‹ Satires de JuvénalChapitre 9 sur 30 · A MON AMI · texte numérisé non relu

A MON AMI

BERTFlAND DE CQEUVRES.

Je v^!>èùf dédie ùêue tfoduetion cùmme à velui qui a sur rfion cçeur les droits le^ plus anciens. Ék^és ensemble^ vous m'ai^z appris à chérir la i?ertu dans un âge oh l'on n'en ùonnoù guère que le nom ; ^ ei dëpms cette Heureuse époque notre àniùié n'a fiât qwe è^ augmenter de jour ^n jour y irvàlgré la xUstarice des lieuûc que nous habitons.

Il est certain y mon ami; mais tous n'en conviendrez pas , que je dois mes mœurs à vos exemples , mon bonheur à vos conseils. N* est-ce pas vous qui, des votre plus tendre jeunesse, preniez sur vos plaisirs de quoi sotdager secrètement les malheureux ? N'est-ce pas vous, car f aime à le publier, qui^ de concert avec un autre moi-même, m'avez retenu sur le bord du précipice , lorsqu'une passion furieuse égaroit mon esprit ?

Il est temps de le déclarer : c'est vous qui y déposant votre fortune entre mes mains... entre les mains d'un joueur (*)/ m'écriviez : « Maintenant

(i) Je n'ai pas joué long-temps; j'ai tâché d'expier ce vice anti-social d'une manière utile à mes semblables. Voyez mon livre de la Passion du Jeu depuis les temps anciens jusqu*h nos jours.

« ruineZ'rnoi si vous l'osez : allez ^ je servis moins « à plaindre que vous. Mais tout me rassure; je ne « vous regarde plus désormais que comme un depo- « sitaire, »

Ceux qui nous connoissent Pun et Vautre ne seront pas surpris dufoible hommuge que Je vous rends; ils diront que je tâche , autant qu'il est en moi y d^ acquitter une dette sacrée; et^ s'ils ont un reproclte a me faire y ce sera, n'en doutez points de m'être privée par égard pour vous, du plaisir de célébrer tant d^ autres vertus ^ d'autant plus estUna^ blés que vous les pratiquez en silence ,

Je suis et m'honore d'être votre ami,

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