‹ Satires et chantsChapitre 137 sur 148 · MARCEAU · texte numérisé non relu

MARCEAU

FiiT degli lieroi. .

TORQUATO TjI

AU CAPITAI\'E CASSE, Je l'Ariége.

Un jour Mars, au dùbut de rune de ses fêtes, Droit au flanc d'un héros pousse un plomb meurtrier, Et voilà qu'au combat deux troupes toutes prêtes De leurs vaillantes mains laissent tomber l'acier;

Et voilà qu'oubliant triomphes et défaites, Autrichiens et Français, crêpes noirs au cimier. Confondent leurs drapeaux et, portant bas leurs tètes, Honorent en commun les restes du guerrier.

Ah ! Victoire , tu peux t'entourer de vacarmes : L'ivresse de tes chants ou le bruit de tes armes Ne vaut pas l'honneur fait au cercueil de Marceau.

Heureux brave, il sortit jeune et pur de la vie, Et son âme put voir s'unir sur son tombeau Les pleurs de l'étranger aux pleurs de la patrie

ROBERT E.MMET,

Au moment où le jeune rebelle sortit de sa prison, le visage brillant et serein comme celui d'un ange, le geôlier qui le gardait tomba sans connaissance à ses pieds.

La Nation, journal lîe Dublin.

Il disait : « Quand j'aurai réjoint tous ces héros Et tous ces fiers martyrs que vénère l'iiistoire Pour avoir à la guerre et sur les écliafauds De leur sang généreux épanché l'onde noire,

J'espère fermement que mon nom, ma mémoire

Ne demeureront pas sur terre sans échos,

Et qu'ils animeront du désir de ma gloire

Ceux qui, me survivant, maudiront mes bourreaux... »

Sois tranquille, belle âme, en ta course étliérée! Saignante aussi des coups de la hache acérée, L'Irlande est pleine encor du bruit de ton trépas.

De ses haines toujours s'en augmente la somme,

Car, de même qu'en Dieu, dans le coeur de chaque homme

Injustement versé le sang ne se tait pas.

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