‹ Satyre Menippée de la vertu du catholicon d'Espagne et de la tenue des Estats de Paris; augm. de notes tirées des éditions de Du Puy de Le Duchat, et d'un commentaire historique, littéraire, et philologiqueChapitre 45 sur 61 · DES SINGERIES · texte numérisé non relu

DES SINGERIES

DE LA LIGUE

Messieurs ,

Il ma semblé estre bien convenable qu'auparavant entrer en lice , et expliquer nostre carte ou tableau des Estais de la Ligue, tenuz ou à vray dire jouez à Paris, presque toute Tannée iSgS, les assortir et accompagner de quelques autres pareilles singeries, tendantes à mesme fin , et soubs mesmes prétextes de dévotions, afin de n'en frustrer aucune de ses prétendues singularitez. A quoy nous commencerons à la monstre qui fut jouée environ le mois juillet. Fan i Sgo, ou une grande quantité de prestres et moynes , je ne dy pas religieux et novices, en forme de goujats, la Seiziere, accompagnée d'un grand nombre de pédants, le tout de divers ordres et nations, armez à la légère, sur le moule du pourpoint de l'antiquité catholique, à peu près de l'encoleure de ceux qui gardent le sepulchre en Avignon,

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qui, dançants au son et cliquetis d'un tabourindc Biscaye, à Fimitation de Mardy-Gras, se faisoyent veoir en ce foUastre et risible équipage^ par les rues de Paris, au grand regret et mescontente* ment des gens de bien.

pAres eux cheminoit, faisant rarriere-garde , un assez malostru personnage, que l'on disoit estre un avocat fol, armé de mesme, comme û ce mesme jour il eust eu à combattre les Pigmeans sauvages , à qui les roytelets et autres oisillons du ciel font la guerre à toute reste , à sçavoir, d^un vieil corps de cuirasse de fer blanc, une bourguignotte d'Auvergne en teste, pannachee et enharnachee d un superbe trophée de plumes de paon, une fourche fiere sur son espaule gauche, te bec tirant contre bas en forme de sergent de bande , un cornet de verre pendu à sa ceinture, qu'il disoit avoir apporté de Sainct-Mathurin de TArchant en la faveur duquel il faisoit accourir une infinité de badaux de Paris, j à plus quà demy desbauchez de ces nouvelles adventures, auxquels, à petit bruict et basse notte, predisoit comme il s ensuit, que ceste momerie n'estoit autre chose que les signes et appeaux d'un nombre infiny de détresses et malheurs à advenir.

Messieurs , asseurer se faut Puis qu'en juillet Ton veoit faire

Du Mardy-Gras le mystère, D'avoir Garesme bien haut.

Ainsy je veoy ceste nouvelle armée passer outre sur le pont Nostre Dame, et cheminer en gros devers le petit Pont , près duquel rencontrant de bonne ou malle fortune , le coche ou estoit monsieur le légat Cayetan : ce qu ayant recogneu les capitaines et conducteurs d'icelle, comme chose deue à leur chef, se délibérèrent gratis Êiire une salue et révérence militaire, commandants expressément à tous ceux de leur troupe guerrière tirer chascun d*estoc et de taille , tant du devant que du derrière , sans exemption de personne , y obligeants autant ceux qui portoyent des arbalestres à jalet, que ceux qui avoyent des arquebuses à croq sans fourchettes. Dequoy lun d entre eux ne voulant pas plus faire de bruit que de besongne, tira si promptement, quil abbattit du mauvais vent lun des domestiques dudit sieur Légat, qui ce mesme jour alla en poste en porter les nouvelles en paradis, si ceste singerie fut autant saincte et salutaire quils nous la cuidoyent faire croire, et fut plus ledit occis enterré honorablement un peu à petits frais que n'estoyent pas les anciens Romains ; sur le sepulchre duquel fut gravé , pour servir de mémoire à la postérité , ce qui s ensuit :

Celui qui çist icy fut de la cent romaine,

Victime de salut du Gayetan Légat ,

Heureux pour un tel sainct d^avoir perdu Fhaleine,

Par les guerriers effects d'un moyne reniât.

Geste momerie estant entrée en la cervelle de plusieurs idiots, tant masles que femelles, et recogneuz par iceux pour sainctes actions, ne se firent pas beaucoup tirer l'aureille pour y apporter du leur, et vendre jusques à leurs communes bardes, le tout pour la conservation, manutention et défense de la très saincte Ligue , ne trouvants rien' presque en tous les commandements de Dieu ny de nostre saincte Eglise, si précieux, ny recommandable que lestablissement d'icelle. Âussy pour ce faire, poussoyent bardiment à la roue ces diables de ministres, à sçavoir les Seize et autres gens de mesme farine, battants, conune Ion dit en commun proverbe, le fer pendant qu'il estoit cbaud ,'feignants que pour ceste cause ils y apportoyent du leur à bon escient , remonsr trants mesme que pour ceste nécessité on avoit desjà inventorié jusquesaux sainctes reliques des Eglises de Paris , pour les exposer en vente , si besoin estoit : ce que toutesfbis ne se feroit pas, tant ils trouvoyent messieurs de Paris gens de bien et très affectionnez à ceste saincte cause; tandis que cbez eux resteroit de la vaisselle, et autres piafferies d'or et d'argent, belle adulation s'il en fut

Un jour, Fun de ces messieurs les zelez, s allant pourmener devers le cymetiere Sainct-Jean, et voyant passer plusieurs servantes de bonne maison, les unes à part, les autres après leurs maistresses, à qui il restoit encore leurs demy cemts d argent sur le cul , en tira quelques unes devers luy, et ne fut point honteux les exhorter en ceste

sorte:

Nourrices et chambrières , Qui portez sur vos derrières D^argent les gros demy ceints , on nez les pour nostre cause ^ Je donneray mon haut de chausse, Mon valet, ses vieux pourpoints.

Peu de temps après, quelques propos sesmeurent entre deux voisins , marchands demeurants en la grand rue Sainct-Denys , dont l'un comme homme de bien et d'honorable conversation , sçachant que ce sien voisin, dont est question, s estoit depuis quelques journées embarassé et embourbé en ceste misérable engeance des Seize, s'il en fut jamais.

Que Fespagnole nation , De la France j monstre exécrable , Pour une traistre paction , S'attend luy estre favorable.

Taschant à l'attirer à la raison par les conjec-

tures honnestes de ses plus saines aifectioDs , luy remonstrant que luy et ses semblables eussent à prendre si proprement à son droit fil le sainct exercice de la religion , dont à faux tiltre ils se disoyent les principales colomnes et arcboutans, de misérable argent , par lequel , comme chetifs esclaves du Pérou, estoyent vendues leurs propres vies , fut capable et suffisant pour en racheter une infinité d autres, qui par luy et ses semblables avoyent esté peries et ravies pauvrement ; par lesquelles remonstrances, comme forcené de rage, n ayant pas des raisons convenables pour dresser une responce, commença à changer de couleur, mouver les lèvres, et grincer les dents à la façon de quelque singe esmeu contre un page de cour, tout prest à venir aux escarmouches de coups de poings, si quelques autres voisins des environs ne fussent vencuz en grand haste à la recousse. Ce qui toutesfois n'amenda pas beaucoup le marché du prétendu scandalizé ; car comme ils furent tous amassez, et ayant sceu la cause de leurs questions si outrageusement débattues , rapportées de mot pour mot par Fadverse partie de monsieur le Seize : lequel fut par tous grandement honoré de ses franches et libres propositions , et au contraire , monsieur le Sehe , et sa société blas mee à dire : d où venez vous? en faveur desquels

un de la compagnie fit ceste couronne et epithete prognostique : •

Ce sont voleurs à couvert, Que quelque temps à venir, La raison à descouvert, Fera lourdement punir.

Au récit dequoy plusieurs se prirent à rire à gorge desployee, pensants luy avoir baillé belle, selon le commun usage de messieurs de Paris, qui est quand un chien se noyé chascun luy offre à boire, dont monsieur le Seize voyant que chascun se mocquoit de luy, se retira chez soy, ou estant parvenu , sa femme qui le voyant ainsy transporté de colère n*en sçavoitque penser, pourquoy fut délibérée , comme cela dépend de lacoustume des fenmies d'estre curieuses de tout entendre, de cognoistre les principales causes et motifs de ses douleurs, ce que luy ayant déclaré par le menu comme ils luy estoyent advenuz; elle, prenant le mieux au pis ou le pis au mieux, pensa à elle mesme que ce sien voisin estoit poussé de quelque envie ou indignation à leur endroict, l'en voulut aller remercier: ce quelle fit, ou sans dire. Dieu gàrd, ny bénie, ne recognoissant ny voisins ny voisines , commença à monter sur ses ergots, leur publiant le formulaire de sa confession de foy, l'adressant à celuy qu elle pensoit estre le princi-

pal causeur et engendreur de la noyse, bien qu elle la decella devant tous en ceste4K>rte :

Mon voisin, vous n'avez que faire De cuider mon^ mary distraire D'estre des Seize en FUnion, Car bien que ce soit piperie, Si est ce bonne droguerie, Pour faire chère à sa maison.

Ce qui donna occasion de rire mieux que pardevant à toute la compagnie, dont Tun d'iceux voulant poursuyvre l'histoire, se ressouvenant qu'en ses promenades, le jour précèdent, ils avoyent traité luy et un sien familier amy, des miracles singuliers des bons saincts espagnols, saincte Dalle , et sainct Doublon , qui lors estoyent envers plusieurs en grande recommandation et révérence , raconta en faveur d'iceux ce qui s ensuit:

Ainsy que je disoy hier,

Très mal ont faict les imprimeurs,

Qui n'ont mis au calendrier

Les saincts des confrères lig;ueurs

Issuz de la noble famille

Des minières des Indiens,

Envoyez du roy de Gastille r

En France, pour les faux Chrestiens.

Pourquoy s'il advient que Ton face

Des almanachs l'année qui vient.

Trouver il leur faut quelque place.

Arrière un peu de la Toussainct :

Car les mettant au mois d'octobre y Sainct-François jaloux en seroit, Qui se ressentant de Fopprobre, En leur pays les chasseroit.

De ces saincts les noms vénérables Sont saincte Dalle et sainct Doublon , Qui font mettre cousteau suz tables, De ceux qui vivent à recullon :

C'est.pourquoy les ligueurs confrères, Ayants ces saincts logez chez eux , N'ont point soucy de nos misères , Ains vivent g;aillards et joyeux.

Apres, comme estant venu le jour de la Magdclaine, un jeune Cordelier se mit ainsy qu'il venoit bien à propos à prescher de la pénitence, ou ne trouvant chose plus propre à son advis pour faire un bel assortiment des angoisses et extresmes nécessitez de messieurs de Paris, que la conférence de leurs misères à celle de l'enfant prodigue, ce qui leur communiqua publiquement, en faveur de la saincte ligue; comme il s'ensuit: Messieurs, je sçay bien que

Plusieurs pour la saincte ligue Souffrent plus que l'enfant prodigue ; Car disnant avec les pourceaux Il mangeoit choux, raves et naveaux, Et eux avec leurs maigres lippes, Sont bien heureux manger les trippes.

Et boudins d'asnes et chevaux, Faute de si friands morceaux.

Puis et Reliqua^ leur proposant que leur agonie estoyt la vraye eschelle pour parvenir à la béatitude céleste; en donna asseurance en ces propres termes fidellement recitez en ces vers :

Si en prenant patience, La mort vous serre les dents , Ergo sera pénitence :

Doncq serez en recompense Grands au ciel comme Géants.

Telles furent les sententîeuses considérations qui furent mises en usage en ceste prédication.

Quelques journées suyvantes ainsy que je passoy par la rue au Maire , près Sainct-Nicolas des champs , ou se tenoit boucherie ouverte des chairs d asnes, et chevaux , estallez à la manière accoustumee , au plus offrant et dernier enchérisseur : ou il me souvient qu un notable bourgeois, bien que quelques uns ayants jà publié que ce fiit une damoisellc, recherchant les reliques de son asne ligueur, trouvant sa commère, laquelle s'informa de la cause légitime de sa tristesse, la luy raconta, avec une infinité de larmes.

Or, comme durant un si long siège que Paris a si laschement souffert et enduré, advint quun

SATYBE MENIPPÉE. SSg

pauvre homme et sa femme, desquels, pour lextreme nécessité qu'ils avoyent eue, ne leur restoit plus que la peau collée sur les os, ne pouvants presque plus respirer, allèrent , suyvant l'ordonnance de messieurs les Seize, qui par une extérieure apparence de bienfaicts, ayants ravy les gp*ains des greniers de plusieurs bons bourgeois qui en avoyent faict provision en la saison , c'est à dire des Tannée précédente, pour la commodité de leurs maisons, dont en fut quelque portion divisée par les quartiers, et distribuée par un chascun des capitaines, rellement quellement, qu'ils firent moudre et convertir en petites miches, par eux baillées à raison de six blancs pour pièce, qui estoit le pain quotidien seulement de ceux qui soubs leur conduicte alloyent aux gardes des portes et sentinelles: charité qui toutesfbis ne dura gueres; car ces messieurs ayants trouvé moyen de le vendre jusqu'à six vingts escuz le septier, en coupperent bien tost la broche; ces pauvres gens donc allants devers ces gros diables de messieurs de la saincte Union, pensants qu'en les voyants en si pauvre équipage, incontinent seroyent esmeuz de pitié et miséricorde en leur endroict. Ce qui fut tout au contraire : car sans y avoir égard quelconque, ny pitié ne pitasse, chassèrent les chiens après les talons de ces pauvres

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et misérables mandiants, vulgairement dicts pauvres honteux , le tout par une très grande charité chrestienne et fraternalité catholique, les consolants en ceste sorte par leurs sainctes et salutaires propositions, disants les uns aux autres comme il s*ensuit :

Il faut chasser ceste vernime Qui ne presche que de famine, Eln quoy disant mourir de faim :

Mettons dehors ceste racaille, Qui toujours après nous criaille.

Que fassions la paix pour du pain.

Voylà, messieurs, les sainctes resolutions de ces grands replauteurs pretenduz de la foy, qui bien pires que ne fut oncques le valet de Marot, méritent estre au registre de ses propres qualitez, comme

Sentants la hart de cent pas à la ronde, Au demourant les meilleurs fils du monde.

Or, comme dit Pierre de Ronsard, Thonneur des poètes de nostre temps :

Fortune est de chascun la maistresse puissante, Louable toutesfois : car après qu'elle a faict Par sa leg[ereté aux hommes un malfaict.

Un bien suit son malheur, tant elle est inconstante.

Ayants donc ceste variable déesse trop long-

SATYRE MENIPPÉE. 36i

temps, à nostre préjudice, tourné le front vers ceste canaille, leur présentant toutes choses à souhait, bien que trop tard, commença à s en lasser, et, au contraire de ses faveurs passées leur promit, par ces divins oracles , d'oresnavent tous les malheurs du monde. Pourquoy la cuydants forcer, les pauvres fols se pensants hausser et asseurer leur synagogue, qui par la longueur de nos misères commençoit desjà à sesbranler et tomber peu à peu , cognoissants qu'il restoit encore quelques hommes de bonne cervelle et grande considération, qui ne se lairroycnt pas corrompre aysement par leurs menées et façons de faire, voire qui au péril de leurs vies, comme vrays François se fussent virilement opposez au vîolement par eux prétendu faire contre tout droict divin et humain, aux lois fondamentales du royaume de France, comme chose trop préjudiciable à Testât royal et couronne dlceluy, duquel à faux tiltre ils se disoyent les conservateurs et très fidèles protecteurs, mais Dieu le sçait. Ils mirent , pour revenir à ma première proposition , leurs bourrelles mains sur ceux qui par leurs authentiques authoritez, pour un simple hola, eussent brouillé leurs mystères, qui sans forme de procez ny ordre judiciaire, ains de puissance absolue, furent par eux cruellement mis à mort.

Et bien que vous autres messieurs les Saze, haussants bravement les cornes quand quelqu*un vous en regardoit de travers, pensants estre audessuz de vos affaires , estiez assez prompts à reciter, afin de vous faire craindre, ce qui s'ensuit:

Heureux celui qui pour devenir saçe , Du mal d^autruy faict son apprentissage.

Ce que tost après cogneustes à vos despens : car les plus huppez de vous autres en payèrent l'usure: c'est à sçavoir, que pour trois que vous aviez cruellement occis, en furent bravement penduz et estranglez par leurs cols, jusques au nombre de quatre des plus réguliers de vostre société. Ameline, Anroux, Aymonnot, et Louchard, puis la chance tournée, au lieu que morguiez les autres, fustes morguez à bon escient, et faicts à vostre dévotion les vers qui s'ensuyvent, en forme de chanson assez commune et usitée.

Que plus on ne brigue Estre de la ligue, De saincte Union :

Car ne leur desplaise, Puisqu'on pend les Seize, Il y a de Toignon.

Apres cest accident, ceux qui restèrent de vostre robe eurent fort à faire, comme en pourroit bien

tesmoigner quelqu'un d'iceux, qui un lu* ainsy qu'il s'alloit promener hors les portes ^a ville , fut rencontré d'un notable bourgeois qi|e frotta en enfant de bonne maison , puis rapp^int cela chez soy pour faire bonne mine, comiil faict bon battre orgueilleux , et pour cause (jls n ont garde de s'en plaindre ; aussy luy ne se {jgnoit il pas des coups qu'il avoit receuz, encc qu'il y parust assez lourdement: mais trop bienieceluy là qui l'a voit si gratuitement chatouilm'avoit point joué ses jeux sans parler, pourqud disoit faire jBsiire des informations, attendu quiar plusieurs et diverses fois il l'avoit appelé leur et larron public, ce que sa femme ne voi)t consentir estre faict, craignant que la causée fust mal affectée à son endroict, attendu qu^saison n'yestoit pas, et qu'ils estoyent couruDmme chiens enragez : pourquoy luy conseillainettre ceste opinion hors la teste, le consola ^me il s'ensuit : •

Mon mary, point ne vous chaillez, Si g^and voleur Ton vous appelle , M oy mesme croy que sans aisle Ne pourriez estre des zelez.

En quoy je puis juger et cognoistrc ci marié en pigeon , pource que la feme beaucoup mieux que le masle.

es toit ralloit

Ainles Seize reduicts au petit pied au nombre des A|tres, tels quanciennement^stoyent jouez à la fe Dieu , furent vannez à toute reste, et lardonn^ar plusieurs personnes, à qui mieux mieuimesme en faveur desquels un notable persoage dressa ce plaidoyer :

es Seize à douze on a réduits , It si encor seroy d'advis , 'our le bonheur de nostre France , lue Ton envoyas! ces derniers iux diables après les premiers, ifin d'exterminer l'engeance.

Iclairray donc messieurs les Seize reprendre haie;, et plorer leurs avant coureurs compagnoi

Cme ces divisions estoyent ouvertes tant de partie d autre en la ville, furent une grande quaié de vaches et autre bestail pris hors les port ainsy que Ion les menoit paistre, parles garins de Chevreuse, Sainct-Denys, et autres voisB, avec celles qui les gardoyent, tant chambrie que nourrisses, mesme des bourgeoises:

letœxposéà la dévotion des régents. Ouj'oseray direun cavalier, que Ion dit estre de la garnison suscb de Sainct-Denys, eust bien ceste asseuranle venir donner le coup de pistolet jùsques à la riere de la porte, sans qu aucun luy en fist

empeschement, ayant le loisir par bra\de reciter ceste niaiserie :

Suz , sortez , pauvres badaux , Ne souffrez ces impro pères, D^ainsy, comme bastards veaux, Nous laisser ravir vos mères.

Voylà les occasions que ces maniess de pens avoyent, outre une infinité de bravdes de rire encore à vos despens et à bonne causi car

Puisque ne vouliez point de roy, Leurs raisons n'estoyent que très bones, Aussy c'est la cause pourquoy Ils ont espuisë vos couronnes.

Par un nombre infiny de recettes, le rançons, de rachats , de péages , outre lordinainet manière accoustumee, ce que maintenant, lieu mercy, pourrez facilement cognoistre ; et repoches , si à l'advenir nos maistres proditeurs voiloyent remuer mesnage soubs quelque prétexte que ce fiist, nous pensants mettre à la miséricorde des estrangers, comme ils ont faict en :es derniers temps, nous ayons à les payer de ces.e monnoye tirée du cabinet du sieur de Brach, qui s ensuit:

Misérables François, hé! que voulez vous faire? Et pourquoy voulez vous, enyvrez de courroux, Enfellonants vos cœurs, vous occire entre vous, Et de vos propres mains vous mesmes vous deffaire?

36fi SATYRE MENIPPEE.

Misérables jançois, hé! qu'avez vous affaire,

En nous rentinant de nous eslever tous;

Mais encor ci pis est, hë! pourquoy pauvres fous,

Armez vous îstranger pour vuider vostre affaire,

Las ! c'est le us beau jeu qui luy pourroit venir,

Soubs couleide vouloir un party soubstenir.

De pouvoir eirahir la France désolée,

Un jouet pluolaisant il ne pourroit avoir.

Que de veoirîste guerre entre vous s'esmouvoir,

Pour pescherpomme on dit, quand la mer est troublée.

Reste maitenant à traiter de la tenue des Estats de la li{]^ue, onvoquez au dixiesme de février mil cinq cents nnante trois, desquels j'ay bien voulu représenter e tableau, tiré au plus près de la vérité, ou estlemonstré la disposition des séances, selon ses qulitez, pour satisfaire à ce qui manque à la Satyre lenippee.

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