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Ces jeunes plantes que l'action d'une chaleur concentrée avait fait naître en quelques jours, qui devaient se flétrir quelques jours plus tard dans les corbeilles d'argent placées autour d'Adonis, aux fêtes de ce favori de Vénus, ne sont-elles pas l'image de beaucoup de nos brillants sujets universitaires? Ils ne durent pas plus que cesadânidos fa*poi,ces jardins d'Adonis, expression qui était devenue proverbiale dans l'antiquité, et que l'Université ne saurait me blâmer d'employer ici, pour désigner les choses éphémères.
Cette assiduité constante, à laquelle on condamu. - . le man-
que d'exercice et d'air, ne peuvent que nuire à la santé, au développement de l'homme. Et puis, n'est il pas cruel de placer les longues stations des concours dans les mois les plus chauds de l'année, alors que les professeurs des facultés songent prudemment à prendre leurs vacances? On ne saurait avoir trop de précautions pour prévenir les infirmités qui assiègent même la jeunesse. Ainsi, en Allemagne, l'usage des lunettes devint si fréquent parmi les écoliers, qu'on songea à rechercher les causes de cet affaiblissement de la vue. L'enquête prouva que les principales causes étaient les livres grecs mal imprimés, et 1 explication des auteurs de cette langue au moment où le jour baisse.
« Je dirov volontiers que comme les plant- s'estouffent de trop ,1 humeur, et les lampes de trop d'huile; aussi faict f spnt, par trop d'estude et de matière. Et combien ay-je veu de mon temps d'hommes abestis par téméraire avidité de science?... 11 n'est rien » gentil que les petits enfants en France ; mais ordinairement ils trompent l'espérance qu'on en a conceue... J'aj ouy tenir à gents d'entendement que ces collèges où on les envoyé, de quoy ils ont foison, les abrutissent ainsin l. »
M. Biot,me disait un de mes amis qui eul l'honneur de parler plusieurs fois à cet illustre académicien, reconnaît que de son temps on exigeait dans les examens à I icole polytechnique, plutôt l'aptitude àl » ,,,„. |a 5CienCe elle-même. Cela me parait fort judicieux et toi dans le sens du conseil d'Isocrate àDémonique : «Si tu aimes la s tu seras savant. »
Vous Lueî votn Qls, disais-je à une mère pleine de tendresse pour
). Montaigne, Hv. I, 24, 25
son enfant, mais ne pouvant résister à la gloriole de le voir briller dans les concours. Quand il aura acquis, s'il l'acquiert, la position à laquelle vous le destinez, il ne sera plus bon à rien. — Qu'importe! il sera tout de même arrivé. — Arrivé, ai-je répondu; oui, comme le brave soldat sur la brèche... mourant!
On cajole, on obsède les parents, on leur achète, c'est l'expression dans sa vérité toute crue, leurs enfants qui ont des chances de réussir aux concours. Dans les collèges, on se contente de pousser, au détriment des autres élèves, ceux qui peuvent faire briller le professeur et l'établissement. Heureux quand on ne transforme pas ces jeunes prodiges en spécialistes, bons seulement à gâcher du thème grec ou des vers latins!