‹ Satires inédites, pub. avec une introductionChapitre 14 sur 23 · XXXIV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXXIV INTRODUCTION

que cette philosophie sceptique, plus stoïque que chrétienne, ne fût véritablement la sienne.

Le 5 juin 1631, il écrivait à Halley :

« Je voy, Monsieur, n'en déplaise à nostre morale, que » tout ce que peuvent faire les plus grands philosophes » qui estudieut la nature est d'arriver, avec grand travail » et difficulté, à ce point d'apathie, où les brutes se » trouvent d'elles mesmes toutes portées. En quoy je » tiens leur fortune d'autant meilleure que cette assiette » de leur estre n'est ni agitée ni troublée par aucune » pensée étrangère d'honneur, cérémonie, honte et autres » telles productions de cerveaux creux, jouissant paisible- » ment, autant qu'il est en eux, du ciel et des éléments, » prests, sans préparation, à en perdre l'usage quand le » terme est venu avec autant d'indifférence qu'ils en ont » eu à en prendre possession. Voyla la philosophie à ma » mode ! »

Il était impossible qu'un pareil point de départ restât sans influence sur les conceptions morales de notre écrivain. Toutes en effet s'en ressentent plus ou moins, et il serait facile de citer même dans les Sentiments chrestiens telle page où l'on retrouve surtout le galant homme plus attentif aux inspirations de la bonne nature qu'aux scrupules délicats de la conscience. Quant à ses idées religieuses, sans estre absolument à l'avenant, elles

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