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Il vaudrait peut-être mieux mettre, au collège, franchement de côté les langues vivantes, qui sont pourtant d'une utilité incontestable, que de les étudier comme on le fait. M. Savoye, professeur d'allemand au collège Louis-le-Grand, s'exprime ainsi dans sa brochure adressée à M. le ministre de l'instruction publique, en septembre 1846 : « Depuis cinq heures du matin jusqu'à huit, l'écolier n'a qu'une demi-heure de répit, et travaille dans les salles d'étude. A huit heures, il passe aux leçons de latin, et c'est à dix seulement que, après avoir déjà pâli pendant quatre heures et demie sur les langues mortes, il arrive aux langues vivantes, fatigué, abattu et maudissant ces classes bâtardes. ■ fâcheux caput mortuum qui vient encore le poursuivre si mal à propos... A l'inconvénient des heures mal choisies se joint la parcimonie avec laquelle on distribue le temps accordé à ces facultés. Pour le latin et le grec, les élèves ont chaque semaine dix, douze et jusqu'à seize heures de classe, tandis que pour l'allemand ou l'anglais, il ne leur en est donné que deux. Quant au travail entre les classes, il n'en faut pas parler : le temps manque! etc. [Considérations sur l'état de V enseignement des langues vivantes dans les collèges de France, p. 8 et 9.)