HYMNE A LA VIGNE
Chante, et son œil s'emplit d'une larme furtive. Toujours à ton aspect le barde aux lèvres d'or Voit s'éveiller en lui la verve sommeillante, Et toujours, au doux feu de la grappe brillante. Son vers retentissant prend un plus libre essor.
Toujours un peu de ta liqueur vermeille Inspire du courage au guerrier de la veille, Et, sur le pont brumeux du navire mouvant. Sait réchauffer le corps et relever la tête Du pauvre matelot battu par la tempête
Et tout glacé par la pluie et le vent. Non , non , rien n'est changé, ta puissance est la même ; Seulement au grand jour de ta fête suprême , Et lorsque la vendange en bruyantes clameurs A proclamé ton culte et tes divins honneurs.
On a remplacé le délire Qui du vainqueur de l'Inde ensanglantait l'autel , Par une aimable joie, un doux éclat de rire, Et des remercîments au seul prince du ciel.
Enfant chéri de la France , ma mère, Plante aux reins tortueux , à la feuille angulaire ,
Que le soleil caresse avec amour, Ne laisse point tarir ta sève salutaire; 0 Vigne , nourris-toi des parfums de la terre, Et bois avidement les feux brûlants du jour.
XIY