‹ Satires parisiennes du XIXe siècleChapitre 126 sur 135 · DANS L'ORPHELINAT DE M. LE MARQUIS DU B · texte numérisé non relu

DANS L'ORPHELINAT DE M. LE MARQUIS DU B

C'est une des jeunes élèves qui parle.

Nous venons vous offrir, mes compagnes et moi, En ce jour solennel pour notre heureuse enfance. Un gage, désormais notre plus douce loi, Un gage de tendresse et de reconnaissance... — Yous avez des enfants... et vous les adoptez 1 Dira cet homme froid que l'égoïsme presse ;

Pourquoi ces libéralités?

Voulez-vous épuiser, en dons, votre richesse ? Jouissez de vos biens, goûtez votre bonheur !

— 0 mortel dépourvu de cœur !

Tu n'as donc pas compris ? et faut-il, pauvre fille, Que je t'apprenne à toi ce qu'on voit tous les jours :

Dieu bénit la grande famille !

Ne comptes-tu pour rien le plaisir que toujours, A l'âme du chrétien, qu'une foi vive éclaire.

Rapporte un seul bienfait rendu ?

Ya, tous les trésors de la terre

Ne valent pas un acte de vertu.

On dit que dans ce monde, où règne l'injustice, Il est des insensés qui, dans leurs rêves creux, Pâles de jalousie, ont l'infernal caprice De bannir la richesse ainsi qu'un monstre affreux.

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