‹ Satires inédites, pub. avec une introductionChapitre 12 sur 23 · XXX INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXX INTRODUCTION

Si son style semble trop bas, S'il a négligé de mieux dire, Peut-estre n"ignorait-il pas Que des asnes le dévoient lire.

Le recueil de la Bibliothèque nationale n'a pas cette physionomie dégagée et passablement impertinente. Rédigé dans les dernières années de la vie de Garaby, en vue d'une publication définitive, resté à l'état de projet, il comprend, avec les pièces les plus importantes des Essais, beaucoup d'autres compositions d'un tour généralement plus sérieux, quelquefois même d'une nature très différente. Le tout forme quatre parties nettement déterminées.

La première renferme uniquement des poésies latines échangées entre l'auteur et l'abbé Gilles Dancel.

La seconde nous offre un choix de maximes latines au nombre de 347, dédiées à Mgr Charles de Matignon, sous le titre de : Compendiosa de morihiLS sapientia egregiis insigniorum pinlosophonim dictis expressa.

Dans la troisième, nous trouvons des odes, des sonnets, des épitaphes et des poésies diverses.

La quatrième est consacrée aux satires.

Il suffit peut-être de signaler le caractère bizarre de la correspondance de Garaby et de l'abbé Dancel, ainsi que les analogies qui existent entre les maximes latines de la

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deuxième partie et les Sentiments chrestiem, politiques et moraux publiés en 1654 ; mais un intérêt plus vif de curiosité s'attache pour nous aux poésies françaises qui suivent. Sans pouvoir être placés sur la même ligne que les satires, nous reconnaissons que les poésies diverses classées dans la troisième partie méritent de retenir un moment notre attention.

Quelques-unes nous font connaître, par une foule de menus détails, le petit groupe de littérateurs caennais auquel l'auteur appartenait ; d'autres , adressées à des Yveteaux, à Daniel Huet, à Charles de Matignon, au lieutenant d'Eragny ou bien à Antoine Halley, nous donnent le ton des conversations précieuses et des futilités élégantes qui avaient alors la vogue.

Dans ce genre, nous citerons notamment la Terre de Bernières,-V Orangerie de Madame deLepiney, la Mort du perroquet de Madame, le Trépas du coq de M. de Brieux, la Réponse du Chat-Huant au Rossignol. Cette dernière poésie, datée de Granville, avait pour but de remercier Halley de l'envoi d'une épigramme latine :

Malgré la tempeste et la rage Des flots qui battent le rivage Ou Granville eleve ses tours, Mes sens, tranquilles en leur joye, Goûtant ceux que leur envoyé Ton Rossignol depuis deux jours.

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