A UN QUI VEUT RIRE
1 AR pillé 1 sois tout d'une mèche, Toi qu'on lit toujours en bâillant ; N'imite pas un jour Bobèche, Un autre jour Chateaubriand.
Un sot qui travaille et se lime Ne devient qu'un sot plus parfait ; Tu n'es pas né pour le sublime :
Le grotesque, voilà ton fait.
Si pourtant l'honneur te démange. Si ton kalife ainsi l'entend, Lâche-toi, sois sublime, mange Au râtelier de Pelletan I
Va barbouiller en haute sphère, Rends-toi prophète par accès :
Pour toi ce n'est pas une affaire, Tu sais bien le mauvais français!
Superbement jette l'insulte Au papisme qui va finir; Fais-nous des codes ; ponds un culte, Le beau culte de l'avenir !
Mais sois ferme en cette manière, Elle rentre dans ta façon.
Vois comme fait La BédoUière, Prends exemple du limaçon.
De l'abonné docile esclave, Tu combleras ainsi les vœux :
Il prendra pour un jet de lave Ton sillon luisant et baveux.
Tu grandiras dans son estime, Au Siècle tu seras puissant ; Et moi, mon fils, moi ta victime.
Tu me verras reconnaissant.
Bonheur que je ne peux décrire !
Quoi I ce sot n'est plus foliption !
Je n'entends plus grincer son rire, Gomme sur la vitre iin ))ouchon !
Il connut ma peine profonde, L'excellent garçon ; il comprit Qu'on est trop rude au pauvre monde, Quapd on est sqt et bel-esprit.