SEULE CONTRE LA MISÈRE ET L'HOMME
La raison du plus fort est toujours la meilleure. (La Fontaine, 1,10.)
Qui ne plaindrait le sort de ces infortunées
Aux orages du cœur trop tôt abandonnées,
Sans guide, sans appui, dans la grande cité,
Où la jeunesse en proie à tant d'adversité
Péniblement remplit sa tâche journalière
Et lutte avec la faim, mauvaise conseillère?
Puis, quand succombe un jour la malheureuse enfant,
On se la montre au doigt, sans nul ménagement;
C'est elle que toujours on insulte, on accable;
Elle était la plus faible, elle est seule coupable!
Et l'homme qui peut-être exploitant sa douleur,
Dans sa détresse achète à vil prix son honneur,
De tout malin discours son sexe le protège,
Il sort des embarras les pieds blancs comme neige.
« 11 faut bien, se dit-on, que jeunesse ait son temps...
« Nos fous d'hier seront demain sages parents. »
Voilà l'homme ! Pour lui, d'une indulgence extrême. Il fait en sa faveur, tout, jusques aux lois même.
28 S \Tlltr. 11.
L'homme a toujours raison, La femme a toujours tort. Mais certain qu'auprès d'elle il o'esl pas le plus fort. Grâce aux dons qui '1rs cœurs la rendenl souveraine,
Il veut qu'au moins le Code, à son défaut, l'enchaîne.
El pourtant il la tient durement sous sa main.
Car il lui vend bien cher, trop cher, son pauvre pain :
Quand elle a travaillé comme nous, plus peut-être.
Quel misérable gain reçoit-elle d'un maître,
Pour prix des longs efforts qui brisent sa santé.
Et ne la sauvent point de la mendicité !
La femme est, dès l'enfance, à la merci des hommes! C'est nous qui la gâtons ; elle est ce que nous sommes. Et l'on va s'étonner qu'au vent des passions La femme, elle aussi, plie, alors que nous plions!
Was die lieulende Tiefeda unten verhehle, Das erzàblt keine leb.:ndige glûckliche Seele.
Ce que le gouffre hurlant dans ses profondeurs recèle, nul être vivant ne peut le raconter.
'Schiller, te Plongeur.)