HYMNE AU SOLEIL
Toi qui nous tiens liés par d'invisibles chaînes Au foyer incessant de ta pure clarté , •Toi qui, mù par l'amour, à ta suite nous traîne Au travers de l'immensité.
Toi, peut-être, l'auteur de la terrestre vie, Noble flambeau du ciel , puissant globe de feu , Image la plus belle et la plus infinie De la gloire de Dieu ,
O grand astre, salut! quelle fête pompeuse
Se pourrait comparer au spectacle enivrant
Que , sans jamais vieillir, ta flamme radieuse
Chaque lîiatin va nous offrant!
Aussitôt que l'aube vermeille Du souverain des airs annonce le retour.
Par les plaines, les monts et les mers, tout s'éveille, Et la terre frissonne aux approches du jour.
Et le prince apparaît ; d'abord son diadème Et ses rayons empreints d'une molle pâleur, Puis le sommet du front, puis la face elle-même Dans toute sa splendeur;
Et le voilà qui monte et qui toujours s'avance. Plus ardent qu'une meule au sortir du brasier. Versant chaleur et jour avec munificence Aux moindres éléments de notre noir clapier;
Le voilà des hauteurs de la voûte profonde. Comme un jeune chasseur qui prend son large essor, Perçant l'air et les bois, les montagnes et l'onde De mille flèches d'or;
Puis voilà qu'à l'instant mille bruits retentissent Par les ondes, les -monts, les plaines et les bois; Tous les êtres vivants dans un concert unissent Leurs sifflements, leurs cris, leurs plaintes et leurs voix;
Et les sons variés de toutes- ces poitrines Forment en s'échappant une vaste clameur, Un torrent de soupirs et de notes divines Qui rejaillit au ciel en hymne de bonheur ;
Et le ciel lumineux est un temple sonore. Où , devant le soleil comme un autel en feu , La terre palpitante au soufile de l'aurore Bénit les bienfaits de son Dieu. «
O spectacle sublime! ô scène magnifique Inconnue aux enfants de la triste cité ,