‹ Satires et chantsChapitre 65 sur 148 · S AT I R K S f ■ 0 M I Q U F. S · texte numérisé non relu

S AT I R K S f ■ 0 M I Q U F. S

Pour y porter le trouble et rerapoisonneniont.

Je voyais dans les yeux s'amasser la tempête ,

Des cris, peut-être bien quelque verre à la tùte:

Redoutant pour lui-même une part des éclats,

Mon cousin tout penaud regardait dans les plats.

Pourtant, grâce à l'entrain de notre gros critique,

La chose prit un air moins lugubre et tragique.

" Monsieur en est encore au Dieu des bonnes gens.

C'est un peu vieux, dit-il, mais soyons indulgents :

Un jour, comme plus d"un il brisera l'idole

De son printemps; pour nous, reprenant notre rôle,

A notre ami portons une santé d'honneur.

Au noble historien de la sainte douleur.

Au poëte inspiré de la grâce suprême

Qui, tous, nous doit sauver par un second baptême.

Succès, hommage, gloire I » — Et levant dans les cieux

Son verre étincelant dii jus délicieux ,

Il le vide d'un trait; ce magnifique exemple

Est soudain imité par les anges du temple,

Et la table bientôt n'est plus qu'un cliquetis

De verres ballottés , de vivats et de cris ,

Parmi lesquels pourtant j'entends à mes oreilles

Tinter d'étranges mots et des phrases pareilles

A celles-ci : « — La ligue avait bien sa raison...

Vivent les fils d"lgnacu et l'inquisition l »

Connaissant trop l'effet de ma courte harangue, Jo n'étais plus d'iiumeur à jouer de la langue Dans ce tohu-bohu , puis je ne voulais pas Afiliger le cousin d'un nouvel embarras: Je pris donc le parti de demeurer en place Bouche close, écoutant d'un sang-froid tout de glace Tomber le flot vineux des grotesques rumeurs Qu'épanchait le gosier de ces gais festineurs. Cependant jexherchais sourdement en moi-même

Page 1