A MADAME CHARLES LE NO P. MA NT
Que pouvait-ells faire à la troupe en délire
Des sanglants proscripteurs qui la mirent à mort,
Et pour la Liberté naissant avec effort
Quel grand aide pouvait sourdre de son martyre?
Douce femme, au début des fureurs de l'empire, Hors de France elle avait caché son noble sort. Et, là, tranquillement attendait comme au port Que la foudre en éclats eût cessé de bruire.
Mais quand la nue ardente étendit son effroi Sur les fronts malheureux de la reine et du roi, Elle se reprocha l'azur de sa retraite ,
Et généreuse sœur, désertant ses abris.
Pour soutenir des cœurs abîmés et flétris. Elle revint s'offrir aux coups de la tempête.
KOSGIUSKO.
Quand, les bras épuisés en efforts superflus, Tout inondé de sang , et vaincu par le nombre, O noble Kosciusko! d'une voix triste et sombre Tu crias en tombant : « La Pologne n'est plus ! »
Alors tu crus mourir. Mais du sein des élus Dieu veillait sur tes jours dans ce fatal encombre, Et la mort, regagnant les royaumes de l'ombre, Respecta ton grand cœur plein d'antiques vertus.
Ainsi de la patrie, ô guerrier magnanime! Ainsi de ta Pologne, innocente victime, Toujours comme Jésus traînée au Golgotha :
Son front échevelé qui gît dans la poussière
A beau nous sembler morne et froid comme la pierre,
Dieu lui garde la vie et le relèvera.