‹ Satires et poésies diversesChapitre 12 sur 29 · VA. 59 "VN · texte numérisé non relu

VA. 59 "VN

Qui de nous n a rêvé des combats, Des héros saus peur dans la mêlée, Et des rangs sous la mitraille ailée Mis à bas ?

Ce rêve, je l'ai fait ; ces jours de douce extase, Je les ai vus en songe ; et ces héros sans peur Ébranlaient de leur poids ce monde sur sa base, Quand je les rêvais dans mon cœur.

Un soir que j'assistais aux sanglantes mêlées. Un soir, vous le savez, de triste souvenir.

Que les femmes priaient pales, échevelées.

Pour quelque lueur d'avenir;

Que les échos hurlaient, que Fair n'était que poudre Et fumée enivrante, et que les fondements Des palais orgueilleux se réduisaient en poudre A de si longs ébranlements ;

Que les cris pêle-mêle envahissaient les rues. Confus , impétueux, mêlés de saints transports , Et le temple encombré de femmes accourues Fait entendre le chant des morts!..

Que des soldats de bronze armés de faulx , de haches ,

Vieux héros à vingt ans> se soutenaient encor Un contre dix, sans chefs, et faisaient honte aux lâches Qui les vendaient pour un peu d or ;

Que Ton comptait les rangs de la sainte phalange Éventrés, pantelants, affreux, hideux à voir, Ici le crâne, et là le tronçon dans la fange. Les poings crispés de désespoir ;

Que les soldats du Don débouchaient dans les places , Inquiets , furetant, le pistolet au poing.

Et la lance en arrêt, accablant de menaces La ville qui n y répond point:

— Car la ville était morte; un Juif à barbe grasse, Hideux, déguenillé, s*y laisse à peine voir.

Guidant pour quelques sols Tennemi dans la place Gomme un boucher à Fabattoir ; —

Que le pont de Praga se rompait sous la charge Des pesants escadrons et des canons d*airain : Praga, ville martyre, où le sang coule au large , Et qui ne sera plus demain ;

Que les plus vieux guerriers , soldats à barbe blanche, Soldats nés sous le chaume, enfants de Kosciuszko,

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