‹ Satires et chantsChapitre 107 sur 148 · HYMNE A LA RESIGNATION · texte numérisé non relu

HYMNE A LA RESIGNATION

O Jésus! ton divia génie, Type vrai de l'iiumanité , Dans la mort comme dans la vie , A surpassé l'antiquité.

Ton existence fut sublime , Et ton cri de mort , ô victime !

Fut celui d'un cœur bien aimant, Qui sut combien la Providence Est au-dessus de notre essence Et de son faible jugement.

O Jésus! que foudre et tempête

Sur mon front viennent à bondir,

Comme toi je baisse la tète

Et point ne cherche à me roidir.

J'imiterai ta noble transe ,

Je supporterai la souffrance

Sans blasphémer : sous le couteau ,

La douceur de l'agneau qui bêle

Est plus émouvante et plus belle

Que les colères du taureau.

Oui, loin de penser que la peine

Soit ici-bas l'effet brutal

D'un pouvoir que le hasard mène

Et qui sans raison fait le mal ,

Je veux toujours croire, au contraire

Qu'elle est utile et nécessaire

Au grand plan conçu dans les cieux,

Et je dirai : « Toute-puissance ,

Quand tu nous verses la souffrance ,

Si tu le fais , c'est pour le mieux ? »

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