‹ Satires parisiennes du XIXe siècleChapitre 4 sur 135 · DEMOSTHENES · texte numérisé non relu

DEMOSTHENES

c'est très-facile: fais les mêmes choses que tu fais: brouille tontes les affaires ainsi que le hachis de les andouilles; rends-toi

toujours maître du peuple en lui parlant cuisine. Du reste, tu réunis en toi les autres conditionné la popularité: voix terrible, mauvaise nature, impudence bavarde. Tu as tout ce qu'il l'aul pour administrer les affaires publiques.

Iristophane, les Chevaliers, 2H

Mon Dieu! pourquoi faut-il que les plus beaux nomsmêmei

Amour et liberté, deviennent des blasphèmes, Quand d'un zèle menteur prompte à se pavaner, Une bouche hypocrite a pu les profaner? Amour et liberté! c'est l'âme de la vie, C'esl l'horizon si doux donl la vue est ravie; C'est l'étoile qui brille au fronl du firmament El guide le marin sur l'humide élément.. . Sublime libertél la richesse du sage I En vain, pour lui ravir sou auguste apanage, Les tyrans conjurés le chargeront de fors; Il est libre, il les brave, il brave l'univers:

JACQUES BONHOMME

Des terrestres liens il brise les entraves;

Il est roi; ses bourreaux ne sont que des esclaves.

Mais ne confondons pas, avec la liberté,

L'orgueilleuse licence et son masque effronté.

Le pire effet, souvent, vient des plus nobles causes,

Et l'on voit des bigots, hélas ! en toutes choses.

Il est de ces mortels, nés pour notre malheur, Qui semblent se jouer des purs élans du cœur. Le mot sacré d'amour est toujours à leur bouche. Quand un vil intérêt les conduit et les touche. Le véritable amour, sans parler, nous séduit. Je crains fort la vertu qui recherche le bruit.

0 charlatans d'amour et de patriotisme, Votre religion n'est que du fanatisme!

Vous avez beau jeter des poudres d'or aux yeux. Apôtres de l'erreur, arrière les faux dieux !

Non ( ce n'est pas ainsi que le Christ, sur la terre, Prêcha la liberté, ni l'amour pour un frère! Quand je vois votre orgueil et son humilité, Que je vous sens petits dans votre vanité ! Vous marchez à tâtons dans une nuit profonde, Et croyez que votre œil illumine le monde. Vous vous intitulez bienfaiteurs des mortels... Insensés, qui déjà vous dressez des autels, Vouliez-vous les rougir du sang que dans nos villes Ont souvent fait couler vos affreux évangiles? Vous pensiez égaler, laissons là tout détour, L'Homme-Dieu qui pour nous a signé son amour

Sur l'arbre de la croix, eu sanglants caractères... Il est le bon pasteur el tous... les mercenaires. Cessez de nous poursuivre el de nous débaucher. Tels que le coq qui grince au faîte du clocher,

Tournerons-nous toujours au vent de vos caprices, Pour avoir, nous le mal, et vous les bénéfices? Vous vous servez du peuple, infâmes suborneurs. Comme d'un marchepied pour monter aux honneurs.. . Vous l'attirez ainsi que ces lueurs perfides Qui scintillent le soir sur les gouffres liquides: Le voyageur perdu dans l'ombre de la nuit, Prend courage en voyant cette vapeur qu'il suit... Du chaume hospitalier c'est la clarté lointain/. Son phare de salut dans sa course incertaine. Il marche, il marche encor jusqu'au bord de l'étang... Le feu follet s'enfuit... la mort seule l'attend.

Ainsi quand vos discours ont exalté les têtes.

Précipité la foule au milieu des tempêtes,

Ont soufflé la discorde aux hommes de tout rang.

Et brisé les liens les plus sacrés du sang ;

Quand l'heure du péril, comme un glas de mort sonne

Pour tous, où vous trouver?... on ne voit plus personne.

Au peuple vous taillez, très-prudents pour vous seuls.

Quelqu'oraison funèbre et de pompeux linceuls.

JACQUES BONHOMME

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