I. Le Mutine qui K Irouvoil là comme ^lant de la gnr
KdePari», ne proposoil rien nioîiis i|ue tic faire ruaiii>W9<-
jHIte raisnnbli^c des Ëlats, parccqu'il s'apiurcvoit que U lia^
!e d'Auttny l'avuii fon éliranlie.
I dernières édilinus porleni icukintnil, JUaû h laiiJemi'
Wielot, «ans que r«n cuiuioi-isi! «ucune raison qui ail pu
r HlU Knpprcsaian. .indrf de Draiicaï-Villars, de la mai-
iveui^-, i^oîl m [Hi8«e3»ioii de tous ces pi-lit<-
guc. Le roi le conlïriiin dans sa di^iii6 il'amii'nl
i, «l'ëublil i^uvcrtutui- du Uuuru cl de Calai». Il fui tuf
K-froidparlcsR«pii|jaalsau»inilHit'dpDourlen!.«n i%5.l|
i5a SATYRE MEMPPÉE.
cantons catholiques, et des liguesdesCatîll Lipaus,Gaultiei-s,lraucs museaux ',etautresi munautez zclees de oc faire point la paix avec l< hérétiques, qu'il ne denioui'ast matstre de la mer du Ponant', et du Levant, et ne fust jMiyè de ses frais avec rétention de ses bénéfices^. Aussydene point eslire de roy, qui ne fitst bon coiupiiguou , et amv des cantons : puis se levèrent Itîbaut et Roland^, qui supplièrent l'assemblée de casser, i!l abrofjer lesjoixdu pcculalj'eti/err/tfffum/ij 'r parce qu'elles n'csto\eDl ny catholiques, ny fondamentales. Ce fâict cliascun se leva avec une mer\'eillcuse taciluruilé.etcasortaut, lemassieradverlissoUà
«•I qnabfié ià de roi dlvctol, par allusion » la &ble xi cDBMne,
coRc^miiUt le s«i|^i-u r de ci'Iii- {irtit* cunir ée <lu jia^i de 4^itv-
' Il a déjà étfi fait mmiiott île tout cm brigands daa* le Iomi
pr^Mdral. Lm frenea-iniittiiiix , ligOCIiD Bisci scmfalabla aux
Gaullien, ne soai poini namm^ dans les pnEiatùrvs éditioof.
' Au lieu lie (-CS luols, la pmnîtm &lilioiu porunl, f m'iXik Jrmrurait aJntiral Ju fonxnl. Oii Mil ipte Powal est W vim tenue de ^éognphîe synon^ioe d'Ocfidcni.
* L» sMwyes it Tif iw, do Bonport ei de Joupbat, <pK Im rayaliflcf TFtimuteDl â PLilippe Dnportes. réfugie anprii de Ft- Mitnl de Vtllars i|i)'it goat ernnîl i ma gië.
* Ilcui favoiù lia duc ilr Maycntie. Il » drja M qucaÛM) dM fit«mi«r, 1. 1. p. 34 et note '.
* L« premièm Mitûiui portent sealaoeta Uloj Jr repHaa^ UAattt H Rollard avaicnl de bonnes ntfWH poor opfdMtcBdtr In rlTrN dt ertie loi , pnut-ijalciMnt Ribanl , (pn . Ci»
SATYRE MÊNII'l*|î:i-:. .5S
fil [tortc (le rciournur hu conseil n deux heures de
nJevce. A tjuoy, moy qui parle, ne voiitiis faillir,
pflur le dcsir que j'avoy de veoir les choses rares et
singulières, et les eereinonies(|iii s'y feroyeut,afin
dcn advenir mon maîstre, et les princes d'IfiHe
'fi attendent avec heaucuup de deslr quelle sera
'" procédure et l'issue de ees fameux Estais tenuz
ontre tout ordre, et façon de l'iiire accoustuniee
■^ Pmncc, Je revins donc après disncr d'assez
wnne heure au Louvre, et me présentant pour
^treren la sale haute, comme j'avoy feict autna-
^n, Thuissier me refusa, parce qu'il vit que je n'es-
**y marqué à 1^ ', et u'avny point de niercau '
•^liinie j'en vy plusieurs qui entrèrent, beaucoup
plus mal en point, et plus deschirez que moy,
''Ont je receu un peu de déplaisir : car entre au-
**** j'y vy i-ecevoir des bouchers plus de trois,
**c» tavemiers, potiers d'estaiu , serj^eiits et escof-
'■'•^nrs ijue je cognoissoy, qui ilevoyent avoir
*'*>-3t eo l'élection : loutesfois ma curiosité nie fil
r*^sernion des<lain, et poursc;avoirsi les princes
■.«du tlucdt^Muyctiric, avoir le miinieni«nl ilc I
Ionraiii),(iu plulùt (i^iifuii.
Tennc ijui te disojt de lu mai-ijUL- qui- l'on i "**■*• pour Ivi faii'fi adjnL-Ui'R en quclqui^ lieu, on T**"*™™ ija'iU y ont Aii*
19 \ci dnik
iS4
HATVRE MEMPIȃE.l
Cl pHoccsKCS avec leurs queues ' enQ la tnesme ccrcinonie qu'au matin, je ronU dre leur venue, et en attendant, me my à (1er des tableaux de platle peinture, qui es estallez sur les dejp-ez de l'escalier: je ne 8Ç y Hvoyrul esté rais exprès pour piirer le lïi pour les vendre: mais je puis dire que je j mei-veîllcux plaisir à les contempler l'un l'autre: car la main de l'ouvrier en estoit lente, et la besongne fort ncWe , et nuifre»
<J'enij>nieg de divers sens qui laisoyeut teadi les esprits n deviner dessuz.
Le pi-emier sur lequel je jetlay l'œil, cl tif^urc d'un géant, avant les deux pieds si ruucmal j^raissec, doutlesgeuces ' estoycnl tortues,ctuu dessuzdesa teste, à un pied el oti environ, v avoit une couronne de Hnorl sans pierreries , parce que monsieur de Ne les avoit inau(;cfs\ et auprès d'icelle ua t royal un |ieu mn|;é de souris, et une es| justice rouillec, par faute «Testre portée et s usa[;e. A quay ledit geiint lendoit les bras U (louvoit. et^baussoit sur les pieds sia
Les [imnièrM niilioni poctcut Ma
SATVUE MENIPPÉK. i5^
sèment, qinl ii'appuyoit sur la roue que du bout I des artvils ' , acanttnoins n'y pouvojt joindre, pflrcciju'ilyavotUout [tlc'in de villes, et de bourgs, Imnset gros eutre deux; el à la maiii droite y avoii sa bim muroDUC, qui avec une bnussîuc de ter luyilonaoic»ur le«doij;ts. Soubs ceste roue paroiir loitcomnit' dessoubs celle de Saincte-Catherine, UQiDâuiitre à trois testes féminines, qui avoyent leurs nums eacrits sortauu de leur bouche :
dMBlTIOy, REBELLION. FFJKTE HELKtOy.
Jeoes^avoy de prime (ace' que cela pouvoit Il •unifier, mais ayant regarda de plus près lu vi- "gcdudîctfjeaut, il me sembla qu'il ressembloït ' Oeluy de monsieur le lieutenant , et avnit la teste **teTMilreaus8igrosqueluy, avec tous les linea- '*'entede» yeux, du nw, et de la barbe, fors qu'il " *voit point la pelade de Rouen ^ , et au dessoubs ***Oyent escrits ces quatre vers , qui nie firent en- '^OiJtf tf>ut le mystère :
^itiirM la bannn ortliogrnplio <lc uv mut. ^rticu(i,diminD- "donu,, ptTiiia membre», Arliculomm doloret. Cirer., cluul«un '™ CDintc i^ui aat lear siègn dans les tirieiU. ArticulU tupputurr, '**»<fc, oompicr par Ici arttili, ou sur le liout Je» OoigU. Ou
■^iflcio,
•ajDiiitl'Lui (
Au premier a flficct.
ft«fM(|ue ce Tiil 4 Rouen h fan dans loi rcmùiies, i
|ui KH dcvcQU franç«iï ilepui uiguc Trau cuise.
que In duc de Mayviii
i56 SATYîlE MKNIPPÉE-T
GEAxr ni AU beav te iiavssbr
ET TESLEyKB SOH CgSTIS UOVK.
SI oma Koos rouion' exadcek,
AUX CVHBEÀVX TV FKHOIS LA MOUE. I
A la suite de ce tableau y en avoit v non moiudre artifice et plaisir, ou estoit j un petit hoiiuuc, iiieslé de btanc et rou)*e bïllé il l'espagnole , et neaiitmolns portant la c fraiM^isc, (fui avoit deux noms^: à «on droit avoit uue estritoirc pcuduc S et au gi une espce qui tenoit au Imut, dont le poxa estoit couronné d'un chapeau de fleurs, et les pucelles qu'on enterre. Sa contenance double, et son cliapeau doublé, et :ia f>th ((uadruplee ^ ; et dessus sa teste du costé rl'ei soleil du midy et le coucliant, pleuvoit une pluie d'or, qui luy &isoil irahir son maîsl avoit en sa main une couronne de papier presenloit à une jeune dame muette etbazi
* C^csi-à-dirc Fruu^is de nùisanoe ci Eipaguvl tTiad le bbuc élant la couleur dci François, et le rouge celle {MgnoU.
' Il faut lira r&air,i''i'sl-ù-dirp ayant le vîMged'lulV
* Lei nncimat» note* indiqucni ces deux noms initial Il s'agit de Nicolas de Neuville, marquis <lc TtUeroL (^ Satyre, t, I. p. a-)
< nirccqu'il dtuit socréuiic.
' II «'liiuit laissé (-urromprc [nr l'or d'Espap
"L'inAiitcd'EspagnciinucUppai-cetju'eUeticpi
SATYRE MENIPPÉE. lb^
laquelle sembloit lacceptcr in solidum, avec un petit mary de beurre fondu au soleil *. Je ne pouvoy comprendre que vouloit dire la figure, sinon par Imscription que je vy au dessoubs en ces mots:
VENDIDIT UIC AUBO P.ITRIAM, DOMINUMQUE POTENTEM IMVOSVir^.
Et au dessus d'iceluy tableau y avoit cest autre TOs:
EUEU NE TIBl SIT PRWATA iyJUIilA TANTl:
Qui me fit douter, que c'estoit une des personnes de la Trinité, encore qu il cust quitté le Sainct- &prit^
' L'archiduc Emesl, gouverneur des Pays-lîas, appelés Payfi de \ AnuDPy à cause de la {rrandc quantité do beurre qu'il fournit à ses bibitants. Les mois fondu an soleil sont une allusion ù la niédio- Oitéde ses forces comparées à celles de la France.
' A cause de rinjurc qu'il avoit reeuc du duc d'h!pernon.( Voyez la Satyre, l. ï, p. 127, not. '.)
' Il portoit le cordon du Saint-Esprit, connue officier de Tordre.
Il le quitta, soit en Laine du roi qui avoit institué cet ordre, soit
pour plaire aux chefs de la ligue. Les plaintes que M. de Villeroi
fit de ce tableau y principalement à M. du Vair, auquel il écrivit
un long discours pour justifier ses actions, furent cause qu'on le
snpprima (dans l'édition de i59.{, en i5() paires in-H"), et qu'on
mit en sa place celui de la loi salique, que nous rapportons ici
en note pour ne pas altérer le texte de l'édition ori(jinale :
« A la suite de ce tableau v en avoir un autre de non moindre ■ artifice et plaisir, 011 estoitpainct un docteur fourré cfliermines, ■avec un capuchon rou^^e, portant la face pasle, niai{jre,et ha-
(58 SATYHE MEMPPÉE.
J'en \'y un autre i(e laiitre costé d i|uî cstoit plus {^nd et \arf,e que les prômer
• lanoe. i^ui liroit au [ilus près au rev«i-ea>lt!i$iioc taijaJrli
• dox ', ln]ttiJ fcmbloit s'a^mter coaragruicment, par«« dal
• avcir ([randr vofaiineiirv <xinirc nnc viciledAine, iwUliMlD
• tique galilcis«, ijui atoit uu jurt'licn
• lettres d'nr, qo'clle IcDoit à dnix tnaïiu, comme n elle ^
• cniul que [« ilucteur luy Tonluâl arracher, et en ce p
• «itoit cserii -
• Gallomm impcrii «cd • Du ni»lJ du Udicle ibune f avoït et
• ayant tes armes protêt pour ta dtBviut ■ apwgilccaur lie purictoeot.ipuKinbJoit faire dwmïCMW
• |KiuToil, FiKoroipi'eUe fuu aiiftinetaml mal assise '.Cliin H
• diiitid ilortFUT se prcssciitoât nn oeadm
• saî«t«>, et rruilliius '. ff MilleLtnt Uon lirtcs rt brrrium, |
• tmtiver le myaniur dei qiwtiaiiilla '. ayaat c
• fnsun CD U inkHi. Il y avoil m une une an dcanu la ^
• roy, laui oBf iruuor de i:o(Uui>uei ça M là p - IM bras une fallc iUT*aarc* ipii scmtJnil rc^pn]» le n
Mmitftf . Set gtaa Ae ^aajt U ■
SATVHK MKNU'PÉK. i5.i
! de plusieurs diverses et plaisantes di-ole- , qui me fit toiiruer pour le veoir, )mreet|u'au dessus estoit escrit :
jla milieu cstoït une itame coiftce en veufVe de plusieurs mm'is , morts et vivants' , qui avoit entre lieux selles le rul à terre, et autour d'elle y avoit force pens d'église, mnyiics,jiicobins, et jesiiistes. les uoK luy apportants des pncfpicis scellez et brida, et aux autres elle en dounoit de mrsnie: le» BUtresquicstoyeiit habillez comme curezdegrosses
>llibineci<Iii dorteur, poiiren aitendre l'issue, cl d'uoe main, *mn le foleil couchant et te miily, res{MiiiiIoit une pclilc pluye ■tfw qai toinhoii panny txs docrcurs, atiLHus duiqucis s'uuu-
• nyctil à la ramaucr, et les autres ou avoycnt drsja leurs cnjiu-
• EboDSiTniplJs, ^e iiiedoutAyliienqiie ccportiait voulait rcpre-
• Knterla Iny Salique, combattue pur Jnm tnigo île Mvndoz.e,
• frac talianujjne faillie et apportée d'Kspu|>nc{ et ijucle roy ra- •diê a la iiuc Htoil le roy d'F^paf^e, ijiii semoit ics doublons »«r U» docteurs pour km' ilouner de IViercJce. >
' Ktiach esi un riiot bébieu i]ui signitie vent eu eipril. Rabelais «I forgf une lie où l'on ne vU que de vcnL Ici, par iiite de AwcA l'anieur entend faris pendant les calacuiiùa du si6ge de oftle \illn.
' l*ar retCe dame l'auteur veut désigner la ligne, qui avoit pi3da pliisieuii miuia (c'csl-à-dirc gens avant épouai seu iiit£- 1^), doDl tes un* étoient morts en (cimtiaiiaut pour elle, et dont ent pa«s<^ du cotÉ Ac Wenn IV.
iCo SATYHE MENIPPÉE.
pBroisses, avoyetit des soufflets d'orbes , doat i guurïloycnt au cul de plusieurs maDanls, qui s laissoyeiit emporter au vent. D'autres se tenoyert tout debout 1.1 gueule bee' c( ouverte, et lc^ic<J cui-ez leur snufîloycnt en In bouche, et les nou*' rissoyent de vent, comme d'une viande celesC propre à fjuarir les [joutens , gravelleux, et cac*^ chimes : on voyoit au dessoubs de ladicte figura comme une place publkjue, représentant les Ilale^ ou la place Maubert de Paris ou au lleudÊ]iain^ viande, on exposoit eu vente (les balous, coiiill^ de béliers bien enflées , et grosses vessies de pou* ceau, dont on traRijuoit au marché, et screvetfl doyent de main eu main à bon compte ' : il y a\xi3 aussy une autre viande en papier, dont on Êiisoi^ grand cas et n'en avoit pas qui vouloit, que d^ revendeurs porLoycnt par les rues , et les crioyeuH nouvelles, nouvelles, comme on crie la mort auH rats et aux souris : ladicte dame en (bumissoit 1^ contreporteurs ^, car elles luy sorloyent de dea
' Vieux mol ijni a la iii^iui.- sifjuiticaliun que le suivant Vs ci-dessus, page iiG, duIv '.
■ Ceci est dit par îroiiic, à cause de b cherté des vivres d
' Mot corrompu iJe colponeart qui est plus '.'ommE le prouvrut ces vers de Ralwlait -.
Onr) du P^thiat le Dretesu, He nnillt par khi cti*[ûleia
SATYRE MENIPPÉE. i(ii
soubs sa cotte en abondance : et y avoit du plaisir à
veoir les diverses {][rimaces de ceux qui luy fouil-
loyent soubs la queue pour en goustcr. Le reste d u
paysage dudict tableau estoit des moulins à vent ,
tournant à vuidc , et de (prouettes en lair , avec
plusieurs coqs d'église. Et aux ([uatre coings y
dvoitles quatre vents fendus en double', dont il
semUoit que le surouest ''fust le plus gros, etsouf-
loit le plus fort, et envoyoit les nues du costé du
nord.Qord-est. Au dessoubs dudict tableau estoit
®*crit ce petit quatrain :
ICY SONT LES TERRES yOUk'ELLES , OU LA ROryE SE PAIST DE P'EST:
qui VOUDRA SÇ AVOIR DES NOUVELLES, METTE LE NEZ SOUBS SON DEVANT.
I^endant que je me ravissois en la contemphide ce troisiesme tableau, et auparavant (jiie J ^Xisse jette la veue sur les autres qui suyvôycnt ,
Bessponse plus scure et certaine, Et croiroû qn en cestc fontaine , T soit nommément col-purui , Et de Delphes y transporté.
(Rab. , 1. V, ch. xi.vii. )
* Il a déjà été dit dans la harangue d(* Uozc, que, parmi li's ^Qucnrs, plusieurs milliers de personnes avoicnt clumtablvnwnt -'**iii/u le vent en cent quartiers pour en vivic. Voyez t. 1, |>ap,. i î^, ^trte*.
' Surouest est employé ici par corruption pour sii(/-('ue.sf , qui ^st le vent qui nous vient d'Espa{pic.
i62 SATYRE MENIPPÉE.
les princes et princesses ' susdictes passèrent, et fallut que je courusse après pour entrer à leur suitte, mais parce que la presse n'estoit pas {^[rande, Thuissier qui mavoit desja poussé, me remarqua et repoussa plus rudement qu'à la première fois ; qui me fit prendre resolution de me retirer, et laisser là les Estats bien cloz et fermei\ Cela fut la première session, ou j'entendis sur le soir qu'on avoit my en délibération de quel brâ on se chaufferoit le caresme suyvant, et sur quel pied Tunion danseroit ^. J ay aussy sçeu depuis que le résultat du conseil portoit qu'on feroit plusieurs caresmes en l'an, avec fréquentes indictions de jcusnes doubles, qui se toumoyent en continue, comme les doubles tierces; on y fit aussy des defFenses de vendre des œufs de couleur après pasques, parce que les enfants s'en jouoyent auparavant, qui estoit de mauvais exemple; ou defFendit aussy les jeux de Bourgongne*, et les quilles de maistre Jean Rozcau ^. Pareillement fut
* L'édition de 1 699 porte seulement les princesses.
* Ici Hnit la description des tableaux dans les premières éditions.
* Au lieu de danseroit^ plusieurs éditions poilcnt marcheroi^.
* Les comédies de l'hôtel de Hourgogne, parceque la plsici étoit destinée aux jésuites qui dévoient en faire un collège, f^ins qu'il est dit quelques Ii{];nes plus loin.
"* .lean Hozcau cloit, ronirac on sait, le bourreau de Paris pei
SATYRE MENIPPÉE. i63
aux femmes enjoinct de porter de gros culs', et d enger ^ en toute seureté soubs iceux sans craindre le babil des sages femmes. On murmura aussy que les carosses seroyent censui^ez , et les mulets bannis de Paris; aussy fut ad visé de convertir rhostel de Bourgongne en un collège de jesuistes, qui avoyent besoin de récréation , pour la grande quantité de sang dont ils estoyent boursouflez, et leur falloit un chirurgien pour les phlebotomiser^. Plusieurs autres saincteset louables ordonnances furent faictes d entrée de jeu , dont on promit me donner la liste; mais sur toutes choses on exaltoit le labeur de monsieur de Lyon, qui ibrgeoit une loy fondamentale , par laquelle seroit porté que quiconque, dedans Paris, ou en ville bridée de FUnion , parleroit de paix de vingt ans, ou demanderoit le commerce libre, et re* gretteroit le bon temps passé, seroit envoyé en exila Soissons, comme hérétique et maheustre, ou payeroit à la bourse de TUnion , certaine quan -
daDt les fureurs de la ligue. L'auteur suppose qu'on défendit le jeo de quilles parcequ'il excitoit trop l'appétit.
' C'est-à-dire des vertugadins. Ces vertugadins a voient été inventés par les courtisanes pour cacher leur grossesse.
* Vieux mot burlesque pour /aire naître y produii-e. Il nous en est resté le terme de mépris engeance,
^ De 9Xf4 veine, et ti/uvoi je coupe; terme de chirurgie qui signifie saigner.
If.
i64 SATYRE MENIPPÉE.
tité de dales ' , pour rentretenement des docteurs. Quelques uns mirent aussy en avant que si le roy de Navarre se faisoit catholique, il falloit que monsieur le lieutenant se fist huguenot , et que son feu frère Fa voit bien voulu estre *, si on Fy eust voulu recevoir. Quant à lelection d*un roy tout neuf; on dit qu'elle fut mise sur le bureau, mais que ce ne fut sans dispute; parce que les uns proposoyent qu'il valoit mieux entrer en republique, comme les anciens Gaulois; les autres demandoyent la démocratie anarchique , les autres loligarchie athénienne, aucuns parlèrent dun dictateur perjietuel, et de consuls annaux^, qui fut cause que , pour la diversité des opinions , on n*en peut rien résoudre. Toutesfois il y a quelque apparence qu'ils parlèrent d'avoir un roy ; car un nommé Trepelu, vigneron de Suresncs, soubstint fort et ferme que le roy estoit le vray astre, et le vray soleiH qui avoit depuis si long temps regy et éclairé la France, et icelle nourrie, fomentée, et substantee de sa chaleur ; et que si quelquefois le soleil survenant après la gelce de la nuict, faisoit
' Monnoie d'argent du temps. lia dale est encore aujourd'hui, une monnoie hollandoise de la valeur de 3 fr. i5 cent.
' Le duc de Guise; afin d'attirer les huguenots dans son parti .^ avoit témoigné peu d'éloignement pour leur religion.
^ Annuels.
^ On lit dans l'édition de 1699, estoit l'astre et le vray soleil.
SATYRE MEMPPÉE. i65
geler les vi{][neSy il ne sensuyvoit pas qu il fallust cracher contre luy et ne s'en servir plus , ny pour cela laisser de boire chopine, quoyque le vin fiist cher. Voylà à peu près ce que je pus apprendre, et que je puis rapporter de ce qui se passa aux Estats de Paris , desquels toutesfois on s'attend qu'il sortira des éclats espouventables ; car on dict que roys et papes s en mesleront, et que le primat de Lyon ' ne dort ny jour ny nuict, pour esdorre un escrit qui fera poser les armes à tout le monde, et contraindra tous les maheustres de s'enfuir en Angleterre ou par delà. Nous verrons en peu de temps que ce sera. Dieu sur tout. ReliqvujL autem sermonum et universa quœ facta sunt, THmne hœc scripta sunt in libro sermonum dierum regumJudœ? Pendant lesdicts Estats , il se fit quelques petits vers latins et françois, qui couroyent les rues, dont j'ay faict un recueil pour les faire Tcoir aux Italiens, qui en sont cuiieux.
' L'archevêque de Lyon prenoit le titre de primat des Gaules.