IN PAGE
Voici les commandants et monseigneur d'Euna.
CÉSAR
Qu'ils entrent, mais avant, page, de la lumière.
Tandis qu'il allume des flambeaux, apparaissent les officiers et l'évèque.
Salut à monseigneur, qu'il soit le bienvenu. Bonsoir, Miguelotto; bonsoir, mon cher don Hugues; Bonsoir à vous aussi , très-nobles Salviati ! Asseyez-vous, messieurs. Je veux votre pensée Sur un cas décisif de ma position.
Ils prennent des sièges et se rangent autùur du duc.
TOUS
Nous sommes tout oreilN^ et tout cœur, Excellence !
Sinigaglia m'envoie un très-heureux avis : Cette ville est à nous, hormis la citadelle Que Doria tient encore et qu'il ne veut livrer Qu'à moi, gonfiiionier suprême du saint-père. C'est bien; mais tel n'est pas le motif pour lequel Je vous mande. Depuis longtemps une entreprise. Importante surtout pour la commune paix
Et pour la mienne aussi... couve dans ma cervelle;
Il s'agit d'en finir avec nos ennemis.
Bien qu'il y ait accord et, plus môme, alliance
Entre nous, les Oursins comme les Vitelli,
Pour le pape et pour moi, dans le fond de leur àmo,
Ont et conserveront toujours de la rancœur.
Et, dès qu'il se pourra, l'ompront la foi jurùe.
Vous savez quels ils sont, ce qu'ils peuvent tenter:
Les uns, ambitieux au plus haut de l'échelle,
N'aspirent à rien moins qu'à poser sur le front
De l'un de leurs parents la tiare; les autres
Ont des désirs moins fiers, et sur le bien d'autrui
Se i-abattent d'autant. Ils mettraient l'Italie ,
Le monde tout en flamme et tout en sang, pourvu
Qu'ils pussent de. ducats remplir leurs hauts-de-chausses.
Voilà les créateurs de ce vaste complot
Qui m'a, le mois dernier, donné quelque malaise.
Et de mes embarras vous eûtes votre part ,
Mes très-chers lieutenants, don Miguel et don Hugues...
Eh bien, ces ennemis acharnés, éternels.
D'eux-mêmes maintenant se mettent en ma nasse.
Ils m'attendent demain tous à Sinigaglia,
Sans troupes, sans armée... Entendez bien... Devrai-je
Les laisser ressortir de la fosse où j'ai su
Si dextrement les faire accourir et descendre?
TOI s.
Non, non, assurément.
CÉSAR
Qu'en pense monseigneur?
l'évèque d'euna.
Prince , l'occasion est trop rare et trop belle Pour la laisser s'enfuir... Avant tout il nous faut
CESAR BOKGIA. 1-lU
La grandeur de l'Église et la paix du saint-siégu. Or, ces deux résultats ne peuvent s'obtenir Que par le règne seul de la maison illustre Des Borgia. Donc ce qui s'oppose à ses efforts Doit être sur-le-champ écarté de la voie.
CÉSAR
Et vous , Miguelotto, don Hugues, vos avis'.'