‹ Satires de JuvénalChapitre 3 sur 30 · SUR JUVÉNAL. ' V · texte numérisé non relu

SUR JUVÉNAL. ' V

«pigr. Xixxxvni ) , et. non comme d'un poète satirique. ^ Adrien monta sur le trône Tan de Rome dggglxx, de> Jésus-Christ cxvii. Ce, prince aimoit les lettres et ifavorisoit les savans; mais il étoit inconstant,- et flottoit entre le vice et la vertu; dans la suite il devint soupçonneux , avare, et même cruel. Il donnoit sa confiance à des affranchis et à des comédiens. Ce fut pourtant dans cette circonstance, et à Tâge de soixante-quinze ans , que Juvénal, après avoir ajouté les satires xiii et xiv aux premières, se décida à les publier, c'est-à-dire à en faire des lectures devant un nombreux auditoire, et avec tout l'appareil que l'on dohnoit à ces sortes de publications. Ses satires furent reçues avec de grands applaudissemens, et coururent bientôt par toute la ville. Il y avoit alors à la cour un histrion ( peut-être Antinous lui-même, qui avoit été esclave dans son enfance et comédien ensuite) qui jouissoit de la faveur du prince. Les vers 70-92 de la satire vii parurent dirigés contre lui. Il n'en fallut pas davantage y vu le caractère soupçonneux d'Adrien, pour perdre Juvénal. Sous prétexte de l'honorer , on lui donna le commandement d'une cohorte, et on l'envoya, suivant Suidas , dans la Pentapole , au fond de l'Egypte ; suivant d'autres , à Syènes, ou bien à l'Oasis de Libye. Le fait rapporté dans la xv« satire ne laisse guère de doute sur l'endroit où il fut relégué. Enfin , accablé de vieillesse et d'ennui , il mourut dans son exil, après avoir composé les satires xv et xvi, du moins à ce qu'il paroit par le sujet de la première. Ces satires furent vraisemblablement recueillies après sa mort , et ajoutées à ses autres œuvres. Henninius, au contraire, sur la foi du manuscrit de Vossius , rapporte qu'après avoir été exilé soiis Domitien, Juvénal revint sous Nerva, et termina ^ sa carrière sous le règne d'Adrien : c'est ce qui n'est ni prouvé ni même probable. La plus ancienne notice que nous

Yj NOTICE HIST. SUR JUVÉNAL.

^a3roDB Èiw Juvénal^ ceUe que Toa attribue à Suétone , et qoi se trouve avec quelques variantes dau^ le nuanuêerit Alexandrin du neuvième siècle, est confonne aux faits nous que Venons de rapportert.

N. lu ACHAINTRE.

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