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Yarennes demanda la mise en accusation de Dusaulx : la motion fut rejetée cette fois ; mais le 3 octobi^ , notre traducteur , cet amant sincère de la liberté , de la justice et de Thuinanite , fut. arrêté comme opposé au 3 1 mai ^t traîné , comme il le dit lui-même , de cachots en cachots , avec soixante«douze de ses collègues. Sa mort étoit résolue dans le comité de salut public; et, chose assez étonnante, c*est à Marat qu'il dut son salut. Ce barbare , tendre pour le seul Dusaulx , le- fit passer pour un vieux radoteur dont on n'avoit rien à craindre ; en conséquence sa mise en jugement fut différée ; enfin, après avoir souffert une longue et dure captivité^ il fut rendu à la liberté vers la fin de 1794. Rappelé, comme à l'improviste, au sein de la Convention, sa première démarche fut, le 6 avril 1795 , de monter à la tribune, et de demander qu'il fût élevé un autel expiatoire du sang français injustement répandu. ( Voyez son Discours imprimé par ordre de la Convention ; et inséré aux pages xxxv et suivantes de l'édition de 1796.)
Cette trop fameuse Convention eut son terme , et céda sa place, à deux conseils, celui des Anciens et celui des Cinq-Cents. M. Dusaulx, membre du premier,' eut les honneurs de la présidence au mois de juillet 1 796. En janvier 1 797 , il proposa de modifier le serment de haine à la royauté çn y ajoutant les mots en Franx^. Sa proposition me paroît purement politique. L'objet
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d*une pareille réserve étoit peut-être de rassurer sur les intentions de la république les rois de TEurope avec lesquels on avoit à traiter. Dans la Convention on avoit proposé l'abolition des loteries, et elles avoient été abolies , non pas tout*à-fait sur sa demande , mais bientÀt après sur celle de Chaumette. Dans le conseil des Anciens il s'opposa, mais en vain, au rétablisse « ment de ces mêmes loteries , proposé en j 797. C etoit une conséquence naturelle d^ principes consignés dans son ouvrage de la Passion du Jeu. Il.sprtit du conseil en mai 1798^ ayant, dès le 27 avril, pris congé de rassemblée par un discours dont op ordonna Tim* pression , et dans lequel on remarque les traits suivans : « Depuis neuf ans, dit-il, que je suis dans les fonctions « publiques, ennemi des factieux, étranger à, tous les « partis, je n'ai plaidé qu'en faveur de la justice et des « mœurs... J'ai la doucç satisfaction de pouvoir dire * que mes mains sont aussi pures que mon cf»ur, etc. » Tel fut le terme de sa carrière politiques. Il se retira des affaires^ en attendant; au sein dç l'amitié et près d'une épQuse toujours aimable et sensible , l'heure de quitter un monde trompeur dont il avoit, dans sa jeunesse et jusqu'à un âge fort avancé, éprouvé les douceurs ; mais qui , sur la fin de sa carrière , remplit son esprit d'images déchirantes, et son cœur d'amertume. Il mourut le 16 mars 1799, après une maladie longue et douloureuse, pénétré de respect pçur la
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religion, et arec la plus haute estime pour U TeritaUe philosophie. « Philosophe religieux, dit M. Viiletenjue « dans son élog'e entête de la quatrième édition «I (Paris«i8o3), page xxtIj, M. Dusaulx est mon aTeo « la sécurité de l'espérance, l'immortalité de l'ànse. « Ce dogme sublime , TefiBroi du crime et lacqnsolatioir « de la yertu^ n'étoit pas un dôule pour sa ttûson, « parce qu'il étoit dans son cœur. »
Outreles ouvrages dont nous ayons parlé, Jtf . Dusattlx a publié les suivans : de l*Insurreciion^ de la BastiUe , discours historique^ etc.j Paris, Debure, 1790, in-8^ de 285 pages; Lettres au citoyen Frérots, '79^9 ii^^; Voyage à BarrégeS et dans les HattteS'Pjrrénées , fait an 1788 , Paris , 17^, a Tol. in*8* ; de mes Rapports avec Jean^acques Rousseau ^ et de Hotrecorrespandanoe^ suivie â-tme hotice tres-essehtieUé ^ Paris , an vi ( 1 798), in-8*^. Tous ces ouvrages de circonstance, excepté le Voyage h Barréges^ sont très-peu recherchés, et portent l'empreinte des temps où ils ont été publiés. II n'en est pas de même dé la traduction de Juvénal, qui durera autant de temps que la langue 6*ançaise conservera sa beauté , sa noblesse et sa pureté.
N. L. AcRAI?tTR£.