parlement anglais !
On connaît sur toute la terre
Sa politique et ses bienfaits.
Je chanterai ce peuple aimable ,
Dont je suis l'un des baronnets ^
Et ce climat si délectable
Ou l'on a toujours le teint frais.
Vive notre façon de vivre !
A table ^ on lâche le bouton.
Est-ce à Paris où l'on se livre A cet agréable abandon ?
Après un dîner misérable^ Au salon on se rend , chez vous } Mais chez nous^ pour sortir de table Doucement on glisse dessous.
Dans vos repas on fait usage
De poulardes et de chapons ;
Mais ces animaux sans courage
Amolliraient des coeurs Bretons.
Nous vivons du fruit des batailles;
Ainsi s'entretient la valeur,
Et nous ne mangeons de volailles
* Que des coqs morts au champ d'honneur.
Lorsque nous avons une afj&ire^ Nous laissons, sans bruit , sans éclat, Le choix de l'arme à l'adversaire ; C'est à coups de poings qu'on se bat.
Il n'est nulle part sur la terre Autant de lauriers , c'est certain , Puisque dans toute l'Angleterre On peut les cueillir à la main.
Dans nos champs , libres de tutelle^ Règne une aimable liberté; Chacun, même une demoiselle,
Sat la campagne à volonté.
Tandis que les gens raisonnables ^ont courir après les perdrix, Lies filles I beaucoup plus aimables, V(Bit à la chasse des maris.
En vain de soi-disant intègres , Sur la traite font les méchans ; En défendant celle des nègres , Nous permettons celle des blancs.
La Grèce est notre marchandise , Nous la débitons en détail ; £t nous avons pris l'entreprise Des demoiselles du sérail.
Je sais fort bien que l'on nous blâme Que dans Tlnde , notre bazar.
On puisse encor jouer le drame De la veuve de Malabar.
Mais une autre philosophie, Paraljsant nos capitaux ,
Fecaît perdre à la Compagnie La fourniture des fagots.
Doit-on montrer de la surprise
Si nos vaisseaux couvrent les mers?
Nous spéculons sur la sottise
Des peuples de tout l'univers.
Nous établissons notre lucre
Sur un calcul toujours certain ,
Et nous raffinons notre sucre
Avec le sang du genre humain.
Comme un mal dont on se délivre^ Quelque jour nous devons finir ; Dès que le monde voudra vivre , Je sais bien qu'il faudra mourir.
En attendant I à TAngleterre!
Buvons au parlement anglais 1 Vivent son noble caractère , Sa politique et ses bienfaits I
ïft $^UU H M^0Ut*
Mon père est loin d'ici , Thomas y Laissez là votre thème;
Mais songez que je ne veux pas Qu'on me dise : Je t'aime.
Venez donc ^ nous causerons bas ; Et si TOUS êtes sage^ Vous aurez une image;
Thomas, Vous aurez une image.
Vojez ce nigaud ^ ce benêt, Vient-il (piand on l'ap^^elle?
Âh ! si je prends le martinet Je verrai s'il epelle.
Mais ne me serrez pas le bras,
Et si TOUS êtes sage, Yods aurez une image ;
Thomas, Vous aurez une image.
Quoi! vous restez près de Babet Si maussade et si bête ;
Faudra-t-il vous donner le fouet, Monsieur, pour être honnête?
A genoux, et ne bougez pas.
Et si vous êtes sage, Vous aurez une image ;
Thomas^ Vous aurez une image.
Approchez et tenez-vous là ;
Monsieur, je vous pardonne; Vous voulez ma main, la voilà,
Car au fond je suis bonne.
Mais surtout ne m'embrassez pas!
Et si vous êtes sage , ,
Vous aurei une image;
Thomas, Vous aurez une image.
5 i 2 CHANSONNETTES
Cinglant on me nomme ; Je suis magister :
J'ai bon pied y bon air^ Et venez voir comme Je cingle ; zon , zon !
C'est le bon système ; Et zon y zon , zon ^ zon !
Version et thème ^ Et zon y zon, zon, zon!
Thème et version.
De Tecole antique Frère ignorantin , J'apprends le latin Et Tarithméti que .
Et comme un dragon
Je fouette ; zon ^ zon !
C'est Pancien système | Et zon I zon ^ zon , zon !
Version et thème y Et zon y zon | zon ^ zon !
Thème et version.
A tête légère I Un petit vaurien N'apprend jamais rien Que par le derrière.
Aussi y tout de bon.
Je tappe ^ zon , zon !
Je tappe, quand même...
Et zon y zon, zon, zon !
Version et thème.
Et zon , zon^ zon , zon !
Thème et vcprsion.
J'ai pour la lecture Un bon martinet;
La verge et le fouet Sont pour récriture.
Et pi» qu'un dësion Je cingle y zon, zon!
C'est le grand système.
Et zon y zon y zon y zon !
Version et thème , Et zon y zon y zon, zon!
Thème et version.
J'ai gagné ma chaire Naguère au concours; J'ai fouetté deuic jours JL'école primaire. Et chacun , d'honneur, Disait : quel docteur !
C'est le vrai système j Et zon y zon , zon , vzon !
Version et thème , Et zon , zon ^ zon , zon !
Thème et version.
A la quatrième On me laisse y hëlas !
J'ai pourtant un bras Bon pour la troisième.
£t comme un Hon Je tappe ; zon y zon I C'est le bon sjstème.
Et zon y zon 9 zon^ zon!
Version et tbème y Et zon y zon y zon y zon !
Thème et version.
Comme j'administre !
J'aurais à mon choix Deux cents, trois cents voix, Si j'e'tais ministre.
Pour toute raison, Je leur dirais : Zon !
C'est là mon sjstème ^ Et zon, zon, zon, zon!
Version et thème.
CHÀHSONNBTTES
Et son, zon, son, zon!
Thème et vemon.
Que la proridenee , Juste CD Kl deueùUf FoMe par not mains Qne bientôt la Fraoce N'entende qu'un son, Zon, zon, zon, zod, loi C'est tout le système ; £t zon, zon, zon, zon!
Version et thème , Et zon, zon, zon, zon!
Thème et rersion.
Je Yondrais bien vous conter mon martyre ^ Mais je ne sais comment conter cela ; Ce qui me duit^ je n'oserais le dire^ Je suis ëprisy et je n'en suis que là.
Auprès de tous y dans mon brûlant délire, Tout plein du feu qu'un regard appela, Sans trop savoir la raison de cela, Je voudrais bien vous conter mon martyre.
J'ignore encor si le remède est là.
Mais que mon cœur et languit et soupire , Est-ce raison si difficile à dire?
Et je ne sais comment conter cela.
J'aime ce teint, cet aimable sourire.
J'aime la bouche et les yeux que voilà.
Tout, en un mot; eh hîen'. mtilgr^ ceU, Ce qui me duit, je n'oserais le dire.
Ne suis de ceux à qui faut dire : hoU ! Depuis six mois qu'ainsi je vous admire, Depuis six mois qu'en secret je soupire, Je suis ^prU, et je n'en suis que là.
Mon Dieu! que Justin , Notre petit pâtre j Est un franc lutin !
Ah ! qu'il est folâtre !
Du soir au matin.
Toujours en dëlire.
Ah ! qu'il est badin !
Ah! qu'il aime à rire!
Si je vais au bois , Si je suis seulette , Soudain je le vois Tout prêt qui me guette ; Et déjà sa main Doucement m'attire.
Ah ! qu'il est badin !
Ah ! qu'il aime à rire !
Parfois un instant ^ Si je suis scvère.
Le voilà qui prend Un air de colère.
Et puis y tout chagrin^ .
Il pleure , il soupire.
Ah! qu'il est badin!
Ah ! qu'il aîme à rire !
héger comme un daim , Il saute I il tracasse ; Yiî, jojeuxy mutin y Il faut qu'il m'embrasse ; Et loin du chemin 11 veut me conduire.
Ah ! qu'il est badin !
Ah! qu'il aime à rire !
Hier au matin , D'une pirouette Il me fait soudain
Tomber snr l'herbette ; Puis ce fut un train Que je ne puii dire.
Ah 1 qu'il est bidiu !
Ah ! qu'il aime à rire !
1C( %(>tt iHmx €tm.
Maudit soit le tems où nous sommes !
Honneur à nos bons vieux parens I Nos pères étaient de grands hommes , Beaucoup plus grands que leurs enfans.
Tout ëtait grand dans leurs manières.
Grande soif et grand appétit ^ Grandes lances 9 grandes rapières , Grand feu ^ grande table et grand lit.
Qu'on fut en paix, qu'on fût en guerre ^ Ils se couvraient le corps d'acier ; En gens prudens , ils faisaient faire Leurs habits chez le serrurier.
Si dans la saison printannière Ce poids leur echanOTait le sang.
DU VIEUX TOBÏE. 523
Ils se' mettaient à la légère £n déshabille de (er-blaDC.
La médecine et la chimie N'avaient pas fait de grands progrès ; Qu'arriy ait-il? de maladie L'on ne mourait presque jamais.
Mais en dépit de cet obstacle , La mort n'allait pas moins son train ; Alors on mourait d'un miracle , Comme aujourd'hui d'un médecin.
Le diable n'ayant pas encore Imaginé les procureurs, ThémiS; qui si bien nous dévore.
Alors ménageait les plaideurs.
D'une fa^on simple et touchante On traitait le droit au palais j Et quelques pintes d'eau bouillante Jugeaient à fond tous les procès.
Pour éclairer quelque mystère
Entre gens issus de bon lieu ^
En champ clos on portait Taffaire
A l'arbitrage du bon Dieu.
Aussi bien qu'au tems où nous sommes
Le bon droit éclatait d'abord.
Le ciel jugeait comme les hommes^
Le plus faible avait toujours tort.
On convertissait l'ignorance Avec un zèle des plus chauds y Et l'on brûlait alors en France Autant de gens que de Êigots.
Par un exemple bon à suivre , On coupait racine à l'erreur ; Et quand on brûlait un sot livre f On en brûlait aussi l'auteur.
Je conclus que jamais notre âge Ne vaudra le bon tems passé 5 Que si l'hon^pe était plus sauvage^
DU VIEUX TOfilB.
II ^Uiît aussi plus MDsi.
Mois ne fdt-îl pas sans reproche, Atonods tous qu'il c'uit beau Le tems où l'on mettait en broehe Un bœuf an lien d'un aloyau.
Comment donc se peuUil fadre^ Qnand vous êtes mon ëpoux, Qu'un autre puisse me plaire, £t me plaise mieux <{ue vous?
Battez-moi y battez-moi vite.
Point de pitié , cher Bastien !
Battez-moi, je le mérite, Battez-moi , battez-moi bien.
Hier, qui pourrait le croire ?
U vint me jurer sa foi ; Et lorsque la nuit fut noire ! . . • Pauvre Bastien!!! battez -moi.
Battez-moi , battez^moi vite , Point de pitié, cher Bastien!
Battez-moi, je le mérite, Battez -moi, battez-moi bien.
n a fait bien autre chose , Bastien^ quel horrible trait !
Le cruel a pris la rose Que j'avais à mon corset. Battez-moi ^ battez-moi vite , Point de pitié ^ cher Bastien !
Battez-moi^ je le mérite ^ Battez-moi^ bàttez-moi bien.
Quoi! you8 si fidèle , Si jeune et si belle | Avoir un mari....
Ali! ce n'est qu'un cri!
Faut-il qu'un tel être Ose se permettre?...
Moi j'aime Cadet :
Mais s'il me battait ! . .
Lorsque l'on est sage, On doit en mënage Toujours décider, Ne jamais céder.
Mari qui murmure, C'est contre nature; Moi, j'aime Cadet, Mais s'il prétendait!.;
Quand on prend un homme ^ Chacun sait bien comme C'est pour nous servir Et pour obéir.
Quand je parle ^ zeste!
Il &ut qu'on soit leste ; Moi ^j'aime Cadet, Mais s'il hésitait ! . . .
Un mari maussade y Ou triste ou malade y Toujours soupirant^ Est un vrai tourment.
Ici pas d'excuse^ Il faut qu'on m'amuse ; Moi^ j'aime Cadet ^ Mais s'il m'ennuyait ! . . .
wa "^èf^tm^
Bastien me trompe en cachette,
Il trahit sa foi.
Que vous importe y Susette?
Ça me plaît à moi.
Son ame est faus9e et trompeuse :
Si c'est mon désir !
Je suis, dit-on I malheureuse :
Si c'est mon plaisir l
Sans crainte de réprimande y
Il mange , il boit tout :
C'est moi qui le lui commande;
Si c'est là mon goût !
DU VIEUX TOfilE.
Chaque jour je mis battue :
Quand cela serait?
Il me maltraite , il me tue :
Si cela me plalt !
Je suis ce grand homme de guerre , Ce hëros dont on parle tant; C'est par respect pour feu mon père Qu'on ne m'a pas nomme le Grand.
A mon nom, la beauté soupire , Le plus vaillant ne souffle mot ; Enfin, puisqu'il faut vous le dire.
Je suis le cheyaUer Fiérot.
J'aurais pu devenir altesse ^ Ministre y prince, et même roi.
Si je n'étais d'une noblesse Où l'on dédaigne tout emploi.
En acceptant , fôt-ce un empire , Je ne monterais pas plus haut ; C'est bien assez de pouvoir ^ire ; Je suis le chevalier Fiérot.
De tous les ordres de la terre Je pourrais être chamarre^ Mais de ma gloire héréditaire Je me trouve assez bien pare.
Pourquoi se décorer de chaînes Quand on connaît ce que Ton vaut?
Il est des ordres par douzaines , n n'est qu'un chevalier Fiërot.
J'entends des gens , à la tribune ,
Discourir^ babiller sans fin,
Pour qu'un public , race importune ,
S'occupe d'eux le lendemain.
Moi^ quand je veux que l'on m'admire^
Je ne vais pas crier si haut ;
Je n'ai qu'à me montrer et dire :
Je suis le chevalier Fiérot.
On me connaît plus d'une dette , Mais c'est par raison que je dois^ Si je payais ce que j'achète ,
On me prendrait pour un bourgeois;.
Et y pour éviter le tapagb , Quand un créancier fait le sot ^ Sans balancer je déménage :
Je suis le chevalier Fiérot.
Par certain quidam téméraire ^
Je fus un jour injurié ;
Il osa plus : sur mon derrière
Je le sentis lever le pié.
De ce méfait , qui me regarde ^
Je tire vengeance aussitôt,
Et soudain je crie : à la garde !
Je suis le chevalier Fiérot.
J'ai dédaigné dav^mon eu&nçé^ - De cultiver ces vains talens Qui y dit-on y charment Texistence^ Et sefvent à passer le tems.
Qu'a-t-on besoin de savoir lire?
Qn n'a jamais d'instaiis de trop
DU VIEUX TOBIE. 53Si
Quand tout le jour on peut se dire :
Je suis le chevalier ï'i^rot.
Je vois nos preux ^ pour plaire aux belles ^^ Sans cesse rôdant sur leurs pas ; De cachemires , de detitelleft Embellir leurs brillant appas.
Si je veux le cœur d'une fettttne , Cest ra£faire d'un petit mdt ; Je me présente et dis : Madame > Je suis le chevalier Fiërôt*
Si je meurs y à mes funérailles Je n'inviterai que le roi ; Je n'entends pas que des canailles Y viennent prier Dieu pour moi.
Point d'épitaphe louângère; Tout ce que je veux , en un mot , C'est que l'on grave sur la pierre :
Çi-gît le chevalier Fierot.
&M CHÀNSOMN&TTES
Oui c'est un A y la cbose est sûre ; Mais quelle est cette lettre là?
J'ai toujours vu dans rëcriture Que lé B venait après TA.
Est-ce un B? je ne puis le dire^ Un B me paraissait plus grand ;
Je vois bien qu'il faut savoir lire ^ Quand on veut avoir un amant.
Mais si c'était?... oui... c'est , je gage^ Non y ce ne peut pas être un U ; Serait-ce un N? pas davantage ; Quelque part je l'ai pomrtant vu.
Ah, mon dieu! que je suis donc béte!
Lorsque mon nom commence ainsi !
Et moi qui me cassais la tête ; Oui p c'est bien un M, Dieu merci!
Dû VIEUX TOBIE. V37
Pour celui là, c'est très facile, C'est un O y je le reconnais , Je le distinguerais sur mille Tant il ro'a valu de soufflets.
Ah ! si j'étais assez chanceuse Four epeler eelle qui suit; C'est un Uy que je suis heureuse i C'est un U ! je l'avais bien dit.
A présent^ ce serait dommage De rester là dans l'embarras^ Encore une^ allons , du courage, Hëlasl je ne la connais pas.
C'est la dernière, elle est si fine, Et cependant elle a bon air ; Mais quelle idée ! oui, je devine, A, M, 0, U, dieu ! c'est une R!
Ah ! des amans que la race est parjure ! Leur passe-tems est de mantpier de foi ; Et pour prouver ki ce que j'assure , Xoéf je ne cite que moi.
Je vous jurais qu'amant tendre et fidèle. Brûlant d'amour, ivre de vos attraits , Seule à mes yeux , Zoe, vous étiez belle , Seule piquante; et je mentais.
Je prétendais, et j'osais vous le dire, Que loin de vous, Zoé, je languissais', Qu'à votre aspect^ plein d'un tendre délire,^ Mon cœur battait; et je mentais.
Je vous disais : le papillon volage Aura fixé ses désirs inquiets,
Lorsque ce ccenr, las de son doux servage, Sera parjure ; et je menUis.
L'oiseau des nuits cherchera la lumière, Le laoD léger aura (iii les forêts, Lorscpi'à mes yeux vous cesserez de plaire, Dîsais-je encore ; et je mentais.
En peu de mots, vous savez mon histoire ; Voici l'aven que je vous promettais :
Demain, Zoé, gardez-vous de me croire, Si je dis : hier je mentais.
Je suis le petit Pierre Du faubourg Saint-Marceau^ Messager ordinaire , Facteur et porteur d'eau.
J'ai plus d'une ressource Pour faire mon chemin^ Je n'emplis pas ma bourse ^ Mais je gagne mon pain.
Je n'ai ni bois, ni terre , Ni chevaux^ ni laquais ; Petit propriétaire^ Mon fonds est deux crochets.
Je prends ; comme il arrive , L'ivraie et le bon grain; Diçu veut que cbacun vive^ £t je gagne mon pain.
DU VIEUX TOblE.
Ooiitre un bel édifice J'ai placé mon comptoir; L^, sans parler au soisse, On peut toujours me voir.
Pour n'oublier personne Je me lève matin, Et la journée est bonne Quand je gagne mon pain.
Comme le disait Biaise, Feu Biaise mon parrain :
On est tonjours à l'aise Liorsque l'on n'a pas &im.
Uans les jours de misère Je m'adresse au voisin; Il a pitié de Pierre, Et je trouve mon pain.
543 CHANSONIfETTES
Ah ! si vous êtes raisonnable , Ne vous mariez pas ^ Philis ; Est-il donc rien d'insuppertafa^e ^ D'ennuyeux comme les maris?
Vous croyez peut-être , ma chère, Que les époux sont amusans?
Hëlas! il sont tout le contraire !
Que les maris sont dëplaisans !
Le mien est de toute sa race Le plus sot, le plus assommant; Il n'est de tour qu'il ne me finisse ; C'est un fléau , c'est un ^onrment.
Aussi maussade qu'il est traître , Et l'esprit fait à contre-sens , Si je l'en crois , il est le maître : Que les maris sont déplaisans !
DU VIEUX TÔBtE. 543
Suis-je gaie , il ne veut pas rire ; Suis-je triste , il sera joyeux ; M'apporte-t-il un cachemire , Il se plaindra si j'en veux deux.
Si je gronde , Monsieur murmure ; Si je prends mes airs imposans Il me rit au nez : quelle injure !
Que les maris sont dcplaisans !
Si je veux près d'un homme aimable Me distraire de mon malheur , O tyrannie insupportable!
Le monstre ! il en a de Thumeur.
Ne va-t>il pas, dans sa folie.
Jusqu'à prétendre... ô les tyrans!
Que pour lui seul je suis jolie :
Que les maris sont deplaîsans !
La crainte y la souffrance , Le trouble y le chagrin , Aujourd'hui l'espérance, Et le malheur demain.
Puisque , sur ce rivage , La vie est un fardeau, Nocher du grand voyage , Approche ton bateau.
Quoi! gentille bergère, En me voyant partir Vous soupirez , ma chère , Et vous semblez gémir !
Un si charmant visage Pleure sur mon trépas; Nocher du grand voyage , Non, non, n'approche pas.
Puisqu'on est si jolie , Consolant le malheur, Je veux f channante amie , Vous presser sur mon cœur.
Mais quoi! beauté sauvage , Vous me criez : Tout beau !
Nocher du grand voyage, Approche ton bateau.
Vous me dites d'attendre , C'est un présage heureux.
Ciel! un regard plus tendre S'échappe de vos yeux.
Contre votre corsage Vous rappelez mon bras ; Nocher du grand voyage , Non, non, n'approche pas.
Dans ma reconnaissance Quand je tombe à genoux , Votre ame s'en offense ,
CHAHSONNETTES
Vous êles en courroux.
Ah '. ce nouvel orage A bri«^ le roseau !
Nocher du grand voj>age , Approche ton hateau.
Inquiète et pensive Vous me prenet la main ; De la funeste rive Nous (juitlous le chemin.
Eh quoi! vers le village Vous ramenez mes pas !
Nocher du grand voyage , Non, non, n'approche pns.
Moi y que j 'épouse Zirphee, La filleule de Bastien !
Quand chacun dit^ qu'elle est fee; Ah ! je m'en garderais bien !
Je conviens qu'elle est gentille f Kt je sais qu elle a bon coeur^ Mais son regard , cvfmnie il brille !
Et ma foi , moi j'en ai peur.
A-t-elle en rien la tournure Des filles de nos cantons?
Voyez donc éa chcvelnre Qui lui vient jusqii'aut talons?
Son visage blanc et rose Ni plus ni moins qu*une fleur.
Rougit à la moindre chose , El ma foi , moi j'en ai peur.
Au lieu de l'air de Claudine Ou de la sœur de Lucien , Elle a la taille si fine I Le pied pas plus grand que rien.
L'autre jour elle se penche ^ Je vis son sein , par bonheur :
Mon père 9 elle a la peau blanche^ Et ma foi , moi j'en ai peur.
Sitôt que je la regarde, Je suis je ne sais comment ; Plus près quand je me hasarde^ Dans mon cœur c'est un tourment»
Bientôt, jusqu'au fond de l'ame, Je sens , mon père , une ardeur ! .. .
Puis, je deviens tout de flamme , Et ma foi, moi j'en ai peur.
Si tout seul j'e'tais de même , Je dirais : c'est un malheur ; Mais c'est qu'ainsi chacun l'aime ,
Et t'aime de tout son cœur.
Partout on DOmme ZiipKee Pour U gTRce et la douceur ; Vous voyez bien qu'elle «st fée , Et ma foi , moi j'en ai peur.
Je ne suis qu'un daus mon ménage , Car ma moitié , c'est moi , je croi ; Aussi mon entier personnage Se forme de ma femme et moi .
Gomment donc y par quel anathème Se fait-il y dans mon triste sort.
Que les deux moitiés de moi-même Ne se trouvent jamais d'accord?
L'une aime à faire du tapage.
L'autre veut demeurer en paix ; L'un est fidèle au mariage.
Et l'autre est coquette à l'excès.
Quand au logis Gaspard ou B]aise S'avisent parfois de venir.
Une moitié paraît bien aise , Et l'autre n'y peut pas tenir.
Une moitié veut qu'on dépense , L'autre moitié veut amasser :
Une moitié veut que l'on danse ^ Et l'autre ne sait pas danser; Une moitié veut toujours boire ^ L'autre moitié , 6aire l'amour ; ^ -' Quand l'une dit qu'il est nuit noire ,
L'autre soutient qu'il est grand jour.
Vient-on à lire la gazette, Helas ! c'est encore bien pis :
L'une veut changer sa toilette , L'autre garder ses vieux habits.
Qu'arrive-t-il? dans ma colère Je me traite à faire pitié , Et pour former mon caractère , La moitié bal l'autre moitié.
Ah I comment de sa perfidie , Gomment douterais-je nn moment?
Ne dît-il pas qu'elle est jolie, Que son caractère est charmant.
Son œil partout la suit, l'appelle, Hélas! et l'autre jour, au bal, n resta sans cesse auprès d'elle.
Ah ! <pie cela fait mal l
Toujours sa tendresse attentive Le ramène sur son chemin , Soit qu'elle parte ou qu'elle arrive , Il est là pour prendre sa main ; Quand la contredanse commence , A peine attend-il le signal :
Vers elle il se presse , il s'élance; Ah ! que cela fait mal !
Avec elle il chante sans cesse , A sa Toiï il unit sa voix ; La romance qui l'inte'resse "Est toujours celle de son choix.
Souvent dans son brûlant délire , Même à mes yeux, le delojal!
n la regarde et puis soupire ; Ah 1 que cela fait mal !
Hier, trahi par une amante , Helas! je séchais de douleur.
Libre des fers de Tinconstante , Je viens vous présenter mon cœur.
N'en voulez- vous pas, belle Isaure?
Parlez , parlez sans balancer.
Le voulez-vous? parlez encore; C'est à prendre, c'est à laisser.
Je n'eus jamais grande éloquence Pour d(fbiter le sentiment; Mais je sais dans la circonstance User de mon petit talent.
Si quelque belle se gendarme , Si je la vois se courroucer, Aussitôt je verse une larme ; C'est à prendre , c'est à laisser.
Je n'ai qu'un bîQet circulaire, Qui peut servir en tous les cas ; Quatre mots font toute l'affaire ; • Voulcz-vousV ne voulei-vous pas? • Si celte à qui je le destine S'avise de le repousser, '
Je le présente à la voisine ; C'est à prendre, c'est à laisser.
J'étais une fillette Assez bien autrefois , Peut-être un peu coquette , Pourtant pas trop, je crois.
Une taille élégante , Deux yeux noirs et brillans , Enfin , j'étais charmante; Mais c'était le bon tems!
Un fils du voisinage
Etait mon amoureux y Et parfois du ménage Nous causions tous les deux.
Combien il savait dire De propos amusans !
Et qu'il me faisait rire!
Mais c'était le bon tems î
Ma mère , un peu sévère , Quelquefois me grondait; Mais je la laissais faire ; Et quand la nuit venait , Je la priais de mettre Les verroux en dedans y El j'ouvrais la fenêtre ; Mais c'était le bon tems !
D'un saut gagnant le faîte , Il arrivait soudain ; Comme il était honnête , Je lui tendais la main.
Un jour survint mon père :
Ah I nous étions tremblans !
Il manda le notaire y Mais c'était le bon temsl
Voyez , quel guidon !
La fête dernière, De jeune rosière L'Ëtat m'a fait don.
On dit au village Qu'elle aime Thomas , Alexis, Ljcas...
Et c'est la plus sage.
Moyennant reçu Du cœur de la belle , Je dois avec elle Croire à sa vertu.
Dans notre ménage , Du soir au matin , C'est un bruit, un train!...
Et c'est la plus sage.
DU VIEUX TQBIE. Sh9
C'est le jeune Alain , C'est le beau Leandre , Qui vient d'un air tendre Lui prendre la main .
Hier, sous.rombrage , C'était un dragon De la garnison...
Et c'est la plus sage.
Le maire vraiment Dit qu'elle m'adore , Et l'adjoint encore En fait le serment.
Cependant j'enrage , Et, grâce aux amis, Je vois que je suis...
Et c'est la plus sage.
me )t t>0ttî>r(tl$i ^tx^ <^M^(>n i
Qu'être fille est désag;reable !
Et que mon frère est plus heureux ; Jamais je ne puis être aimable , Jamais faire ce que je veux.
Il faut toujours que je tricotte Et que je reste à la maison Entre mon dez et ma pelotte. .
Que je voudrais être garçon î
Allant y venant, courant le monde , Que les garçons ont de bon tems I Jamais de maman qui les gronde , Jamais d'ennuyeux prétendaus.
Lestes y joyeux, rois sur la terre, Point de soucis, point de jupon.
Libres d'aimer, libres de plaire j Que je voudrais être garçon î
Si quelque insolent les tracasse , lU n'ont pas besoin d'avoir peur; Et, regardant notre homme en Ëice , Hs lui disent : Sortons, monsieur.
S'ils sont cpris de quelque belle , Ib lui demandent sans fa^on :
■ Puis-je espérer, Mademoiselle? - Que je voudrais être garçon!
i62 CHANSONNETTES
Des amans de notre âge Vous avez le meilleur ; . Il est doux, il est sage, Toujours de bonne humeur ; Toujours soigneux de plaire.
Modeste et complaisant :
Aimez Thibaut , ma chère , C'est un si bon enfant.
Que vous alliez seulette Si loin prendre le frais, Sa tendresse discrète Ne s'en plaindra jamais.
Il sait que sa bergère A le cœur si constant :
Aimez Thibaut, ma chère, C'est un si bon enfant.
St parfois sons l'ombrage Vous rencontrez Lucas , C'est un hasard, je gage; 11 ne s'en fâche pas.
Lucas, dit-on, sait plaire, Mais on est si méchant :
Aimez Thibaut, ma chère , C'est un si bon enfant.
Le jour où la plus sage Fut chpisie entre. nous ^ Thibaut fut au bocage , Et Monseigneur chez vous.
Vous fûtes la rosière , C'e'tait juste , vraimeni :
Aimez Thibaut , ma chère , C'est un si bon enfant.
Regarde bien ; saiate Madone !
Regarde ici ; vois , c'est Martin ; C'est toi^ notre sainte patrone y Toi qui lui donneras du pain.
Voici Martin , Martin s'avance , Sainte Madone ^ tu le voi; Ah! tu le vois bien y Martin danse ^ Madone sainte ^ c'est pour toi. '
C'est Martin le fils du bocage , C'est Martin l'ours y il est vivant ^ Il revient d'un pèlerinage ; C'est lui^ Martin^ c'est l'ours savant.
Voici Martin y etc.
' I Les baladins italiens manquent rarement de donner une reprëaentation de leur spectacle devant l'image de la Madone ou de leur patron.
Martin a quitte la montagne Pour gagner son pain avec nous ; Toujours la gaîte l'accompagne ; AK! ne crains rien ^ car il est doux. Voici Martin^ etc.
Dans rhonorable compagnie Il te dira le plus heureux; H saute pour la plus jolie , Il connaît le plus amoureux.
Voici Martin > etc.
S'il ne peut te donner un cierge C'est qu'il est bien pauvre ^ Martin^ Mais protëge-le I bonne vierge ^ Il te le donnera demain.
Voici Martin y Martin s'avance , Madone sainte ^ tu le voi \ Ah ! tu le vois bien y Martin danse ^ Sainte Madone^ c'est pour toi.
Pour nous garantir de Torage Allons y Colin, sous ce bosquet.
J'espère que vous serez sage , Vous Tojez bien le tems qu'il fait.
Maigre Tavis que je vous donne , Déjà vous me serrez la main ; Vous conduire ainsi quand il tonne y Ah û ! monsieur, que c'est vilain !
Encore ! malgré moi Ton o&e. . .
Colin , Colin, vous avez tort , Finissez , ou vous serez cause , Monsieur, qu'U va tonner plus fort.
Je vous Ta vais dit \ quel tapage !
Le tonnerre est tout près de nous.
Ah ! vous en ferez tant , je gage , Colin , qu'il tombera sur vous.
Si pour vous rendre enfin plus sage Un simple baiser suffisait , Colette en aurait le courage ^ Monsieur; et vous le donnerait.
Ce n'est, vous devez le comprendre , Que pour vous tirer d'embarras; Mais profitez donc pour le prendre Du moment qu'il ne tonne pas.
D'en donner im quand je m'efforce ^ Quoi ! vous voulez en avoir deux.
Grand Dieu ! vous les prenez de force, Et lorsqu'il tonne : c'est affreux !
Ah ! si pour oser davantage Vous e'tiez assez peu sensë , Attendez du moins que l'orage , Monsieur, soit tout à fait passé.
Hëla9 ! c'est la pauvre Rose Qui vient y comme ci-devant^ Vous demander quelque cbose Pour l'entretien du couvent.
Et Rose a de sa patronne La fraîcheur et la beautd :
Donnez donC| faites l'aumône A la sœur de charité.
Craintive est notre fillette ^ Et son ombre lui fait peur ; Mais s'agit-il de sa quête , C'est alors qu'elle a du cœur.
Que craindrait la pauvre nonne? Son bon ange est à cote :
Donnez donc y faites l'aumône A la sœur de charité'.
Le voisin dans sa chambrette <^elquefois la voit venir, Fût-il même à sa toilette Rose ne veut point partir.
Avant tout il faut qu'on donne ; Le couvent est endette'.
Donnez donc , faites Taumône A la soeur de charité'.
A la nonnette gentille
S'il demandait un baiser.
Je crois que la pauvre fille
N'oserait le refuser.
Elle a fait vœu d'être bonne ,
Et celui d'humilité.
Donnez donc , faites l'aumône
A la sœur de charité'.
&70 CHANSONMETTES
Dépêchons , chantODs y chantons vile ^ Aujourd'hui pas d'instans perdus ; Si je ne chante pas de suite Demain je ne chanterai plus.
Mes bons amis , la mort me presse, Qu'on m'apporte mon violon :
L'heure approche ^ point de paresse ^ Voici ma dernière chanson.
Soufïrant, à la douleur en proie , Tombant sous la pesante main^ Je veux encor chanter la joie Et trouver un galant refrain.
U faut bien en quittant la terre Laisser quelque chose de bon , Et je veux soigner pour vous plaire^ Amis y ma dernière chanson.
Pour animer encor la verve Qui nous inspire en ce moment ^ N'oublions pas qu'on me reserve Un très pompeux enterrement.
C'est une fête qu'on me donne.
J'en voudrais payer la façon , Et gaîment il faut que j'entonne.
Amis, ma dernière chanson.
D'abord aux dames je rends grâce , Car je leur dois plus d'un beau jour f Si c'est pour elles que je passe , Je n'en accuse pas l'amour.
En vain une cruelle amante Parfois égara ma raison :
Ce sont les dames que je chante ; Voilà ma dernière chanson.
J'avais chanté sur la fougère, J'avais chanté sous les bosquets ; A l'ombre d'im drap mortuaire
y,1 CHANSONNETTES DU VIEUX TOBIE.
J'ai cru qu'on ne chantait jamais.
Mais ma muse n'est pas poltronne ^ Elle rit au nez de Plufon ; Vainement sa Ëiux me taloane , . Je dû ma dernière chanson.
Si la donleor qni me dévore M'avait laissa quelque re'pit, Mes amia , je pourrais encore Achever un joyeux r^t.
Mais, hélas! voici qu'on arrive, Le curé sonne à la maison , Et je m'en vais sur l'autre rive Finir ma dernière chanson.
^lT>r>l^1~r~'~-~l^~'~~t 1~ -j-— 1-^.^».-^,^^^^— » -, ».- -.mjm.^.^^... m..m.^^^jm^m. m. ^ ^ ».
SATIHBS.
Pages.
XiES Conseils. Satire I'« 5
Nolesde la satire I'* 16
Les Amis. Satire II« 33
IVotesde la satire IP 4^
Les Accidens. Satire III* 61
ï^otesde la satire in« , 61
Les Calamités ADMinisTRATiTES. Satire IV* 103
. Notes de la satire IV» 119
Les Vers. Satire V« 137
IVotes de la satire V* 156
La Politique. Satire VI* 235
Notes de la satire VI».. 255
La Coquette de village. Suite des Notes 288
COKTBfl.
DiAHE ET Ehotmiom 321
Le Sorcier 355
s-erahrou 389