MISÈRE
Uh! de rorgueil humain, ridicule iiirortune! Je veux et ne puis pas, je puis et ne veux plus. Mes désirs sont ardents, mes pas irrésolus ; Sur la route du bien ma raison m'importune.
J'adore des vertus dont je ne sens pas une En mon cœur, à la fois turbulent et perclus. Mon âme veut voler au ciel près des élus, Mon esprit en chemin s'arrête dans la lune.
A son tour par le corps l'esprit trop entravé Ne peut rien mettre au jour de ce qu'il a rêvé. Hymnes, récits, tableaux, polémiques, harangues,
Tout est froid, embrouillé, tiré par les cheveux. Nous ne savons jamais parler même nos langues ; Et ce sonnet, enfin, n'est pas tel que je veux.
î/ HOMME
JJu haut de la collino. assis sous le vieux frêne, J'ai vu le beau matin rire dans le ciel clair. Des souilles embaumés sans bruit traversaient l'air, Effleurant les buissons plus ornés qu'une reine.
Non loin de mes regards, immobile, la mer, Libre de vils fardeaux dans sa paix souveraine, Autre ciel tout d'azur, épanchait sur l'arène Ses étoiles d'argent où se jouait l'éclair.
Dieu me faisait sentir sa présence sublime : Il descendait du ciel, il montait de l'abîme! e priais. — Tout à coup, dans le creux du chemin.
L'homme, hélas! apparut : un berger maigre et blême, En haillons, l'œil méchant, vomissant le blasphème. Menait ses moutons paître, un fouet à la main.