‹ Satires et chantsChapitre 128 sur 148 · A MISS HARVEY · texte numérisé non relu

A MISS HARVEY

J'ai vu , jeune déesse au front pur et serein , L'Amitié folâtrer, comme en un jour de fête, Avec les blanches fleurs qui couronnaient sa tète Et qui formaient guirlande autour de son beau sein ;

Et chaque douce fleur qui passait sous sa main

Tendrement rappelait à son âme discrète

Les rapides moments de volupté secrète

Que son miel fait goûter au pauvre genre humain.

Mais las! il en vint une, une de sang tachée, Et d'un si sombre éclat, que la vierge penchée Ne put la voir sans trouble , et son œil aussitôt

Se remplissant de pleurs baigna la fleur charmante , La fleur jadis cueillie au pied de l'échafaud, Où du noble de Thou s'exhala l'âme aimante,

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