‹ Satires et chantsChapitre 40 sur 148 · I.E PAGE · texte numérisé non relu

I.E PAGE

Oui, seigneur.

Le page sort.

C'est pour nous une chose extrêmement utile. Puisque le commerce est l'âme de nos cités.

CÉSAR

Je comprends.

A Francesco qui parait.

Francesco, vous allez tout de suite Dresser en notre nom et ponctuellement Un large sauf-conduit au travers de nos terres Pour tout négociant et tout effet marchand Étant et provenant du peuple de Toscane, Lequel acte signé de nous sera remis Sur-le-champ à monsieur l'envoyé de Florence Comme un gage nouveau de parfaite amitié Entre la république et le duc de Romagne.

MACCH[AVEI>I.t.

Recevez, monseigneur, d'avance par ma voix La vive expression de sa reconnaissance.

Il va pour sortir.

CÉSAR

Mais attendez un peu , monsieur l'ambassadeur. Je veux que vous sachiez encor ce que renferme Ce chiffon de papier. Lisez-le, Francesco.

FRANCESCO, lisant.

« Nous César Borgia de France, duc de Romagne et de Valentinois, prince de Vénafre et d'Adria, etc., etc., faisons savoir ceci : Nous offrons dès ce jour même à tout homme qui se présentera à nos officiers, tout équipé, et pour servir dans notre armée, soit comme fantassin , soit comme cavalier , une solde de trois écus par jour. »

MACCHIAVELLI.

CÉSAR

Faut-il pas affriander les mouches Lorsque l'on a désir d'en prendre quelque peu? J'imprime cet avis à dix mille exemplaires. Et je le fais répandre immédiatement Par toute ville et bourg de mon duché; cher maître, Vous voyez , par le fait , qu'on ne néglige rien Du point essentiel, des choses capitales. Les nombreux bataillons. — Adieu, messer, adieu J'espère me montrer encore plus aimable Pour votre république, alors que je serai

CESAR BORGIA. 133

Hors d'embarras , ce qui ne peut se faire attendre ; Car on sait ma devise : Aut Cœmr , aut uiliil !

MACCHIAVELLI.

Seigneur, c'est trop d'honneur et trop de bienveillance. Il salue le duc et s'éloigne.

A part.

Le cas est difficile , et je suis curieux De voir comment il va sortir de cette affaire. Après tout, quelque soit son sort en ce conflit, Qu'il fasse le plongeon ou se tienne sur l'onde , Nous avons l'important, ce sont nos sûretés.

GfVGLI.

LE CAMP DES OlîSIM ET DES VITELLI

DEVANT LE FORT DR CliïTR ^•II,I,E TENU PAR LES BORGIA.

Des soldats entraînent nn vieillard les mains liées tlerrièiele dos.

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