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dées comme des fautes typographiques. Nous nous sommes donc fait un devoir de nous attacher avec scrupule au texte de cette édition, en indiquant dans nos notes les variantes que les auteurs, ou les éditeurs, lui ont fait subir depuis, d'après de nouvelles considérations, et quelquefois d'après de mauvaises copies. Comme elle n'a été suivie dans aucune édition , la nôtre offrira donc cette particularité précieuse pour les amateurs d'archéologie littéraire, de conserver l'orthographe pour ainsi dire monumentale d'une leçon bien authentique, et d'autant plus curieuse qu'il seroit presque impossible de s'en procurer la connoissance ailleurs, à cause de sa rareté.
Parmi les modifications du texte qui appartiennent aux auteurs , il faut compter certaines substitutions de nom qui s'expliquent à merveille à la suite des grandes dissensions civiles de la nature de celles dont la Satyre Menippée est la peinture satirique. Beaucoup d'hommes très prononcés d'abord dans un parti, et qui en ont suivi les chances avantageuses de manière à se faire remarquer, préparent cependant de loin le moyen de l'abandonner dans sa disgrâce possible et de
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passer sous une autre bannière, quand ils y trouveront de Flionneur ou du profit. Ceux-là qui étoient ligueurs la veille du triomphe de Henri IV peuvent se trouver tout- à -coup meilleurs royalistes que les royalistes généreux qui luttoient naguères contre eux au péril de leur fortune et de leur vie. On conçoit que leurs noms aient disparu du livre qui les dévouoit au ridicule. Quelques esprits chagrins au contraire qui ne sont jamais contents du pouvoir tant qu il n'est pas dans leurs mains, ont pu oublier rapidement les excès de la ligue, pour chercher des torts à la couronne, et ceux-là, par une mutation bien commune dans les caprices de l'opinion, viennent reprendre la place de leurs anciens adversaires. Ce qu'il y a d'extraordinaire, c'est que les éditeurs du XVIl'' et du XVIIl'' siècle aient pu se croire obligés à ces corrections de bienséance qui sont un mensonge contre l'histoire.
La Satyre Menippée ne manquoit pas de commentaires, mais on convient généralement que les nofts de Du Puy étoient bien sèches et bien surannées, que celles de Le Duchat étoient bien lourdes et bien diffuses, 8. h
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quoique riches d'ailleurs en documents instructifs et curieux dont nous avons tiré le plus grand parti. On ne veut plus en France de cette science de mots et de noms, et sur ce qui touche à la multitude de faits et de personnes qu'embrasse le cadre immense de l'histoire; il nous semble qu'on ne désire maintenant que des explications vives, courtes, exactes, qui répondent strictement à la curiosité du lecteur, et qui ne deviennent jamais assez prolixes pour la fatiguer. La Satyre Menippée plus qu'aucun autre ouvrage demande des notes biographiques sur les nombreux personnages qui y passent en revue; elle exige, comme premier monument, peut-être, de notre langue fixée, des observations grammaticales et philologiques, des éclaircissements de style et de goût; elle donne lieu enfin à des rapprochements historiques et littéraires d'un extrême intérêt; mais ces notions précieuses perdroient beaucoup aujourd'hui à être noyées dans un commentaire très développé. Nous avons essayé de donner à celui-ci la juste mesure qui lui convient , et il sera loin d'occuper le même espace que celui de Le Duchat, bien que nous l'ayons augmenté de considérations
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littéraires dont ce savant ne s'est point occupe. Nous n'avons au reste aspiré qu'à le rendre précis et clair, parceque c'est suivant nous le mérite que l'on cherche dans ce genre de travail, et qu'il y auroit une prétention bien affectée et bien maladroite dans l'écrivain qui s'efforceroit de broder de l'esprit sur un canevas si spirituel. Notre commentaire n'est donc point un de ces ouvrages brillants dont le texte n'est que le prétexte, et qui élèvent de grandes réputations sur des réputations oubliées. C'est un ouvrage de bonne foi que nous avons tâché de rendre utile, parceque nous regardons comme étrangers au système de sa composition les artifices de talent qui auroient pu le rendre agréable ' .
Le Duchat avoit surchargé sa grande édition
' Je dois payer ici un juste témoignage de reconnoissance à mon ami M. Verger, ancien professeur, un de nos plus savants et de nos plus modestes philologues, dont les travaux fraternels secondent depuis long-temps les miens, et qui m'a fourni presque toutes les notes historiques de cette édition, d'après les anciens commentaires. C'est à l'intelligente exactitude de M. Delangle , principal éditeur , que les amateurs de bons textes seront redevables de celui-ci, qui réunit tous les genres de mérite qu'on peut désirer dans la réimpression d'un texte ancien.