‹ Satires et poèmesChapitre 36 sur 43 · LE PILOTE · texte numérisé non relu

LE PILOTE

Un jour un homme au large et froid cerveau Déchaîne les chiens de la guerre,

Leur dit : carnage 1 et lance le troupeau Sur l'Océan et sur la terre;

Pour exciter leurs sombres aboimcns , Tenir leurs gueules haletantes,

II met en flamme, et les moissons des champs,

Et les toits des villes croulantes; Dans le sang pur il fait marcher les rois,

Et bravant son peuple en furie, Charge l'impôt et ses énormes poids

Sur l'épaule de la patrie; Et puis enfin , succombant au fardeau ,

Faible, épuisé, manquant d'haleine, Avant le temps, sans jeunesse, au tombeau

Il descend dévoré de haine.

Et tant de mal, pourquoi? Pour rendre vaîi*

L'effort de cette pauvre France, Qui , l'œil en feu , criait au genre humain :

Le monde est libre, qu'il avance!

Pour arracher à ses baisers brûîans

Le front de sa sœur l'Angleterre, Qui cependant après quinze ou vingt ans,.

Remise à peine de la guerre,

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