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J'ai été pendant plus de quatre ans membre de la conférence de Saint- Sulpice, dans la société de Saint-Vincent de Paul. J'avais cru de cette manière être plus utile à certaines familles que je ne pouvais le faire isolément. Chef de section, j'ai donné, de mon plein gré et de vive voix, " ma démission, que le président, au nom de la conférence, ne voulut pas accepter. Néanmoins je me retirai. J'ai vu dans cette réunion, qui est la conférence-mère, des personnes animées des plus beaux sentiments de charité; mais j'ai aussi remarqué toutes ces petites misères qui ne devraient pas être le partage de sociétés composées en grande partie d'hommes éminents. Madame de Staël, si je ne me trompe, a dit qu'il ne faut voir faire ni la cuisine, ni les lois; ajoutons, ni les œuvres de charité. Ce qu'il y a de bon dans de semblables réunions, c'est que plusieurs membres influents peuvent, en dehors de la société, être utiles aux pauvres, de leur bourse ou de leur crédit. Ensuite, comme il y a
aussi toujours des médecins, ,! des »out immédiatement secouru?, ce qui n'a pas lieu au bureau de bienfaisance; pendant les formalités à remplir pour obtenir un médecin, on a le temps de mourir. Yn grand malheur des conférences, c'est de ne pas se pénétrer assez du sens de ce proverbe : « Qui trop embrasse, mal étreint. » Ainsi les neuf principales œuvres qui se rattachent à la conférence Saint-Sulpice se nuisent réciproquement, les ressources pécuniaires n'augmentant pas en proportion des œuvres. Elles n'ont bon air que sur le papier. C'est déjà quelque chose pour une société qui ne peut, quand elle a, suivant l'expression du P. Milleriot, péché un gros poisson dans le torrent bourbeux du siècle, se dispenser d'ébruiter sa pèche miraculeuse, au moyeu de petites feuilles détachées intitulées : Le Christianisme en action, qui se vendent à raison de un franc le cent, comme celle qui porte le n° 6, à propos d'un historien bien connu. La société de Saint-Vincent de Paul devrait aussi faiie son profit des sages observations d'une pieuse et chariUble dame de sa connaissance, qui disait : « Il y a surtout trois ennemis l'esprit de domination , l 'esprit de contradiction et ["impatience;
c'est-à-dire cette ardeur imprudente qui ne sait ni attendre Dieu, ni prendre patience avec les hommes, et qui renverse tout pour vouloir fout précipiter. » (Eloge de madame la comtesse de Carcado, prononcé en 1809 par l'abbé Le Gris-Duval. 1820, p. 20.)
La société de Saint-Vincent de Paul élargirait à perte de vue l'horizon de sa -charité, rendrait d'immenses services à l'humanité, si elle voulait regarder un peu moins le ciel, un peu plus la terre.