‹ SatiresChapitre 21 sur 72 · ANACRÉON · texte numérisé non relu

ANACRÉON

iliNCORE des airs palpitants I

T'y prendra-t-on toujours, vieux masque ?

Quand finira ce faux printemps ?

N'as-tu pas honte, à soixante ans,

Du thyrse et du tambour de basque I

Ces propos d'aimable vaurien, Ces poses d'amoureux farouche, Pour un barbon le beau maintien!

Comme la bouche en cœur va bien, Quand les dents manquent à la bouche!

Tu vas fredonner aux falots.

Déjà gêné par le catarrhe, Tes vers équipés en brûlots :

Mais lu pèses bien cent kilos, Outre le poids de ta guitare !

Quitte un métier dont les effets Rempliront mal ton espérance :

En amour, malheur aux profès 1 Les novices y sont mieux faits.

Même eh chansons tu sens le rance.

De ton savant psaltérion,

Les grâces enfin sont postiches ;

Le moindre petit Arion

Te soufflera ta Marion,

En lui rimant des acrostiches.

Tu fus jadis beau capitan

Et tes poulets faisaient blessure :

Mais où sont les neiges d'antan i

Cidalise te dit : « Va-t'en

Au fossoyeur donner mesure. )>

Anacréon ou Trissotin, Je t'en conjure par ton ventre Et par ta moustache faux teini .

Laisse là Chimène et Catin 1 .

Tes enfants sont nubiles ; rentie,

Rentre en toi-même, cœur geignant Où Tamour illégal fourmille l Car le spectacle est répugnant, De voir Cupidon ëtreignant Silène père de famille.

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