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LES MONSTRES

Hourra, hourra! la France est à nous désormais. POT-DE-VIN, ramassant la lance et le bouclier de la reine.

Mes maîtres, halte-là! ce superbe palais

N'est point fait pour tenir dans ses murs votre engeance,

Et le corps palpitant de l'adorable France

Pour servir de pâture à vos désirs brutaux :

A d'autres le butin. — O monstres infernaux,

Devant ce bouclier. Méduse dévorante.

Fuyez , et retournez dans l'ombre malfaisante

D'où vous êtes sortis pour quelques courts moments.

Rêves des jours affreux, vils épouvantements.

Disparaissez, la France aura dans sa mémoire

Longtemps le souvenir de votre ima,2,c noire : C'est assez pour toujours la tenir sous ma main. Et vous, femmes sans nom, folles de grand chemin. Vous qui veniez de loin gueuser son assistance, Vous dont la plainte amère et la sombre éloquence Voulaient déchirer comme avec un fer aigu Des trames de vingt ans le solide tissu; Méchantes nations, perfides étrangères.

Regagnez promptement vos villes et vos terres : Vous savez maintenant que votre espoir est mort. Quel est ici le maître , et de nous le plus fort.

Il chasse les nations.

l'ITALIE, I,'F.SrAG\E ET I, A POLOGNE.

C'en est fait, c'en est fait; la plainte est inutile!

Avec un imposteur en ruses si fertile

A quoi bon se remettre à gémir et pleurer ?

Le plus digne et le mieux , c'est de nous retirer.

O vieille renommée, éternelle crieuse.

Que le vrai siégeait bien sur ta lèvre poudreuse !

Que sage il eût été de ne pas courir voir

Le spectacle qui vient, trop lugubre miroir,

De nous montrer en plein la honte de la France !

Une douleur profonde, une vive souffrance.

N'auraient point de nouveau glacé nos tristes cœurs ,

Et tiré de nos yeux de longs ruisseaux de pleurs.

Hélas', le sang en vain t'effraye et te dégoûte,

O France, vers le sang il est plus d'une route :

Le vent humide et mou de la corruption

Y conduit aussi droit que l'instinct du lion;

L'abus de la science et la voix des faux sages

Autant que l'ignorance et ses transports sauvages;

L'amour sans frein du luxe et de la volupté

Et le feu dévorant de la cupidité,

POT-DE-VIX

Sont les vifs aiguillons de toute violence. Puisses-tu , triste mère , ô malheureuse France ! Ne point voir quelque jour tes enfants corrompus , Gorgés d'or et d'argent, et de plaisir repus, Finir comme les Grecs, enfants du Bas-Empire ! Puisses-tu ne point voir tes peuples en délire, A force de sophisme et de relâchements , Perdre le goût du bien et des beaux sentiments, Se plonger dans la fange, et sous mille bannières Se livrer pour de l'or d'épouvantables guerres. Jusqu'à ce que le bras d'un Tartare grossier Vienne honteusement de son fouet les châtier ! Allons, pauvres enfants, aux voix inentendues, Éloignons de ces lieux nos faces éperdues, Regagnons tristement nos pays désolés.

Allons remettre au joug nos fronts échevelés. Reprendre nos douleurs! Ah! si dans sa justice L'Éternel a voulu, pour quelque énorme vice, Que nos corps desséchés comme l'herbe des champs Disparaissent bientôt du monde des vivants; Si de la Liberté les haleines divines Ne doivent plus rentrer dans nos faibles poitrines; S'il faut mourir enfin, résignons-nous, mes sœurs, Et demandons à Dieu, pour uniques faveurs. D'abréger les instants de notre dur martyre : Qu'il hâte cette fin où notre cœur aspire; Que sa main nous enlève à la terre et ses maux. Et dans son vaste sein nous donne le repos

CESAR BORGÎA

DllAME

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