LE TRAVAIL DU DIMANCHE
xilCHE,
lu fais bâtir ta maison le dimanche !
Pour en jouir plus t(Jt, ta volonté retranche A cinquante ouvriers et prière et loisir ; En vain l'église s'ouvre, en vain Dieu les appelle : II faut tourner la grue et remuer la pelle ; Tu le veux, il suffit : leur loi, c'est ton désir.
Si l'un d'eux, par hasard, soucieux de son âme. Un chrétien méditant ce que sa foi réclame, Laissant là le travail, s'en allait prier Dieu, Tu lui dirais : « C'est bien ; mais quitte mon service. « Tu veux servir ton Dieu, que ton Dieu te nourrisse « Moi, je t'ôte l'asile, et le pain et le feu. »
Ils (loivoiil t'()l)('>ir jusque dans tes manies. Et, sans plus do façon, tu les excommunies Pour le moindre refus à ton moindre décret. Puisque tu ne crois pas, aucun d'eux ne doit croire ! Pourtant, tu leur permets de jurer et de boire. Et d'otfrir lo lundi leur paye au cabaret.
Mais le jour du Seigneur, il faut que, dès l'aurore On travaille, et le soir que l'on travaille encore : 11 faut que ce jour-là l'homme plus hébété, Etalant sa misère et son ingratitude, Par le bruit du travail, ce chant de servitude. Insulte en plein soleil Dieu qui la racheté.
Tu le veux, on le fait. On le fait pour ton compte. La foi cède à regret, la nature se dompte, L'ouvrier en haillons prend son outil pesant. La foule autour de lui se promène parée : Il sent qu'il est captif sous sa vile livrée. Captif d'un n.aitre dur et d'un fort malfaisant.
Oh ! riche ! prends bien garde à ce train que tu mènes ! Ces sombres ouvriers, ces machines humaines Forment d'étranges vœux, au temps où nous vivons. Prends garde de semer d'effroyables récoltes.
Si les bras sont soumis, les cœurs ont des révoltes : Il faut payer à Dieu ce que nous lui devons.
Les crois-tu tes amis, ces gens à rude écorce ?
Les crois-tu peu nombreux, sans envie, ou sans force?
Entre eux, de leur travail ils augmentent le taux;
Et lorsfju'ils ont fnii la besogne accablante,
Comme des créanciers, d'une démarclie lente
Ils s"en \ ont pleins de haine, emportant leurs marteau.x.
Et moi dont la maison n'est point sur cette terre, Moi qui suis ici-bas simplement locataire. Riche, pour toi j'ai peur. Je regarde au delà: Leurs marteaux à la main, ces forçats du dimanche, Un dimanche pourront chercher quelque revanche... Dîe.s- î/YR, Dies iUal