X OBSERVATIONS
ques, pour en obtenir des exemplaires. Les
éditions qui se disputent le titre d'originale
également jolies. Celle que je regarde comme la première a un errata, et les feuillets en sont chiffrés en italique. Les amateurs font peu de différence entre elles , même quand ils s'avisent de cette différence. L'une et l'autre doivent avoir trois figures : le Charlatan espagnol, p. 5, le Charlatan lorrain, p. 1 3, et la Procession de la ligue, p. i6, en face de V Abrégé des Estats. Ces deux éditions (quelques bibliophiles en comptent trois ) sont celles que les catalogues portent sous le nom d'Elzevir, quoiqu'elles soient évidemment sorties des presses de Foppens , qui avoit les mêmes caractères et les mêmes fleurons que ces célèbres imprimeurs. Imprimées sur une mauvaise copie, elles ont au moins l'avantage d'offrir pour la première fois les notes instructives de Du Puy, qui malheureusement n'a pas pu présider à leur impression, puisqu'il est mort en i65i.
— 1677, Ratisbonne, Kerner (Rruxelles, Foppens), petit m- 12. Cette jolie réimpression ne le cède en rien aux deux précédentes, si ce n'est dans l'inexplicable fantaisie des amateurs, qui la rangent au nombre des livres ordinaires. Elle est cependant plus rare que l'édition multiple de 1664, qj^ii ^st fort commune en mauvais exemplaires. Le texte n'en est d'ailleurs ni plus pur, ni mieux choisi, et l'on ne sait pourquoi Le Duchat l'a pris pour type de son édition , parmi tant d'éditions qui valent mieux en tout point.
— 1696, Ratisbonne, Kerner (Amsterdam, Desbordes), m-i2, augmentée d'une suite de remarques sur tout l'ouvrage, pour l'intelligence des endroits difficiles (par Le Duchat). — réimprimée en 1699 dans le même format.
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sont introuvables, et nos bibliographes les plus renommés, sans en excepter M. Brunet, les confondent, à défaut de les avoir comparées, sous une indication commune. Les éditions postérieures, de la fin du XVV siècle, et du commencement du XVIl", ne sont guère plus répandues , et méritent toutefois beaucoup moins de considération, parcequ'elles ont été imprimées sur des copies plus ou moins vicieuses, et à cette distance des événements où les traditions altérées ne dirigent plus le travail incertain de l'éditeur. Celles enfin qu'on
— 1 709 , Ratisbonne , Kerner (Amsterdam , Desbordes ) , 3 vol. m-8°, augmentée de plusieurs pièces, etc. — Réim.primée à Rouen , sous les mêmes indications de lieu en 171 1, et depuis sous les dates de 17 14? 1726, 1752, etc.
La Satyre Menippée a été comprise aussi dans les Mémoires de la Ligue, et c'est là que remontent les mauvaises leçons qui ont corrompu le texte original , comme le témoigne l'aveu naïf de l'éditeur: « Plusieurs traits, dit -il, se « rencontroient dans cette satyre, non propres en tels dis- « cours , qui ayant été accommodés et rendus plus suppor- « tables par certain personnage aussi peu affectionné à la «ligue que l'auteur même du traité, nous avons été d'avis « de suivre son exemplaire. »
Il y a quelques années qu'un libraire annonça une édition de la Satyre Menippée, rnise en bon francois avec C orthographe de Voltaire. Nous ne savons si cette monstrueuse ineptie a déshonoré nos presses.
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appelle improprement elzéviriennes , et qui sont assez mauvaises, parceque le savant commentateur ne put leur donner ses soins, sont payées au taux que la manie des amateurs a prêté à ce genre de livres. On peut donc établir, sans crainte de paroître suspect d'une prévention fort commune au reste parmi les éditeurs, qu'une édition exacte et soignée de la Satyre Menippée étoit devenue une nécessité littéraire. Nous n'avons rien négligé pour que celle-ci répondît à l'attente des gens de lettres par la correction du texte, et à celle des amateurs par l'élégance des ornements.
Il nous reste à déterminer les considérations qui nous ont dirigés dans le choix des leçons que nous avons suivies, et dans la rédaction du commentaire. Elles exigent quelques développements.
Les copies manuscrites de la Satyre Menippée qui furent sans doute répandues en grand nombre avant d'être livrées à l'impression, portoient très probablement la date de iSgS, qui se trouve reproduite dans les éditions confondues par les bibliographes sous le nom d'édition originale. Il est cependant évident que ces prétendues éditions originales, sans
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en excepter celle même à laquelle on ne peut refuser ce titre, n'ont dû être imprimées qu'en 1694 au plus Ibt. Du Puy nous le prouve d'une manière irrécusable dans une note manuscrite que je lis à la tête d'un des exemplaires dont il s'est servi, et sur lequel il a marqué le numéro concordant de ses observations'. Le Du chat paroît en avoir eu connoissance.
Nous venons de faire observer au lecteur que c'étoit abusivement que les bibliographes confondoient sous le nom commun d'édition originale les diverses éditions de la Satyre Menippée qui portent la date de i593. En effet, nous ne connoissons pas moins de quatre ou cinq éditions ainsi datées, et entre lesquelles il semble difficile au premier abord d'établir une priorité bien constatée. Cependant, il
' « Cette satire ne fut faitte et publiée qu'en 1 694 , et «mesme après le retour du parlem* qui estoit à Tours, « et en voici les preuves :
«Le Roi fut m' de Paris le 22 mars i594, le parlem* «retourna un mois après, l'aff^ du con" Damours arriva « au temps de ce retour.
« M. de Vitri quitta la ligue en mars 1 694, il en est parlé.
« Daubrai fut chassé de Paris pour avoir parlé trop libre- « m* en mars 1 594.
« S* Paul fut tué le 26 avril 1 594. "
OBSERVATIONS résulte essentiellement du discours de l'impiimeur sur l'explication du mot d'higuiero (Tinjierno, que la première édition a été imprimée à Tours'. Cette édition de Tours, certainement imprimée dans cette ville royaliste, sous les yeux d'un des auteurs, étoit donc celle qu'il falloit chercher pour s'assurer d'une copie naïve et originale, et l'édition que nous avons désignée tout- à -l'heure comme telle, dans une note, réunit selon nous les signes les plus manifestes d'authenticité.
i*' Les caractères avec lesquels elle est imprimée sont conformes à ceux dont se servoient alors les imprimeurs de Tours, notamment dans les écrits remarquables qu'ils ont publiés contre la ligue.
2° Le frontispice ne porte point le titre de Satyre Menippée, comme celui des autres éditions de même date , et ce titre ne devoit pas se trouver dans l'édition originale, puisque l'imprimeur s'en étonne, qu'il en demande l'explication , qu'il en parle comme d'une chose qui né toit pas dans les copies à la main.
' « J'estois à Tours quand vous l'imprimastes prêmiere- « ment, et scay bien le nom. de ceux qui vous en donnèrent «la copie originale».
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3*^ Le nombre des pièces en vers qni terminent le volnme est moins complet, et comme il n'étoit pas naturel de supprimer une de ces pièces, qui se sont au contraire multipliées d'édition en édition, on est nécessairement porté à regarder comme la première celle où il s'en rencontre le moins.
4° Enfin le papier, l'impression et les ornements typographiques en paroissent plus soignés, et ces accessoires sont ordinairement plus négligés dans les éditions subreptices des contrefacteurs.
La lecture du texte de cette édition prouve d'ailleurs la revision attentive d'un correcteur ingénieux, et on doit supposer que ce correcteur n'a pu être que l'auteur lui-même. Dans la Satyre Menippée qui étincelle de traits, d'allusions et de jeux de mots, fondés quelquefois sur une simple singularité d'orthographe, souvent accidentelle ou arbitraire, il est permis de dire que l'accent et la ponctuation ont leur esprit comme la lettre, et nous avons trouvé dans cette édition une foule de ces délicatesses de détails qui sont si peu de nature à être senties par un imprimeur vulgaire, que ceux qui ont publié la Satyre depuis, les ont regar-