‹ Satires et chantsChapitre 71 sur 148 · PIERROT · texte numérisé non relu

PIERROT

Cela dépend du prix qu'on y met, de lestime Qu'on en fait. — Quant à moi, j'aime peu le sublime, Tu le sais, j'ai des goûts modestes : un bon plat Cuit à point, un flacon de beaune ou de muscat Et les embrassements de ma chère Pierrette, Voilà ce qu'il me faut, tout ce que je souhaite

AU BAL DE L'OPERA

En ce monde. — Pour moi le reste ne vaut pas L'effort d'un seul regard, la dépense d'un pas.

AF. LEQL'IX.

Lorsque le vin est bon, la Pierrette charmante, Ton système, mon cher, n'est pas à réformer; Mais le vin peut s'aigrir et ta gentille infante Suivre un autre caprice et cesser de t'aimer : Alors que feras-tu dans ta déti-esse amère?

PlEriROT.

Hélas ! ce qu'à cette heure encore on me voit faire . Regarder tristement la pointe de mes bas En attendant l'objet aimé qui ne vient pas.

Et si ta belle amie au bras d'un autre file. Et te laisse en un coin, seul, croquer le marmot, Est-ce que tu serais , par Vénus ! assez sot Pour demeurer fidèle à cette âme mobile?

Mon cher, je ne peux pas changer de naturel. La constance est mon lot sur ce globe mortel. Et si Pierrette rit de ma tendresse extrême , Je suis homme à l'aimer et l'adorer quand même.

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